Pour Abdulah Arabi, représentant du Polisario en Espagne, ces propos, qu’il qualifie de d’une « extrême gravité », confirment la position défendue par le mouvement indépendantiste depuis trois ans au sujet de la lettre envoyée par le président du gouvernement espagnol au roi du Maroc, le 18 mars 2022. « Le gouvernement espagnol a finalement admis qu’il a privilégié ses relations bilatérales avec le Royaume du Maroc au détriment de ‘supposés principes’ liés au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », souligne-t-il dans un communiqué.
« Il y a cette volonté d’éviter qu’une situation bloquée depuis 50 ans ne dure encore 50 ans. Et je trouve totalement irresponsable qu’on se cramponne à de supposés principes pour figer la situation pendant 100 ans, 200 ans », avait notamment indiqué José Manuel Albares au micro de Radiocable. Le ministre espagnol a insisté sur le fait qu’il n’y avait « aucun changement de position », malgré la lettre envoyée par Pedro Sánchez à Mohammed VI, dévoilée par la monarchie marocaine. Cette correspondance avait mis fin à 47 ans de neutralité active des gouvernements espagnols successifs sur la question du Sahara occidental, ancienne province espagnole jusqu’en 1975.
Face aux déclarations de J-M. Albares, le Polisario rappelle qu’il « souhaite une résolution rapide de la situation que traverse le peuple sahraoui. Toutefois, la seule solution viable reste celle qui garantit l’exercice effectif de son droit à l’autodétermination et à l’indépendance ».