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Tension russo-occidentale : La guerre des déclarations se poursuit

Alors que l’Union européenne serre la vis sur le commerce des hydrocarbures russes, les dirigeants occidentaux qui offrent un soutien sans conditions à l’Ukraine tentent d’engager le dialogue avec Moscou. Loin d’être crédule, le Kremlin assure que « l’opération spéciale » menée en Ukraine est loin d’être terminée.
La guerre des déclarations se poursuit

Lors d’un entretien téléphonique d’une heure, Olaf Scholz, chancelier allemand « a insisté auprès du président russe pour qu’une solution diplomatique soit trouvée le plus rapidement possible, ce qui implique le retrait des troupes russes », a indiqué dans un communiqué Steffen Hebestreit, porte-parole du gouvernement. Le maitre du Kremlin a signifié, vendredi, au chancelier allemand que les frappes massives de la Russie contre l’infrastructure énergétique de l’Ukraine étaient « nécessaires et inévitables », dénonçant en outre la position « destructrice » de l’Occident qui soutient Kiev, rapporte l’AFP.

Ces entretiens interviennent alors que le chef de l’Etat français a assuré, avant son déplacement à Washington, qu’il entendait maintenir le dialogue ouvert avec Moscou.

Les Américains, rappelle-t-on, ont assuré qu’ils restaient ouverts à une solution à la crise ukrainienne qui, à leurs yeux, reste liée au retrait des troupes russes. Dmiri Peskov, porte-parole du Kremlin s’est contenté de déclarer que « l’opération spéciale » menée par Moscou en Ukraine n’est toujours pas achevée, ce qui de facto empêche toute discussion à ce sujet.

A signaler que l’exécutif ukrainien est intervenu jeudi 1er décembre après les déclarations la veille de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui avait estimé à 100 000 le nombre de soldats ukrainiens tués depuis le début de la guerre. Une déclaration qui a provoqué un incident diplomatique, Kiev considère ses pertes militaires comme un secret défense.

Plus de 20 000 civils et plus de 100 000 militaires ukrainiens ont été tués depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février, avait déclaré la responsable européenne. Des estimations imprécises que Bohdan Senyk, directeur de communication de l’armée ukrainienne, n’avait pas commentées. Avant que  Kiev ne réagisse, jeudi, via Oleksiy Arestovych, conseiller de la Défense du président Zelensky. Ce dernier a affirmé que le nombre de soldats ukrainiens tués était de 10 000, soit huit fois moins que le nombre de soldats russes ayant péri au combat. Un peu plus tard dans la journée, Mykhailo Podolyak, autre conseiller de la présidence ukrainienne, a donné une estimation de 10 à 12 000 soldats tués côté ukrainien.

À ce stade, il est difficile de donner un décompte précis des victimes, aussi bien militaires que civiles. Un peu plus tôt en novembre, le général américain Mark Milley a estimé à 100 000 le nombre de soldats russes mis hors combat, aussi bien tués que blessés. Ce haut gradé US a déclaré penser que les Ukrainiens ont pu subir des pertes similaires. Une chose est sûre, en neuf mois, la guerre de la Russie en Ukraine est le conflit le plus meurtrier en un tel laps de temps, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La présidente de la Commission européenne a provoqué un incident diplomatique à cause d’un message vidéo où elle appelle à la création d’un tribunal pour les crimes de guerre en Ukraine. Elle a cité le chiffre de 100 000 soldats morts alors que pour l’Ukraine considère les pertes militaires comme un secret défense.

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