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Législatives et parité : L’ADFM met au pilori les formations politiques

by Perspectives Med
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Législatives et parité : L’ADFM met au pilori les formations politiques

L’étude de l’ADFM a porté sur douze formations politiques à travers quinze indicateurs couvrant l’ensemble du parcours électoral des candidates : procédures d’investiture, accès aux ressources, accompagnement, visibilité médiatique et politique, ainsi que dispositifs de prévention des violences politiques.

Premier enseignement : le manque de transparence demeure un obstacle majeur. Selon le baromètre, 41,7 % des partis ne disposent pas d’informations suffisantes permettant d’évaluer la transparence des critères de sélection des candidates dans les circonscriptions régionales. Plus frappant encore, 91,7 % des formations ne fournissent pas de données exploitables sur les mécanismes de soutien financier accordés aux candidates, rendant difficile toute évaluation des conditions réelles de la compétition électorale féminine.

L’analyse du degré d’engagement des partis en faveur de l’autonomisation politique des femmes révèle des résultats contrastés. Ainsi, 58,3 % des formations obtiennent un niveau faible concernant l’accumulation de l’expérience des candidatures féminines, contre 25 % classées au niveau bon et 16,7 % au niveau moyen. La même tendance apparaît dans l’intégration de la promotion politique des femmes au sein des politiques partisanes : la moitié des partis observés se situent au niveau faible, tandis que 33,3 % atteignent un niveau moyen et seulement 16,7 % un niveau satisfaisant.

Les positions partisanes sur la réforme électorale et l’intégration des principes d’égalité et de parité ne semblent pas davantage consolidées. Le baromètre classe 41,7 % des partis au niveau faible, contre 25 % au niveau moyen et 16,7 % au niveau bon. Faute de données disponibles, 16,7 % des formations n’ont pas pu être évaluées.

Filtration opaque

La question des investitures apparaît comme l’un des points centraux de l’évaluation. Si 33,3 % des partis obtiennent un niveau jugé bon en matière de transparence des critères de sélection des candidates dans les circonscriptions régionales, 41,7 % demeurent impossibles à évaluer en raison de l’absence d’informations disponibles. Seuls 16,7 % sont classés au niveau faible, tandis qu’un seul parti atteint le niveau moyen. Pour l’ADFM, cette insuffisance documentaire constitue en elle-même un indicateur problématique. La publication de critères clairs, accessibles et vérifiables fait partie intégrante de l’égalité des chances dans l’accès aux candidatures.

L’association relève également que certaines observations laissent entrevoir l’influence de considérations financières dans quelques processus d’investiture. Elle précise toutefois que les données recueillies ne permettent ni de généraliser ces situations ni d’y voir une pratique commune à l’ensemble des partis.

Quant à la présence féminine dans les circonscriptions législatives locales, les résultats apparaissent mitigés : 16,7 % des partis atteignent un niveau bon, tandis que 33,3 % se situent respectivement aux niveaux moyen et faible. Là encore, 16,7 % des formations n’ont pu être évaluées. L’ADFM rappelle que le nombre de candidates constitue un indicateur insuffisant pour mesurer les opportunités réelles de compétition électorale. La nature de la circonscription, la position occupée sur la liste, la présidence de celle-ci ou encore son degré de compétitivité jouent également un rôle déterminant. L’évaluation des candidatures féminines issues des instances dirigeantes montre que 25 % des partis atteignent un niveau bon et autant un niveau moyen, tandis que 33,3 % demeurent au niveau faible. Pour 16,7 % des formations, les données disponibles n’ont pas permis d’établir une évaluation.

Le constat est encore plus marqué concernant le renouvellement des anciennes parlementaires. Aucun parti n’atteint le niveau bon. La moitié des formations sont classées au niveau moyen, 33,3 % au niveau faible, tandis que 16,7 % restent non évaluables.

Appui défaillant

Le soutien financier apparaît comme le principal angle mort du système observé. Dans cet indicateur, 91,7 % des partis sont classés dans la catégorie « données non disponibles ». Seuls 8,3 % atteignent un niveau moyen, sans qu’aucune formation ne soit classée aux niveaux bon ou faible.

L’ADFM souligne toutefois que cette absence d’informations ne signifie pas nécessairement l’absence de soutien financier. Elle traduit avant tout l’impossibilité de documenter son existence, ses modalités et les critères permettant d’en bénéficier.

La situation est comparable concernant le soutien technique, organisationnel et l’accompagnement accordés aux candidates. Près de 41,7 % des partis n’ont pu être évalués, tandis que 33,3 % obtiennent un niveau faible, contre 16,7 % au niveau bon et 8,3 % au niveau moyen. Pour l’association, l’investiture ne garantit pas à elle seule des conditions de concurrence équitables. Les capacités de formation, d’encadrement, de gestion de campagne et d’accès aux réseaux partisans demeurent des facteurs déterminants pour une participation effective.

Le baromètre met également en évidence une faible mise en avant des candidates dans la communication des partis. Ainsi, 41,7 % des formations enregistrent un niveau faible dans la valorisation de leurs candidates sur les plateformes nationales et territoriales. À l’inverse, 25 % atteignent un niveau bon et autant un niveau moyen, tandis qu’un parti n’a pu être évalué.

Des proportions quasiment identiques sont observées concernant la présence des candidates dans les activités électorales et partisanes : 41,7 % des partis se situent au niveau faible, contre 25 % aux niveaux bon et moyen, tandis que 8,3 % restent non évaluables. Le traitement de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le discours politique des partis apparaît également limité. Près de 58,3 % des formations obtiennent un niveau faible sur cet indicateur, contre 25 % au niveau bon et 16,7 % au niveau moyen.

Violence politique transverse

Le chapitre consacré à la violence politique à l’égard des femmes constitue l’un des constats les plus sévères du rapport. Trois quarts des partis, soit 75 %, obtiennent un niveau faible concernant la gestion des plaintes liées aux violences politiques, contre seulement 25 % classés au niveau bon. Plus significatif encore, les deux indicateurs portant sur la prévention de ces violences ainsi que sur les mécanismes de signalement et de prise en charge aboutissent à un constat unanime : les douze partis observés sont tous classés au niveau faible.

Au terme de son analyse, le baromètre identifie cinq enseignements majeurs. Le premier concerne le décalage persistant entre les engagements affichés en faveur de l’égalité et leur traduction concrète dans les pratiques partisanes. Le deuxième souligne que l’augmentation du nombre de femmes candidates ne garantit ni l’accès effectif à la compétition électorale ni l’influence dans la décision politique. Le troisième rappelle que l’investiture ne suffit pas à assurer l’égalité des conditions de participation, en particulier dans un contexte marqué par le manque d’informations sur les ressources financières, techniques et organisationnelles. Le quatrième met en évidence le fait que la visibilité des femmes durant la campagne électorale ne se traduit pas nécessairement par une capacité équivalente à produire du discours politique ou à peser dans le débat public.

Enfin, le cinquième constat, plus transversal, concerne la faiblesse généralisée des mécanismes de protection contre les violences politiques, un domaine dans lequel l’ensemble des partis évalués enregistrent des résultats insuffisants.

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