« Un navire battant pavillon de la République islamique d’Iran a été détourné par le gouvernement grec, sur les côtes de la Grèce, et sa cargaison a été saisie dans le cadre d’un décret du tribunal et avec le feu vert des États-Unis », indique un communiqué émanant de l’Organisation iranienne des ports et de navigation maritime. « Le navire s’est approché des côtes grecques afin de protéger ses personnes à bord, mais aucune aide et assistance ne lui a été fournie et ses cargaisons ont été même déchargées par les forces militaires, ce qui est un exemple flagrant de la piraterie », précise le communiqué.
« Le navire iranien avait rencontré des conditions météorologiques défavorables et des problèmes techniques et il a demandé une assistance conformément aux réglementations et normes internationales. En général, les navires qui rencontrent des conditions dangereuses appellent au secours et ils sont ensuite transférés vers un endroit sûr par le pays le plus proche qui procède ensuite à leur réparation. Mais le gouvernement grec, bien qu’il ait accepté ses obligations en tant que membre de l’Organisation maritime internationale (OMI), a détourné le navire iranien, chargé du pétrole, et mis la main sur ses cargaisons », relève encore l’autorité iranienne.
« Il convient de noter que les Américains ont déchargé la cargaison du navire, malgré ses défauts techniques et ce déchargement dangereux pourrait polluer l’environnement », précise le communiqué.
En convoquant le chargé d’affaires grec, le chef du département de la Méditerranée au ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que la capitulation du gouvernement grec face aux pressions illégales des États-Unis est inacceptable et digne d’être condamnée. « La saisie des cargaisons d’un navire battant pavillon de la République islamique d’Iran incarne la piraterie internationale dont la responsabilité est assumée par le gouvernement grec », a-t-il déclaré.
Le responsable iranien a souligné que Téhéran ne renoncera pas à ses droits légaux et s’attend à ce que la Grèce remplisse ses engagements internationaux en matière de navigation maritime.
D’autres informations assurent que le tanker qui battait pavillon iranien était piloté par des Russes. Ce qui explique l’intervention de l’US Army qui, de la sorte, sanctionne et les Iraniens et les Russes. Pour Washington, il s’agit-là ni plus ni moins que de « contrebande » de pétrole alors que Téhéran a dénoncé un « acte de piraterie » caractérisée.
Par ailleurs, force est de souligner que l’Iran et la Russie ont exprimé, mercredi, leur volonté de renforcer la coopération dans les secteurs de l’énergie et du commerce. C’est ce qui a été convenu, mercredi 25 mai, à l’issue d’une visite effectuée par Alexandre Novak, vice-premier ministre russe, à Téhéran.
Ces deux pays, qui possèdent d’importantes réserves de gaz et de pétrole, sont frappés par des sanctions US visant leurs exportations, alors que les prix des carburants ont connu une envolée depuis l’offensive russe en Ukraine, en février.
«Les sanctions qui touchent l’Iran et la Russie peuvent être neutralisées en travaillant ensemble et en renforçant nos relations dans différents domaines», a dit Javad Owji, ministre iranien du Pétrole cité par l’agence de presse officielle du ministère Shana.
«L’énergie est l’un des secteurs les plus importants dans nos relations économiques», a de son côté affirmé A. Novak, cité par l’agence de presse russe Interfax. Il a ajouté avoir discuté de potentiels échanges de pétrole et gaz, ainsi que de «l’augmentation des investissements dans les projets pétroliers et gaziers».
Des accords sur les transports terrestres, maritimes et aériens ont par ailleurs été conclus mercredi lors de la visite de A. Novak à Téhéran, a indiqué J. Owji, qui a assuré que l’Iran et la Russie avaient un « bon potentiel » pour coopérer dans différents secteurs, dont les banques, l’agriculture, l’industrie et l’énergie nucléaire. «Nous avons l’intention d’augmenter l’étendue des relations commerciales (…) dans ces domaines pour atteindre 40 milliards de dollars par an», a-t-il encore dit.
Le président iranien Ebrahim Raïssi s’est rendu en janvier à Moscou où il a rencontré son homologue russe Vladimir Poutine et a présenté un plan visant à renforcer les relations entre les deux pays au cours des 20 prochaines années.
