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Missile mortel à Dnipro : Un conseiller du Président ukrainien torpillé

Alexeï Arestovitch, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, a démissionné de son poste mardi après l'indignation suscitée en Ukraine par ses déclarations suggérant que le missile ayant tué au moins 41 personnes à Dnipro le 14 janvier aurait été abattu par la défense anti-aérienne ukrainienne, alors que Kiev a attribué la responsabilité de cette frappe meurtrière à l’armée russe.
Missile mortel à Dnipro

A.Arestovitch avait néanmoins attribué la responsabilité finale du drame à la Russie, qui, de son côté, a affirmé que c’était la défense aérienne ukrainienne qui était responsable d’avoir fait chuter le missile russe qui ne ciblait, selon Moscou, aucunement l’immeuble résidentiel.

Le conseiller de V. Zelensky a ainsi annoncé sa démission sur les réseaux sociaux en la qualifiant d’« exemple de comportement civilisé », après avoir présenté publiquement des excuses et être revenu sur ses propos dans un autre message sur Telegram. « Je présente mes sincères excuses aux victimes et à leurs proches, aux habitants de Dnipro et à quiconque a été profondément blessé par ma version préliminaire erronée au sujet de la raison de la frappe de missile russe sur un immeuble résidentiel », a-t-il encore écrit sur le réseau social.

Le conseiller démissionnaire a par ailleurs déploré avoir été la cible de propos « haineux », suite à ses propos, qu’il a lui-même qualifiés d’« erreur sérieuse ». Il a néanmoins mis en cause l’attitude de l’opposition ukrainienne qu’il a accusé de « diviser les Ukrainiens » en traquant les « traîtres », estimant que les luttes politiques internes étaient récupérées « par le Kremlin ».

Interrogé en conférence de presse ce 17 janvier sur cette démission, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a refusé de la commenter, soulignant qu’il se concentrait sur les « affaires intérieures » russes.

Le 15 janvier, au lendemain du drame de Dnipro, A. Arestovitch avait assuré que le missile en cause, bien que tiré selon lui par les forces russes, aurait en fait été abattu par l’armée ukrainienne avant de s’écraser sur l’immeuble. « Il a été abattu. Il est tombé sur l’entrée de l’immeuble, […] mais il a explosé quand il est tombé », avait-il expliqué en citant une information donnée par une connaissance dans l’armée lors d’une interview sur YouTube avec l’ancien avocat Mark Feyguine, désormais commentateur politique.  Il avait néanmoins attribué ensuite la responsabilité de la tragédie à Moscou, expliquant « que le drame n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu la frappe russe » et que « personne ne blâme l’Ukraine », comparant l’affaire à la chute d’un missile de la défense antiaérienne en Pologne qui avait tué deux personnes en novembre.

La version présentée par A. Arestovitch lui a valu des propos peu amènes de la part, notamment, de Borys Filatov, maire de Dnipro, qui a déclaré que le Service de sécurité ukrainien (SBU) et les services de contre-espionnage étaient «obligés de répondre» à des affirmations.

L’armée ukrainienne a affirmé pour sa part que l’immeuble résidentiel touché à Dnipro a été frappé par un missile russe Kh-22, précisant qu’elle n’était pas en capacité de les intercepter. Moscou a rejeté les accusations portées à son encontre : le porte-parole du Kremlin, lors d’une conférence de presse tenue le 16 janvier, a ainsi réaffirmé que « les forces armées russes ne frappent pas les immeubles résidentiels ou les infrastructures sociales », mais uniquement les « cibles militaires, qu’elles soient évidentes ou camouflées ». Et d’ajouter que « la tragédie [de Dnipro] a été le résultat de l’action d’un contre-missile de la défense aérienne [ukrainienne] ».

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