La coordination nationale des étudiants diplômés de l’ISPITS rejoint la mobilisation qui ne cesse de s’amplifier à l’échelle nationale pour dénoncer la « politique de marginalisation ». Pour les manifestants, la décision du ministère de la Santé et de la Protection sociale traduit un profond décalage entre les besoins réels du secteur et les mesures prises sur le terrain. Nombreux sont les étudiants qui ne mâchent pas leurs mots face au cafouillage de l’actuelle majorité qui se gargarise des bienfaits d’un supposé « Etat social » en construction. Nul besoin de rappeler à ce sujet que l’un des piliers de cet édifice est bel et bien le secteur de la santé laissé en déshérence. Preuve de cette sarcopénie, le déficit cumulé en infirmiers et infirmières dans les hôpitaux publics : le besoin ressenti est de 65.000 postes budgétaires pour combler le fossé et muscler le corps médical et paramédical.
Les manifestants dénoncent l’incohérence de la politique sanitaire. Si les étudiants sont formés, avec des stages en milieu hospitalier à la clé, comment se fait-il qu’à la sortie, les infirmiers et infirmières se retrouvent sans emploi alors même que les hôpitaux endurent un déficit chronique en ressources humaines ? Les étudiants et diplômés en soins infirmiers entendent se faire entendre en manifestant leur détresse. Ils appellent à une révision urgente de la politique de recrutement telle que déployée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale. La tutelle est appelée à « prendre ses responsabilités et à trouver une solution juste et durable ». Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’un problème régional mais bien d’une crise d’ampleur nationale qui menace l’avenir du système de santé et handicape la construction projetée de l’Etat social.
