La corruption règne dans le secteur de la santé. C’est devenu un secret de polichinelle depuis En dépit du limogeage de nombre de directeurs du médicament et de la pharmacie, il faut croire que le ministère de la Santé n’arrive toujours pas à se départir de la mauvaise image qu’il projette auprès du grand public. La corruption a atteint des degrés tels qu’une mission d’enquête a été décidée par des parlementaires.
Ainsi, la mission exploratoire chargée d’examiner les marchés passés par le département de Khalid Ait Taleb pendant la pandémie du Covid a mis à nu d’innombrables dysfonctionnements et de violations du code des marchés publics. Ce qui devrait, selon ce rapport, faire l’objet d’une reddition des comptes, car le principe constitutionnel d’égalité des chances entre entreprises n’a nullement été respecté.
Ledit rapport a précisé que le ministère de la Santé, en violation de la loi, a passé des marchés pour l’acquisition de fournitures et de préparations médicales avec des sociétés inconnues qui n’ont pas de licences. Et fustigé les deux poids deux mesures dans le traitement des demandes d’enregistrement des opérateurs du secteur ainsi que le non-respect des règles de la concurrence libre et loyale.
La mission exploratoire a, en outre, relevé que le ministère a conclu des accords en négociation directe avec 45 entreprises dépourvues des licences et des autorisations nécessaires, tandis que d’autres ont été privées des licences exceptionnelles bien qu’elles ont en fait des demandes. Ce qui, ajoute le rapport, confirme sans équivoque le favoritisme envers certaines entreprises au détriment d’autres concernant les commandes publiques.
Le ministère a également accéléré les procédures d’autorisations exceptionnelles lors de la contractualisation avec les fournisseurs. Il a aussi eu recours à délivrance d’autorisations urgentes et dans certains cas à la délivrance d’autorisations postérieures à la conclusion des contrats avec certains fournisseurs.
Tout cela a été décrié par les professionnels dont une grande partie a constamment contesté le gel de leurs dossiers auprès de la Direction du médicament et de la pharmacie (DPM), mesure qui les privés de toute participation aux appels d’offres. Il va sans dire que la DMP qui joue un rôle crucial dans la configuration du marché pharmaceutique, en prend pour son grade. Surtout que le rapport a pointé du doigt la conclusion d’accords par le ministère pour des fournitures médicales sans préciser les spécifications exactes et requises et sans s’arrêter sur leur efficacité, comme les caméras thermiques et autres uniformes médicaux dont nul ne sait s’ils sont valables ou non. Et le chapelet des ratés ne se limite guère à ce niveau. En effet, le rapport souligne que le ministère s’est permis un dépassement injustifié des crédits financiers convenus et inclus dans son accord avec l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI), ce qui représente en soi une violation flagrante de ce qui est permis par le gouvernement.
Pour rappel, le ministre de la Santé n’a pas daigné répondre aux sollicitations des parlementaires pour qu’il puisse répondre aux charges qui pèsent sur son département. Certes, Khalid Aït Taleb a été conséquent avec lui-même en procédant au limogeage, fin 2019, de Jamal Taoufik chargé de délivrer les fameux Sésame, les autorisations de mise sur le marché (AMM) en l’occurrence. Il a suivi l’exemple d’Anas Doukali, son prédécesseur ; qui avait lui aussi congédié, en 2018, Omar Bouaza.
Persistera-t-on dans cette gabegie ad vitam aeternam ? A K. Aît Taleb d’y répondre.
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Marchés viciés au ministère de la Santé : Un rapport parlementaire accable K. Aït Taleb
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