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Tension entre Ryad et Washington : La rupture au bout du fil ?

La chaîne américaine NBC News a rapporté que « l’administration Biden envisage d’exhorter les entreprises américaines à ne pas étendre leurs relations commerciales avec l’Arabie saoudite, en réponse à la décision de Riyad à l’OPEP + de réduire la production de pétrole ».

La télé US a révélé, sur son site internet, que « l’administration Biden n’enverra aucun responsable à la conférence d’investissement Davos dans le désert tenue en Arabie saoudite la semaine prochaine », soulignant que « le retrait des investissements commerciaux américains d’Arabie saoudite pourrait affecter le royaume sans affecter les États-Unis, qui à leur tour cherchent à atteindre des objectifs, notamment l’unification des Arabes et Israël contre l’Iran », selon des responsables.

NBC News a poursuivi que « Washington envisage de réduire ses relations diplomatiques et militaires avec l’Arabie saoudite jusqu’à la date de la prochaine réunion de l’OPEP+ le 4 décembre », notant qu’ « un responsable américain a déclaré que la prochaine réunion OPEP+ sera décisive pour déterminer le sort des relations américano-saoudiennes, et elle se tiendra quelques jours avant l’entrée en vigueur de la décision d’imposer une limite de prix plus élevée au pétrole russe ». Et d’ajouter que « l’apaisement des relations risque de se poursuivre jusqu’à ce qu’un autre pays prenne la tête de l’Opep+ le 4 décembre, lors de la 34e réunion ministérielle de l’Opep et des producteurs indépendants ».

La télé américaine a précisé que « les responsables saoudiens avaient informé leurs homologues américains qu’ils étaient prêts à maintenir la production sans réduction jusqu’à la fin de l’année, lors des consultations qui ont eu lieu avant la décision OPEP+, sauf qu’ils sont revenus sur leur décision ».

Le discours de Washington sur l’instrumentalisation des entreprises US comme outil de pression contre Ryad intervient à un moment où le président Joe Biden a déclaré qu’il « réévalue les relations de son administration avec le Royaume et réfléchit à la manière de répondre à Riyad concernant la décision de production de pétrole », tandis qu’un haut responsable américain a déclaré que « l’administration Biden prévoit de réduire immédiatement les relations diplomatiques et militaires avec Riyad ».

John Kirby, coordinateur des communications stratégiques du Conseil de sécurité nationale à la Maison Blanche, a déclaré mardi à CNN que « les États-Unis comptent réévaluer leurs relations avec le Royaume, y compris les ventes d’armes ». « Je pense que le président a été très clair en affirmant que cette relation doit à être réévaluée, et certainement à la lumière de la décision de l’OPEP, je pense que c’est le moment », a-t-il laissé entendre.

NBC News a revelé que « récemment, les Saoudiens ont présenté aux États-Unis une analyse selon laquelle le prix du pétrole est susceptible de chuter… et ont déclaré qu’ils devaient réduire la production pour éviter un écart de prix, contrairement aux rapports des responsables américains. Ces derniers ont indiqué que les prix devraient rester stables pendant encore 30 jours et que les réductions de production pourraient attendre jusqu’à la prochaine réunion de l’OPEP+, mais ils ont déclaré que les Saoudiens n’ont pas modifié leurs analyses et leurs graphiques, arguant qu’une chute des prix était imminente ».

Le Davos saoudien sans l’Oncle Sam

Aucun représentant du gouvernement américain n’a été invité au Future Investment Initiative (FII), conférence économique internationale parfois surnommée le Davos du désert, prévue fin octobre à Riyad, a affirmé lundi l’organisateur.

Cette décision, qui tranche avec les années précédentes, intervient dans un contexte de tensions entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite, les principaux pays exportateurs de pétrole ayant annoncé une baisse de leur production.

Lancé en 2017 par le prince héritier Mohammad ben Salmane, le FII est destiné à attirer les investisseurs étrangers et promouvoir un plan de diversification de l’économie du royaume, ultradépendante de l’exportation de pétrole. La sixième édition débute le 25 octobre à Riyad.

Selon Richard Attias, directeur de l’Institut FII, qui organise l’événement, près de 400 chefs d’entreprises US devraient participer cette année, mais « aucun représentant gouvernemental américain n’a été invité ». « Nous n’invitons pas trop de politiciens » car leur présence détourne l’attention des médias et « nous ne voulons pas que le FII devienne une plateforme politique », a-t-il affirmé à l’AFP.

Attias avait pourtant affirmé plus tôt, lors d’une conférence de presse, que « plus de 12 ministres de l’Economie et des Finances » seraient présents cette année. Il a également évoqué la possibilité d’une participation de chefs d’Etat, dont l’identité sera confirmée « dans les prochains jours », selon lui.

En 2017, le secrétaire au Trésor de l’ex-président américain Donald Trump, Steven Mnuchin, avait participé au lancement du FII. Il s’était retiré en 2018 en raison de l’indignation mondiale suscitée par le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. En 2021, Don Graves, secrétaire adjoint au Commerce de l’administration Biden, avait été convié à l’événement. Sollicitée par l’AFP, l’ambassade des Etats-Unis à Riyad s’est refusée de commenter dans l’immédiat l’annonce faite par l’organisateur du FII.

Le 5 octobre, l’Opep+ -les 13 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) menés par l’Arabie saoudite et leurs 10 partenaires conduits par la Russie- a décidé de sabrer ses quotas de production, afin de soutenir les prix du brut qui étaient en train de baisser. Dimanche soir, l’Arabie saoudite a de nouveau défendu la décision « purement économique » des pays exportateurs de pétrole, se disant « stupéfaite » des accusations de connivence politique avec Moscou, venant surtout des Etats-Unis. Selon R. Attias, les tensions entre Riyad et Washington ne devraient pas affecter l’évènement économique. « Au contraire, de plus en plus de représentants du secteur privé américain veulent participer au FII », a-t-il affirmé. « Nous ne faisons pas du tout de politique », a-t-il encore insisté. « Mais si les gens veulent parler de questions géopolitiques pendant l’événement, ils sont libres de le faire. »

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