Le Hezbollah qui a démarré ses opérations contre l’armée sioniste en signe de solidarité avec la résistance palestinienne dans la bande de Gaza a revendiqué plusieurs opérations durant la journée de vendredi. Un drone d’assaut a été lancé contre un système technique dans la position de Metulla et des tirs ont visé un rassemblement de militaires dans l’entourage de Horsh Bar’am. Des médias israéliens ont rapporté le tir d’un obus anti blindé contre un bâtiment à Zariit. Il y a eu des blessés. Les sirènes d’alerte ont retenti dans la colonie de Margaliot dans le doigt de Galilée occupée alors que le site Hadashut Bazman avait annoncé que 7 missiles se sont abattus sur Kiryat Chmona. Le site israélien Walla a souligné qu’au cours des dernières 72 heures, le Hezbollah a lancé 16 drones piégés, selon l’armée israélienne, mais le reste des données n’est pas dévoilé au public. De son côté, Netziv Net révèle que le Hezbollah est capable de désactiver, en une frappe, au moins 50 % des Dômes de fer dans le nord. De son côté, la radio de l’armée d’occupation a signalé qu’un drone Kokhav Hermes 900 s’est écrasé la nuit dernière dans la vallée de Jezreel en raison d’un « défaut technique ».
Ces opérations de la résistance islamique libanaise interviennent alors que dans la soirée du 13 au 14 juin, des avions de guerre israéliens ont ciblé une maison de trois étages entre les localités de Jennata et Deir Kanoun el-Nahr, dans le caza de Tyr, faisant deux victimes civiles et une vingtaine de blessés. Selon L’Orient-Le Jour, une source de la défense civile de l’Association scoute Al-Rissala, affiliée au mouvement Amal, a fait état d’une victime, une femme, et de 20 blessés, tous des civils, dont des enfants. Une seconde femme est décédée peu après, des suites de ses blessures, précise le média francophone libanais. Selon ce dernier, il s’agit de l’une des attaques « les plus meurtrières » depuis le début des affrontements frontaliers entre Tsahal et le Hezbollah. La localité touchée par le raid israélien n’est autre que le village natal de Hachem Safieddine, président du conseil exécutif du Hezbollah.
La veille, la résistance islamique avait revendiqué des attaques contre plusieurs positions israéliennes, notamment une dizaine de cibles militaires à la frontière nord d’Israël, y compris des cibles qui seraient liées au renseignement israélien. Dans un communiqué relayé par son site, Al-Manar, le Hezbollah a annoncé avoir lancé plusieurs attaques simultanées avec des missiles Katioucha et Falaq ainsi que des drones, contre «six» casernes et sites militaires israéliens : la caserne al-Zaoura, la caserne Kaila, la caserne Yoav, la base Katsavia, la base de Nafah et le bataillon du Sahel à Beth Hallel.
Depuis la mort Taleb Sami Abdallah, tué dans une frappe israélienne le 11 juin à Jouaya avec trois autres combattants, le Hezbollah a intensifié ses frappes contre Israël. Selon L’Orient-Le Jour, ce haut gradé du parti chiite était un ténor du mouvement depuis les années 1990. D’ailleurs, dans une infographie publiée le 13 juin, le Hezbollah a revendiqué 2 125 « opérations militaires » depuis le 8 octobre, affirmant avoir occasionné 2 000 pertes côté israélien. Dans ce document, le parti chiite affirme également avoir contraint par ses actions 230 000 Israéliens à se déplacer, les obligeant à évacuer plus de 40 villages après avoir frappé jusqu’à 35 kilomètres à l’intérieur d’Israël.
En réaction, les bombardiers israéliens ont visé la localité de Houla et l’artillerie israélienne bombardé les périphéries de la localité d’al-Khiyam, dans le dud du Liban. Un bombardement au phosphore a été mené sur les périphéries de Tallousa et la vallée Sallouqi, provoquant un incendie, a signalé le correspondant d’al-Manar.
