Pour l’essence, souligne-t-on, les opérateurs ont amplifié la baisse de leurs coûts d’achat au profit des prix de cession, tandis que pour le gasoil, ils ont choisi d’absorber une hausse technique de leurs coûts sans la répercuter sur leurs partenaires. Cette politique tarifaire s’est traduite par une baisse généralisée des marges commerciales brutes des opérateurs par rapport au trimestre précédent, indique le Rapport, notant que la marge brute moyenne pondérée s’est ainsi établie à 1,23 dirham par litre pour le gasoil et à 1,85 dirham par litre pour l’essence sur les trois derniers mois de l’année, marquant un repli par rapport aux niveaux de 1,48 dirham et 2,10 dirhams observés au troisième trimestre 2025.
L’examen des indicateurs du gasoil mené par le Conseil de la concurrence met en évidence un effort d’absorption de la part des distributeurs. Selon le rapport, alors que les cotations internationales CIF (Coût, Assurance, Fret) ont enregistré un très léger recul de 0,09 dirham par litre, les coûts d’achat hors taxes supportés par les neuf opérateurs ont quant à eux progressé de 0,22 dirham par litre. Le document souligne à cet effet que cette augmentation de la base d’approvisionnement n’a pas été répercutée en aval, en ce sens que les prix de cession hors taxes appliqués aux stations-service en gérance libre ont au contraire diminué de 0,29 dirham par litre sur le trimestre.
Selon l’analyse du régulateur, ce décalage de 0,51 dirham par litre entre la hausse du coût d’achat et la baisse du prix de vente confirme que les distributeurs ont amorti l’évolution haussière de leurs coûts d’exploitation au cours de cette période. En conséquence, le rapport note que la marge brute sur le gasoil a suivi une trajectoire descendante, glissant de 1,29 dirham par litre début octobre pour finir à son niveau le plus bas de 0,87 dirham par litre à la fin décembre.
Marges élevées
Le Conseil révèle, en outre, que le marché de l’essence a fonctionné selon une dynamique inverse, caractérisée par une baisse accentuée des prix à la cession. Ainsi, la baisse de 0,28 dirham par litre des cotations internationales CIF a entraîné une baisse modérée de 0,10 dirham par litre des coûts d’achat réels des distributeurs.
Il souligne toutefois que ces derniers ont consenti une baisse beaucoup plus agressive sur leurs prix de cession aux stations-service, qui ont chuté de 0,48 dirham par litre.
Il ressort de l’analyse que malgré cette baisse de 0,38 dirham par litre au profit des réseaux de distribution, l’essence conserve des niveaux de rentabilité structurellement supérieurs à ceux du gasoil, le Conseil faisant état d’un différentiel moyen de 0,62 dirham par litre en faveur du super.
L’institution indique que la marge brute sur l’essence a oscillé autour de 1,99 dirham par litre en octobre avant de fléchir à son niveau plancher de 1,58 dirham par litre en fin d’année.
Enfin, en comparaison annuelle avec le T4 2024, le Conseil souligne des tendances contrastées : si la marge moyenne sur le gasoil se contracte légèrement en passant de 1,28 à 1,23 dirham par litre, celle de l’essence affiche une progression, passant de 1,67 à 1,85 dirham par litre.

