Les Marocains nagent dans le flou artistique ! R.Talbi Alami, cadre du RNI, a tenté de réduire la polémique entre responsables de la majorité en démentant les assertions faites par deux responsables de l’Istiqlal, parti de la coalition gouvernementale. Ainsi, Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, avait dénoncé à l’antenne de Medi1 TV les «18 importateurs de viande rouge » qui « ne doivent pas tenir en otage 37 millions de Marocains ». il a d’ailleurs révélé que les marges bénéficiaires de certains importateurs varient entre 20 et 25 dirhams le kilo, bien au-delà des 10 dirhams initialement prévus. D’où l’envolée des prix.
Quant à Nizar Baraka, patron du PI et ministre de l’Équipement, avait critiqué l’absence de conditions imposées à ces subventions, affirmant que « les aides accordées aux importateurs de moutons auraient dû être conditionnées ».
Il faut dire que le PI, dont le parcours politique est émaillé de « soutien critique » aux gouvernements auxquels il a pris part, a ouvert la voie au Parti authenticité et modernité (PAM), autre formations de la majorité aux affaires. Le 12 mars dernier, ce dernier a appelé à l’annulation des exonérations fiscales et douanières mises en place pour faire baisser les prix. Il a également exhorté le gouvernement à « renforcer la surveillance et sévir contre certains spéculateurs » qu’il accuse de manipuler le marché à leur avantage.
L’affaire ne semble pas s’arrêter en si bon chemin. Le journal Al Akhbar a rapporté que la justice a décidé de se saisir du dossier qui a scandalisé l’opinion. Le parquet a saisi la Brigade nationale de la police judiciaire pour enquêter sur les subventions attribuées aux importateurs de moutons et de bovins. Les autorités en charge de l’investigation qui examinent minutieusement les circuits d’importation et l’identité des bénéficiaires, soupçonnent certains importateurs d’avoir détourné les fonds publics sans pour autant que les prix de la viande n’aient été revus à la baisse. L’enquête prévoit, ajoute-t-on, d’interroger les principaux importateurs ainsi que des parlementaires et responsables politiques.