Alors que le Parlement iranien a voté la suspension de toute coopération avec l’AIEA, le gouvernement annonce une ouverture. C’est le Conseil suprême de la sécurité nationale qui sera chargé du dialogue avec le gendarme onusien du nucléaire, selon Abbas Araghchi. Le chef de la diplomatie iranienne a fait savoir qu’il allait étudier la possibilité de reprendre les négociations avec les États-Unis. Des négociations qui ont débuté en avril dernier et qui ont été suspendues après le déclenchement de la guerre entre Israël et l’Iran, épisode marqué aussi par des bombardements US contre trois sites nucléaires iraniens. Le chef de la diplomatie iranienne a dénoncé la politique des Etats-Unisqui ont trahi la diplomatie en soutenant Israël dès le premier jour de la guerre avant d’attaquer à leur tour les sites nucléaires iraniens. Il a également lancé une mise en garde à la « troïka européenne » qui menace d’activer le « snapback », mécanisme qui permet de ramener les sanctions onusiennes contre l’Iran et qui avaient été suspendues il y a dix ans dans le cadre de l’accord nucléaire avec les grandes puissances. « Le « snapback » signifiera la fin du rôle de la troïka européenne dans le dossier nucléaire iranien et sera sans doute la page la plus noire dans les relations des trois pays européens avec l’Iran », a-t-il lancé.
Concernant la reprise des négociations avec les États-Unis, Téhéran prévient Washington : les pourparlers porteraient uniquement sur le programme nucléaire — pas question d’aborder les capacités militaires du pays. Il a également ajouté que l’Iran refusait tout accord sans le droit à l’enrichissement d’uranium. « Dans tout accord négocié, les droits de la nation iranienne en matière nucléaire, notamment le droit à l’enrichissement d’uranium, doit être respecté. Nous n’accepterons aucun accord qui ne comprendra pas l’enrichissement d’uranium », ajoute-t-il.
Ces mises en gardes ont été lancées alors que les États-Unis ont clairement affirmé que l’Iran devait renoncer à l’enrichissement d’uranium sur son sol.
Erosion du capital confaince US
Ali Larijani, conseiller du Guide suprême de la Révolution islamique et de la République islamique d’Iran, a souligné vendredi que « le nouveau Moyen-Orient ne sera pas soumis à des diktats extérieurs, mais sera plutôt un Moyen-Orient résistant ».
Le sherpa a insisté sur le fait qu’ « après la guerre contre nous, nous ne faisons plus confiance aux États-Unis d’Amérique », précisant que son pays « étudie actuellement les messages reçus de Washington concernant la reprise des négociations ».
Il a expliqué que l’approche US, sous la présidence de Donald Trump, repose sur le principe suivant : « Soit vous capitulez, soit vous entrez en guerre », soulignant que « cette approche n’a pas connu de succès notable ces dernières années ».
A.Larijani a ajouté dans ce contexte que « Netanyahu et Trump ne comprennent pas la grandeur de la nation iranienne ». Il a également souligné que les Nations Unies et le Conseil de sécurité sont devenus « un théâtre de bouffonneries et de moqueries », faisant référence à leur partialité envers l’ennemi israélien et les États-Unis.
Les propos d’A. Larijani ont été tenus lors d’une cérémonie commémorative en l’honneur du martyr Mohammad Saeed Izadi, dit Hajj Ramadan, chef de l’unité palestinienne de la Force Al-Qods, tombé en martyr lors de l’agression israélienne contre l’Iran.
Dans une précédente déclaration, le conseiller principal du Guide suprême a affirmé que « les États-Unis et l’entité sioniste ont échoué dans leur pari de renverser le régime iranien », soulignant que « la récente guerre a révélé la force de l’Iran et contraint l’ennemi à battre en retraite et à implorer la fin des combats ».
