Parallèlement, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé que lAbbas Araghchi a rencontré Mohsen Naqvi, ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, en visite à Téhéran depuis mercredi. Les rapports indiquent que cette dynamique vise à formuler un « cadre d’entente transitoire » qui ne s’élève pas au rang d’un accord global, mais se concentre plutôt sur le principe de « l’apaisement contre le gel ».
L’objectif est de contenir les risques d’un glissement vers une confrontation régionale élargie, à travers un arrêt temporaire de l’escalade militaire et navale, et le gel des mesures provocatrices des deux côtés tant que les voies de négociation restent ouvertes.
Selon les données, le cadre proposé comprend l’arrêt des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, en contrepartie d’un engagement iranien à ne pas élargir les attaques contre les bases américaines ou la navigation internationale. L’entente comprend également la régulation de la navigation dans le détroit d’Ormuz afin de garantir le flux de pétrole, tout en préparant des négociations élargies qui dureraient entre 30 et 60 jours, pour examiner les dossiers nucléaire et balistique ainsi que l’influence régionale, menant à la levée des sanctions américaines.
Selon les fuites, les médiateurs cherchent à concevoir l’initiative de manière à empêcher quiconque de proclamer une « victoire politique » dans la première phase, préservant ainsi la face de l’actuelle administration américaine et confirmant à Téhéran qu’elle n’a pas cédé à la guerre ou au blocus.
Le Pakistan vise aussi à reporter les dossiers les plus complexes à des étapes ultérieures afin d’éviter l’effondrement des négociations.
En contrepartie, les couvertures médiatiques israéliennes ont révélé un état de scepticisme de la part de Tel-Aviv. Benjamin Netanyahu, chef du gouvernement de l’occupation, a exprimé, lors d’un appel avec le président américain Donald Trump, ses craintes de voir cette trêve offrir à l’Iran l’opportunité de reconstruire ses capacités.
À Washington, l’initiative pakistanaise est perçue comme une option permettant d’éviter une guerre régionale élargie, tout en préservant l’image de la « politique de pression » que l’administration américaine prétend avoir poussé Téhéran à la table des négociations. Mercredi, l’agence iranienne Tasnim, citant une source proche de l’équipe de négociation, a rapporté que les Américains ont de nouveau envoyé un texte à l’Iran via le médiateur pakistanais, trois jours après que Téhéran a envoyé un texte composé de 14 points. Elle a ajouté que l’Iran examine actuellement le texte américain, sans y avoir apporté de réponse jusqu’à présent.
Au même moment, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien (Majlis), a déclaré que « les mouvements publics et secrets de l’ennemi montrent qu’il cherche un nouveau cycle de guerre ».
Israel Hayom a rapporté les détails des coulisses d’une vive dispute qui a eu lieu dans les couloirs de la Maison Blanche, la décrivant comme une conversation « houleuse » et une division au sein des piliers de l’administration du président américain sur la manière de gérer la question de la guerre avec l’Iran, sur fond de déception israélo-émiratie face à la décision de Washington de donner une chance aux négociations.
Danny Zaken, correspondant diplomatique du journal israélien, a rapporté que D. Trump avait accepté de poursuivre les contacts avec l’Iran malgré l’opposition de hauts responsables, notant que la décision de donner une nouvelle chance aux pourparlers avec l’Iran avait été prise à la Maison Blanche après une discussion très animée et intense entre le président et son vice-président, JD Vance, avec la participation des secrétaires à la Défense et d’État. D’après des sources proches du dossier, ces deux derniers ministres ont estimé qu’à ce stade, qu’il était impossible d’obtenir des concessions de l’Iran sans une pression considérable, y compris la possibilité d’une frappe militaire et d’un renforcement des sanctions économiques. À l’inverse, J.D. Vance a affirmé que la dernière proposition iranienne témoignait d’une flexibilité susceptible de permettre de progresser vers un accord, même préliminaire, menant à la fin des combats. Les envoyés Steve Witkoff et Jared Kushner se sont également joints à la discussion, apportant leur soutien à la position de J.D. Vance après s’être entretenus avec des dirigeants du Golfe opposés à la reprise des combats. Le journal rapporte que le vice-président et les émissaires insistaient sur la nécessité d’un accord préliminaire, tandis que les secrétaires à la Défense et d’État préconisaient une pression accrue et une frappe militaire pour obtenir des concessions de Téhéran. Il note que la confrontation s’était intensifiée lorsque D. Trump a critiqué J.D. Vance et les émissaires, les accusant de permettre à l’Iran de gagner du temps et de nuire à l’image de Washington. Le vice-Président avait répondu fermement, déclarant que les efforts devaient se concentrer sur la fin de la campagne militaire, le rapatriement des troupes, la baisse des prix du pétrole et le traitement des questions intérieures – une réponse qui avait surpris les personnes présentes.
