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Pour circonscrire la dynamique « Bloquons tout » : E. Macron nomme un nouveau chef du gouvernement

by Perspectives Med
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Pour circonscrire la dynamique « Bloquons tout » : E. Macron nomme un nouveau chef du gouvernement

La France a connu mercredi une journée de mobilisation nationale  du mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux cet été pour exprimer son « ras-le-bol » de la situation économique, sociale et politique du pays. Le ministère de l’Intérieur estimait à 200 000 le nombre de manifestants partout en France en fin d’après-midi, tandis que la CGT estimait à 250 000 le nombre de participants. Les actions ont débuté tôt dans la journée un peu partout sur le territoire, mais sans toucher des cibles stratégiques et sans débordements notables. Au total, 812 rassemblements et blocages ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. N’empêche, des manifestations émaillées d’incidents ont été signalés dans plusieurs grandes villes du pays. Plus de 470 interpellations ont eu lieu depuis ce matin en France, dont 203 en région parisienne. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur démissionnaire, a rappelé la forte mobilisation des forces de l’ordre, « 80 000 gendarmes et policiers » en France, dont 6 000 à Paris, avec la consigne « de ne pas tolérer de violence, de dégradation, de blocage, d’occupation des infrastructures essentielles de notre nation ». Cette mobilisation intervient dans le sillage de la nomination, la veille mardi, de S. Lecornu comme Premier ministre, après l’éviction de François Bayrou.

B. Retailleau, s’est exprimé lors d’une conférence de presse, place Beauvau, au sujet de la journée de mobilisation du mouvement « Bloquons tout ». Il a notamment salué une « mise en échec de ceux qui voulaient bloquer le pays ». « Les bloqueurs n’ont pas bloqué la France », a-t-il résumé. Il a également dénoncé « une forme de confiscation, de détournement de cette mobilisation […] notamment par les mouvances d’extrême gauche et d’ultra gauche ». Il a aussi fait état d’« assemblées générales » en fin de journée montrant « une volonté parfois de poursuivre le mouvement demain ou les jours prochains ».

Marine Le Pen, leader du Rassemblement National, s’est exprimée en soirée sur le réseau social X, dénonçant « la confiscation et la récupération par LFI du mouvement de protestation contre la politique macroniste ». « La sortie de crise se fera par les urnes et non par cette stratégie de l’insurrection permanente et de la légitimation du chaos qui sont les seuls mots d’ordre de l’extrême gauche », a-t-elle ajouté.

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a salué de son côté, la mobilisation de 200 000 manifestants, « dans les villes comme les villages », affirmant que « de très nombreux jeunes étaient présents ». « L’immense majorité s’est mobilisée sans violence », a-t-il ajouté, avant d’indiquer que son camp sera aux côtés de l’intersyndicale pour « amplifier la mobilisation » annoncée le 18 septembre prochaine.

Dans une note publiée sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, a lui salué un « succès » et « un événement extrêmement significatif du moment politique » qui a été « considérablement encouragé par l’effondrement du gouvernement Bayrou ».

Blocages d’infrastructures de transports, de sites symboliques ou de lycées, manifestations, grève de la carte bancaire : le mouvement « Bloquons tout » a lancé une myriade d’actions mercredi 10 septembre pour protester contre la politique du président E. Macron et la situation socio-économique en France.


A signaler que l’Élysée a fait savoir, via un communiqué, qu’E. Macron a chargé S. Lecornu, dans un premier temps, de « consulter » les partis en vue de « bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains mois ». À l’issue de ces discussions, le nouveau Premier ministre proposera au président français la composition du nouveau gouvernement. Au cours des huit dernières années, le nouveau Premier ministre français a travaillé dans les cabinets dirigés par les Premiers ministres Édouard Philippe, premier chef du gouvernement sous Macron, Jean Castex, Élisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier et François Bayrou. Outre ses fonctions de ministre des Armées, S. Lecornu a été ministre des Outre-mer, ministre délégué chargé des Collectivités locales et secrétaire d’État auprès du ministre chargé de la Transition écologique et solidaire.

La réaction à cette nomination rapide ne s’est pas fait attendre. Jean-Luc Mélenchon, président de LFI a déclaré que « dorénavant, c’est absolument comme auparavant ». « Seul le départ de Macron lui-même peut mettre un terme à cette triste comédie du mépris du Parlement, des électeurs et de la décence politique », a-t-il ajouté. Marine Le Pen a également réagi. « Le Président tire la dernière cartouche du macronisme, bunkerisé avec son petit carré de fidèles. Après les inéluctables futures, élections législatives, le Premier ministre s’appellera Jordan Bardella », a-t-elle écrit sur X.

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