Au Liban-Sud, les échanges de tirs ont poussé 94 126 personnes à prendre la fuite, selon un décompte dressé fin mai par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Selon le décompte de L’Orient-Le Jour, 344 membres du Hezbollah ont été tués par Israël au Liban et en Syrie depuis le 8 octobre, tandis que le ministère libanais de la Santé a comptabilisé 414 morts au Liban-Sud depuis la même date. Les tensions sont de plus en plus croissantes entre les deux belligérants. Benjamin Netanyahou, Isaac Herzog et les hauts gradés de l’armée israélienne ont même ouvertement menacé le Liban d’une opération terrestre pour chasser le Hezbollah de la zone frontalière. Les États-Unis seraient particulièrement préoccupés par une escalade à la frontière israélo-libanaise qui conduirait à une « guerre totale », selon un haut responsable américain, cité par Reuters. « Nous avons tous partagé une préoccupation sur la situation à la frontière avec le Liban et en particulier avec les États-Unis d’Amérique », a déclaré de son côté Emmanuel Macron, le 13 juin, lors d’une conférence de presse en marge du G7 à Borgo Egnazia, dans le sud de l’Italie. « Nous avons acté le principe d’une trilatérale Israël/États-Unis/France pour avancer sur la feuille de route que nous avons proposée », a également déclaré le président français. Avant d’ajouter : « Nous ferons de même avec les autorités libanaises.»
E. Macron a annoncé jeudi au sommet du G7 que la France, les Etats-Unis et Israël allaient travailler en format « trilatéral » sur la feuille de route française pour contenir les tensions à la frontière israélo-libanaise. « Alors que l’Etat d’Israël mène la guerre la plus juste de son histoire, la France a fait preuve d’hostilité et d’inimitié à notre encontre, tout en ignorant ouvertement les atrocités commises par les terroristes du Hamas contre les enfants et les femmes – simplement parce qu’ils sont juifs », écrit vendredi le ministre de la défense israélien, Yoav Gallant, sur X. « Nous ne serons pas partenaires du comité chargé de contrôler la sécurité à la frontière nord si la France y participe », ajoute-t-il.
La France tente depuis fin janvier de contenir les violences à la frontière entre Israël et le Liban qui menacent de s’étendre. Paris avait soumis aux deux parties une première initiative, mais celle-ci avait été amendée début mai à la demande de Beyrouth, qui jugeait la première version trop favorable aux thèses israéliennes. Le plan propose notamment un arrêt des violences des deux côtés et le retrait des forces Al Radwan, unité d’élite du mouvement terroriste chiite libanais Hezbollah, et des autres groupes armés à dix kilomètres de la frontière avec Israël, selon des responsables libanais. Il stipule que la Force intérimaire des Nations unies (Finul) dispose de l’entière liberté de mouvement dans la région, que l’armée libanaise y joue un rôle accru et que ses effectifs doivent être renforcés.
Le Hezbollah refuse à ce stade d’entrer dans de réelles négociations, tant qu’il n’y aura pas de cessez-le-feu durable à Gaza.
Tel-Aviv ment
Le magazine américain Newsweek a affirmé ce jeudi que « le nombre d’Israéliens évacués de leurs foyers dans le nord en raison des attaques du Hezbollah s’élève à 200.000 colons », contrairement au nombre annoncé par Tel-Aviv , qui est de 60.000 colons.
La crise associée au déplacement des colons du nord s’est récemment considérablement aggravée, imposant son poids sur la table du cabinet, lequel subit une forte pression pour la résoudre, sans aucun horizon ni plan clair pour l’instant. Les médias israéliens parlent abondamment de la situation vécue par les habitants des colonies du nord, « qui sont épuisés et paient un lourd tribut à cause des combats avec le Hezbollah ».
Selon le Yedioth Ahronoth, les colons du nord sont « déprimés » et se posent la question : « Que devons-nous faire pour mettre fin au cauchemar des missiles du Hezbollah ? » Il cite un colon israélien qui vit dans l’une des colonies de Galilée, près de la frontière libanaise, affirmant : « Les colons là-bas vivent le cauchemar des missiles du Hezbollah et la situation est horrible ». Selon le journal, plus de 60.000 habitants des colonies de Galilée ont été déplacés de leurs foyers en octobre et se sont retrouvés à vivre une nouvelle vie dans d’autres colonies. Et d’ajouter que « depuis octobre, la société du Nord s’est effondrée, de nombreuses socitétés sont fermées et la population déplacée a été dispersée dans des camps séparés ». L’un des colons a déclaré au journal : « Un des dirigeants israéliens devrait venir parler aux habitants », ajoutant que « le gouvernement a oublié les habitants des colonies du nord et s’est habitué à ce qu’ils vivent sous la guerre ». « Un sentiment d’impuissance accompagne tous les habitants des colonies de Galilée. Ils n’avaient jamais imaginé que cette réalité pourrait durer plus de cinq mois », a-t-il ajouté tandis qu’un autre a souligné que le « coût est élevé pour les soldats israéliens qui sont soit tués soit blessés , sans compter le déchirement du tissu vital, les dommages économiques, la destruction des infrastructures civiles, militaires et de sécurité. »