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Lorsque D. Trump évoque les négociations : Le prix du baril flanche…

by Perspectives Med
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Lorsque D. Trump évoque les négociations : Le prix du baril flanche…

Le baril de Brent, référence internationale du pétrole brut, a bondi de plus de 40% depuis le début du conflit. Le gaz européen, structurellement plus volatil, a lui vu son cours grimper de plus de 75%. Les exportations d’hydrocarbures des pays du Golfe, comme l’Arabie saoudite, l’Irak, ou le Qatar, sont en grande partie entravées par la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz par où transite habituellement environ 20% de la production mondiale de pétrole et du gaz naturel liquéfié.

« À ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils (de pétrole) par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies », a affirmé lundi Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), pointant une « menace majeure » sur l’économie mondiale.

Cette tension extrême explique la baisse violente des cours, qui étaient dopés par une « prime de guerre » très élevée (et le restent encore malgré tout).

Dès que Washington a laissé entrevoir une désescalade, les investisseurs se sont empressés de revendre leurs barils pour empocher leurs gains, provoquant ce dégonflement express des prix. Vers 15h20 GMT (16H20 à Paris), le baril de Brent chutait de 12,39% à 98,29 dollars, et le baril américain WTI perdait 11,59% à 86,85 dollars.

Pour tenter de forcer la réouverture du détroit d’Ormuz, D. Trump avait lancé samedi soir un ultimatum de deux jours à l’Iran, menaçant de frapper ses centrales électriques. Il a finalement fait marche arrière lundi, évoquant un report « de cinq jours » de la date butoir. « L’impression que ça donne est qu’on est proche de sa ligne rouge », explique à l’AFP John Plassard de Cité Gestion Private Bank.

Selon lui, une telle escalade, avec le risque de représailles iraniennes sur les infrastructures des pays du Golfe, propulserait « le brut à 150 dollars le baril, ce qui aurait des implications catastrophiques » sur l’économie… et sur l’opinion américaine, à quelques mois des élections de mi-mandat.

Le plongeon des cours lundi illustre le profond soulagement des investisseurs, rassurés de voir s’éloigner ce scénario catastrophe : une crise liée au transport maritime peut se résorber rapidement si la guerre prend fin, contrairement à une crise profonde causée par la destruction d’infrastructures énergétiques au Moyen-Orient, dont les répercussions dureraient des années.

Le marché peut supporter une perte provisoire de la production, mais il « ne peut pas vivre avec 10% de la production pétrolière mondiale perdue pendant des années », affirme à l’AFP Olé R. Hvalbye, analyste chez SEB.

Rien de garanti

Les « très bonnes » discussions revendiquées par D. Trump avec l’Iran ont suffi à déclencher des prises de bénéfices massives chez les investisseurs, mais il faut attendre de « bien cerner la situation dans son ensemble », tempère Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy, interrogé par l’AFP. D’autant que des médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont démenti lundi l’existence de ces négociations avec Washington.

Quoi qu’il en soit, une véritable détente des cours passera par un retour à la normale du trafic dans le détroit d’Ormuz et non par de simples déclarations, avertit O.R. Hvalbye.

En outre, même en cas de trêve rapide, les prix ne retrouveront probablement pas immédiatement leur niveau d’avant-guerre. Au moins 40 infrastructures énergétiques ont déjà été « gravement ou très gravement endommagées » dans neuf pays du Moyen-Orient, a rappelé le patron de l’AIE.

Et les pays importateurs ont déjà commencé à puiser dans leurs réserves stratégiques, qu’il faudra bien reconstituer une fois la crise passée, maintenant ainsi une pression à la hausse sur la demande.

Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a averti que le monde pourrait être confronté à la pire crise énergétique depuis des décennies en raison de la guerre au Moyen-Orient, qualifiant la situation de « très grave ». Lors d’un discours prononcé au National Press Club à Canberra, il a déclaré que les marchés ont perdu jusqu’à présent environ 11 millions de barils par jour. Ce niveau dépasse les pertes cumulées des deux crises pétrolières majeures des années 1970. Il a ajouté qu’au moins 40 sites énergétiques ont subi des dommages matériels importants, avertissant que l’économie mondiale fait face à une menace majeure résultant des perturbations actuelles, sur fond d’inquiétudes croissantes concernant les approvisionnements mondiaux. Et souligné que la pénurie de carburant devient un problème croissant en Asie, alors qu’aucun seuil de stabilisation des prix du pétrole brut n’est en vue en raison de l’incertitude qui domine les marchés.

Le directeur a précisé que l’Agence poursuit ses consultations avec les gouvernements à travers le monde pour suivre l’évolution de la crise. Il a affirmé que le recours à de nouveaux prélèvements sur les réserves pétrolières stratégiques reste une option envisageable si nécessaire.

Enfin, il a insisté sur le fait que la solution optimale à la crise actuelle réside dans la réouverture du détroit d’Ormuz, celui-ci étant l’un des passages les plus vitaux pour l’approvisionnement énergétique mondial.

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