En dehors des États-Unis, une nette divergence des positions est apparue, lorsque D. Trump s’était entretenu avec des dirigeants de la région, à savoir le B. Netanyahu et Mohammed ben Zayed, président des Émirats arabes unis. Ces derniers ont exprimé leur soutien à une position ferme et énergique contre l’Iran, ainsi qu’à la nécessité de protéger leurs installations sensibles. À l’inverse, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’émir qatari Tamim ben Hamad Al Thani préfèrent éviter une escalade et une reprise des combats en maintenant des canaux de communication continus avec Téhéran afin de réduire les risques sécuritaires, se basant sur des évaluations indiquant la stabilité et la force du régime iranien.
Le journal israélien a également fait état d’une conversation nocturne entre D. Trump et B. Netanyahu, au cours de laquelle différentes options ont été évoquées, allant d’une frappe militaire à la poursuite des négociations. Selon certaines informations, D. Trump aurait choisi de laisser les pourparlers se poursuivre, dans l’attente de la réponse de l’Iran après les rencontres entre le ministre pakistanais de l’Intérieur et de hauts responsables des Gardiens de la révolution. Un responsable américain a indiqué que B. Netanyahu avait exprimé sa frustration face au comportement de l’Iran et à la capacité de Téhéran à gagner du temps, tandis que D. Trump a confirmé qu’il était toujours en pleine réflexion.
Dans un contexte similaire, le journal israélien a indiqué que la conversation nocturne entre D. Trump et B ? Netanyahu avait également abordé la question libanaise et la possibilité de parvenir à des accords avec le gouvernement libanais, ainsi que les estimations selon lesquelles les chances que le Hezbollah accepte de tels arrangements restent faibles. Cette hésitation américaine était manifeste dans les récentes déclarations du chef de la Maison Blanche. Au lendemain de ses propos laissant entendre que son pays pourrait lancer une nouvelle attaque contre l’Iran « vendredi ou durant le week-end », D. Trump a fait volte-face, affirmant que les États-Unis « mettront fin à la guerre très rapidement », et exprimant son espoir d’un « règlement rapide et pacifique du conflit ».
Dans ce brouillard-là, Téhéran avance ses pions. Ainsi, l’autorité iranienne chargée de gérer la circulation dans le détroit d’Ormuz, a officialisé une zone de gestion et de supervision dans ce détroit stratégique du golfe Persique. L’Autorité du détroit du golfe Persique (PGSA) a annoncé cette décision mercredi dans un poste sur son compte officiel X.
« La République islamique d’Iran a défini la zone de surveillance du détroit d’Ormuz comme suit : « La ligne reliant le mont Moubarak en Iran et le sud de Fujairah aux Émirats arabes unis à l’est du détroit à la ligne reliant l’extrémité de l’île de Qeshm en Iran et Umm Al Quwain aux Émirats arabes unis à l’ouest du détroit », a-t-elle fait savoir via son message. Désormais, « le trafic dans cette zone pour traverser le détroit d’Ormuz nécessite une coordination avec la PGSA et l’obtention d’une autorisation de cette autorité ».
L’Iran a fermé ce corridor stratégique à ses ennemis et à leurs alliés en réponse à la dernière vague d’agressions non provoquées menée contre le pays par les États-Unis et le régime israélien. Téhéran a commencé à appliquer des contrôles beaucoup plus stricts après que le président américain Donald Trump a annoncé, le 13 avril, la poursuite d’un blocus naval illégitime contre les navires et ports iraniens.
Dans ce contexte, l’Iran a créé la PGSA comme nouveau mécanisme institutionnel chargé de gérer et de superviser le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Dans son premier message publié sur X, l’autorité a indiqué que ce compte fournirait « des mises à jour en temps réel sur les opérations » dans cette voie maritime ainsi que sur les évolutions liées à la gestion du transit maritime.
Selon des responsables iraniens, ce nouveau canal de communication fait partie d’un système opérationnel plus large destiné à améliorer la coordination avec le transport maritime commercial.
Dans le cadre de ce mécanisme, les navires souhaitant traverser le détroit reçoivent directement des notifications électroniques précisant les règles, réglementations et procédures applicables avant leur passage.
