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Wagner a joué sa rébellion en mode mineur : Le Kremlin passe l’éponge sur les dépassements d’E. Prigoujine

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Après le revirement spectaculaire d'Evgueni Prigojine samedi soir, on a un retour à la normale à Moscou, comme à Rostov, suscite bien des interrogations et pousse les uns et les autres à sacrifier aux conjectures et autres pronostics sur l’issue du bras de fer entre Wagner et le Kremlin. Le repli des hommes de Wagner, négocié via la Biélorussie, a chamboulé les élucubrations des uns et des autres sur la fragilité du pouvoir russe.
Le Kremlin passe l’éponge sur les dépassements d’E. Prigoujine

A Moscou, la tension qui prévalait depuis samedi à céder le pas à un retour au calme. N’empêche, le régime d’opération antiterroriste a été maintenu dimanche 25 juin dans la région de la capitale russe. Les combattants de Wagner ont quitté les régions de Voronej et de Lipetsk, au sud de Moscou. Samedi soir, ils avaient déjà quitté le QG militaire et la ville de Rostov, proche de la frontière avec l’Ukraine. Leur départ s’est fait de nuit. On signale que d’importantes patrouilles de police étaient déployées au sud de Moscou, le long de la route menant à la capitale russe.

Sur une vidéo diffusée samedi, le chef de Wagner saluait la foule depuis son véhicule tout terrain. Selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, E. Prigojine doit se rendre en Biélorussie. Mais cette information n’a été confirmée, ni par le principal intéressé, ni par Alexandre Loukachenko, président biélorusse, qui a servi, sinon de négociateur, en tout cas d’intermédiaire, entre lui et les autorités russes.

Désormais, l’avenir de l’armée privée est plus que jamais en suspens. Les combattants du groupe Wagner encore présents en Ukraine doivent être incorporés à l’armée régulière d’ici le 1er juillet. Quant aux 11 000 mercenaires qui ont pris la route de Moscou, s’ils ont obtenu l’amnistie, personne ne sait ce qu’ils vont devenir. Les hommes de Wagner se retirent, certes, de la Russie mais on ne connait pas leur destination.

Richard Dannatt, ancien général britannique, met en garde l’état-major ukrainien. Si les combattants paramilitaires devaient suivre en grand nombre leur chef en Biélorussie, une attaque depuis ce pays voisin de l’Ukraine ne serait pas à exclure.

Désormais, les regards se tournent aussi vers l’Afrique. Il semble évident que le Kremlin va reprendre la main sur Wagner, présent militairement au Mali, en Centrafrique et au Soudan.

Sur le front ukrainien où l’opération spéciale se poursuit, Moscou a affirmé, dimanche, avoir repoussé plusieurs assauts des forces ukrainiennes dans l’est de l’Ukraine, où Kiev avait annoncé samedi soir avoir lancé de nouvelles offensives et fait des progrès. L’armée russe « a repoussé avec succès » les attaques menées par les forces de Kiev dans quatre zones du front, notamment dans les régions de Donetsk (est), mais aussi de Zaporijjia (sud), a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, en précisant que dix de ces attaques avaient été repoussées près de Bakhmout (est), rapporte l’AFP.

Hanna Maliar, vice-ministre de la Défense ukrainienne, avait annoncé un début de contre-offensive à grande échelle vers les localités d’Orikhovo-Vassylivka, Bakhmout, Bohdanivka, Iaguidné, Klichtchiïvka, Kourdioumivka. Il semble que l’armée ukrainienne soit en train de s’activer sur plusieurs axes à l’est et au sud du pays, samedi. 

À Kiev, la journée de samedi a commencé par des bombardements. Un missile russe intercepté sur Kiev la nuit dernière s’est abattu sur un immeuble et a fait 3 morts et 11 blessés. Pour l’état-major ukrainien, la guerre continue et ce qui se passera au Kremlin se décidera sans doute sur la ligne de front, sur le champ de bataille. 

Emmanuel Macron, président français, a estimé dimanche, dans un entretien à La Provence, que la rébellion du chef du groupe paramilitaire Wagner, « montre les divisions qui existent au sein du camp russe, la fragilité à la fois de ses armées et de ses forces auxiliaires ». Il a précisé au quotidien régional avoir « suivi les événements heure par heure, en lien avec les principaux partenaires de la France », en soulignant une « situation qui reste évolutive ». « Tout cela doit nous rendre très vigilants et justifie pleinement le soutien que nous apportons aux Ukrainiens dans leur résistance », a ajouté le président de la République.

Dimanche, les États-Unis ont, eux, pointé du doigt les « fissures » au plus haut niveau de l’État russe, révélée par la rébellion de Wagner, selon Antony Blinken secrétaire d’État US. « On n’a pas encore vu le dernier acte », a-t-il dit mais « le fait que vous ayez quelqu’un de l’intérieur remettant en cause l’autorité de Poutine et questionnant directement les raisons pour lesquelles il a lancé cette agression de l’Ukraine, c’est en soi quelque chose de très puissant ».

Quant à la Chine, allié de la Russie depuis le début du conflit en Ukraine, elle a assuré, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qu’elle soutenait les efforts de la Russie pour « protéger la stabilité » du pays. « En tant que voisin amical et partenaire stratégique, la Chine soutient la Russie dans ses efforts pour protéger la stabilité du pays, se développer et atteindre la prospérité », a déclaré le ministère dans un communiqué.

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