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Rome dévoile sa stratégie africaine : A. Akhannouch chez G. Meloni

by Perspectives Med
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Rome dévoile sa stratégie africaine : A. Akhannouch chez G. Meloni

L’hôte du Palais Chigi, n’a pas lésiné sur les visites en Afrique pour montrer son activisme diplomatique qui cherche à asseoir une nouvelle dynamique de coopération basée sur « des partenariats d’égal à égal ». N’empêche, business as usuel, la démarche de l’actuelle cheffe du gouvernement italien sert en premier les intérêts de Rome. Du Mozambique et du Congo à la Tunisie en passant par l’Algérie, l’Éthiopie et la Libye, G. Meloni tente de garantir les besoins en énergie de l’Italie après la réduction drastique de l’approvisionnement en gaz russe. Comme elle tente de consolider son électorat anti-migrants en vue des élections européennes en faisant oublier les échecs en termes de diminution des flux migratoires via la Méditerranée. D’où l’idée d’investissements massifs dans des pays africains pour lutter à la racine contre les facteurs déclenchant de migrations illégales. Quitte à y loger des hotspots en Afrique.

Un « Plan Mattei » a été conçu pour cela même s’il est encore entouré de flou. La presse italienne évoque une enveloppe de 4 milliards d’euros sur quatre ans, tirée du fonds climat de l’Italie et à destination des pays africains les plus vulnérables. Pourtant, Rome a réduit son aide bilatérale au développement, l’an dernier (hors Libye), a hauteur de 2,8 millions d’euros par an entre 2024 et 2026.  Une structure de coordination chargée de piloter le Plan Mattei pourrait s’activer, dès février, sous l’égide du Palazzo Chigi et du ministère des Affaires étrangères italien. G. Meloni souhaite faire de l’Italie une plaque tournante pour les ressources énergétiques africaines et les marchés européens, tout en promouvant des investissements dans divers secteurs.

Bien entendu, Bruxelles suit de près cette trajectoire italienne. Charles Michel, président du Conseil européen et Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission, sont attendus à Rome dès lundi.

Pour l’ensemble de l’opposition de centre gauche, le « Plan Mattei » serait au stade actuel « une boîte vide ». Autrement dit, un projet sans contenus clairement définis.  Alessandro Alfieri, sénateur et chef de groupe du Parti démocrate à la commission des Affaires étrangères, déplore les motivations dudit plan juste bon pour stopper les flux migratoires en provenance de l’Afrique. « Nous craignons que la présidente du Conseil utilise le « plan Mattei » comme une occasion pour donner de l’argent à des pays africains afin qu’ils retiennent les migrants. De notre point de vue, il faut construire des projets de coopération au développement de manière à faire croître l’économie des pays africains. Mais aussi pour que des personnes puissent venir en Italie parce que notre pays, en déclin démographique, a besoin de main d’œuvre qualifiée dans certains domaines », lâche-t-il.   Le « Plan Mattei » gagnerait, ajoute-t-il, à impliquer  d’autres pays de l’Union européenne. « Nous devons collaborer avec les principaux États européens. Sans quoi, nous risquons de perdre les défis avec la Russie qui a une approche néocoloniale, notamment dans les pays du Sahel, et avec la Chine qui intervient de manière prédatrice. Mais il faut des fonds qui, à ce stade, n’existent pas ».

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