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Le dialogue social reprend sur fond de colère sociale: L’Exécutif lance le premier round

Le dialogue social a démarré à Rabat. Plusieurs réunions ont été tenues jeudi 24 et vendredi 25 février entre l’exécutif et les syndicats les plus représentatifs, -l’Union marocaine du travail (UMT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et la Confédération démocratique du travail (CDT)-, en présence de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM).

Les trois centrales, l’UMT, l’UGTM et la CDT ont mis en avant, lors du premier round du dialogue social avec le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, la nécessité de parvenir à un accord sur un « contrat social » qui répondrait aux revendications principales des fonctionnaires, des salariés et des citoyens en général.
Lors de ces premières réunions auxquelles ont également pris part Younes Sekkouri, ministre de l’inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, Ghita Mezzour, ministre déléguée auprès du chef du gouvernement chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration, et Mustapha Baitas, ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, décision a été prise d’institutionnaliser la méthodologie du travail afin de garantir le succès du dialogue social.
Les trois centrales syndicales étaient représentées par Miloudi Moukharik, secrétaire général de l’UMT, Naama Mayara, secrétaire général de l’UGTM, et de Khalid Houir Alami, vice-secrétaire général de la CDT, accompagné de Boukhalfa Boucht, au même titre que la Confédération patronale, représentée par son président Chakib Alj et du président de la Commission sociale à la CGEM, Hicham Zouanat. « Il est nécessaire d’atteindre un équilibre entre les différentes parties dans le cadre du dialogue social », a indiqué, vendredi à Rabat à l’issue de sa rencontre avec le chef du gouvernement, A. Akhannouch, le président de la CGEM, tout en ajoutant être « disposé à œuvrer de concert avec tous les partenaires sociaux pour renforcer la dynamique de création d’emplois et contribuer à la réalisation du développement économique », dans le cadre du premier round du dialogue social.
M. Moukharik a indiqué que sa centrale a présenté à cette occasion « un mémorandum global sur la démarche du dialogue, les revendications des secteurs public et privé outre la situation de certaines caisses sociales ». Et appelé le gouvernement à « lancer des négociations sectorielles afin de parvenir à des consensus aux revendications urgentes exigées par la classe ouvrière », rappelle le chef de file de l’UMT.
Pour sa part et dans cette perspective, N. Mayara espère que ces réunions puissent déboucher sur « des résultats positifs en faveur de la classe ouvrière, de la paix sociale, de la stabilité et du développement socio-économique », qualifiant cette rencontre avec le chef du gouvernement de « fructueuse ».
Côté CDT, K.H. Alami a indiqué que l’heure était venue « d’entamer l’élaboration d’une vision commune entre les centrales syndicales les plus représentatives, les chefs d’entreprises et le gouvernement en vue de mettre en place un programme spécifique concernant l’institutionnalisation du dialogue social ». Il a en outre noté que « le contexte général oblige toutes les institutions, notamment dans le cadre du dialogue social, à prêter attention à la hausse des prix et à la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des citoyens ».
Y. Sekkouri a assuré que le gouvernement est bien déterminé à asseoir les fondamentaux d’un État social malgré les difficultés posées, et ce, conformément aux Hautes orientations ooyales. G. Mezzour s’est déclarée satisfaite de ce premier round du dialogue social qui s’est déroulé, assure-t-elle, dans une ambiance marquée par des échanges positifs et responsables et une confiance mutuelle, illustrant le souhait de tous de parvenir à des résultats concrets. Prévoyant le démarrage sous peu des négociations sectorielles, elle a souligné que « le gouvernement est bien disposé à œuvrer de concert avec toutes les parties pour parvenir à un accord dans les plus brefs délais ».
M. Baitas a assuré de son côté que « toutes les parties ont convenu d’institutionnaliser la démarche du dialogue social en veillant à l’entourer de toutes les garanties de réussite, de telle sorte à déboucher sur des accords précis et réalistes, à même d’amener les citoyens à en percevoir l’importance et le lien direct avec leurs préoccupations quotidiennes et professionnelles ».
Au terme de ce premier round il a été convenu, selon le porte-parole, de constituer un comité consultatif présidé par A. Akhannouch et composé des Secrétaires généraux des syndicats les plus représentatifs et du patronat et des ministres présents. Deux autres comités ont été également créés. Celui du secteur privé, présidé par Y. Sekkouri et public présidé quant à lui par G. Mezzour. Un comité technique pour l’opérationnalisation des accords est en train d’être mis en place.
Les priorités vont au dossier social, et des actions concrètes sont attendues dans les jours à venir pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen, y compris le soutien au monde rural et en particulier aux agriculteurs en conformité avec les hautes instructions royales, a souligné le Chef du gouvernement. En outre, les discussions sur le projet de la loi organique sur le droit de grève, les organisations syndicales et l’amendement du Code du travail seront incessamment lancées.

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