Le ministère palestinien des Affaires étrangères a dénoncé les actions de l’armée israélienne à Gaza, affirmant que la destruction de bâtiments dans la ville contraint les Palestiniens à fuir ou à s’enfermer dans un « cercle de la mort » entouré de bombardements et de pénuries alimentaires. Comme il a souligné que la multiplication des attaques contre les maisons et immeubles de Gaza accroît considérablement les risques pour la vie des habitants.
700 jours après l’agression sioniste, l’armée d’occupation tente de concentrer plus d’un million de Palestiniens dans une zone restreinte représentant seulement 12 % de la bande de Gaza, afin de les forcer à l’exode le plus rapidement possible. L’armée israélienne, qui dit contrôler environ 75% de la bande de Gaza et 40% de Gaza-ville, dit vouloir s’emparer de cette agglomération qu’elle présente comme le dernier grand bastion du Hamas dans le territoire palestinien. Selon un haut responsable militaire israélien, « un million » de personnes pourraient quitter Gaza-ville dans le nord en direction du sud du territoire.
Avant l’attaque, Yisrael Katz, ministre israélien de la Défense, avait menacé de « déclencher les portes de l’enfer » à Gaza, promettant d’intensifier les bombardements dans le cadre de l’occupation. L’armée sioniste a également annoncé qu’elle viserait dorénavant les immeubles de grande hauteur dans le cadre de ses opérations à l’intérieur de la ville.
A signaler que le gouvernement de Gaza a annoncé que 73 731 Palestiniens ont perdu la vie dans la bande de Gaza, y compris ceux restés sous les décombres, en raison du blocus israélien et des attaques menées depuis 700 jours. Dans un communiqué du Bureau des médias, il a été indiqué qu’Israël, profitant du silence international et de la complicité de la communauté internationale, perpétrait depuis 700 jours des crimes de génocide et de nettoyage ethnique à Gaza. Il est précisé que plus de 2,4 millions de civils sont visés dans la bande de Gaza.
Le communiqué indique que l’armée israélienne a détruit environ 90 % des infrastructures de Gaza, provoquant des pertes matérielles évaluées à 68 milliards de dollars (environ 61,9 milliards d’euros) et contrôlant plus de 80 % du territoire. « L’occupant israélien a commis pendant cette période des massacres sanglants ayant entraîné la mort ou la disparition de 73 731 Palestiniens, dont plus de 20 000 enfants et 12 500 femmes », est-il précisé. Il est également signalé que 2 700 familles ont été totalement anéanties et rayées des registres, que 1 670 professionnels de santé, 248 journalistes, 139 membres de la défense civile et 173 employés municipaux ont été tués. Plus de 162 000 personnes ont été blessées, dont des milliers souffrent de perte de membres, de paralysie ou de cécité.
Le communiqué accuse Israël de commettre à Gaza un crime systématique de déplacement forcé, empêchant les Palestiniens de retourner chez eux et visant des infrastructures essentielles. Cette situation constitue une violation manifeste des Conventions de Genève et du Statut de Rome, et relève de « crimes de guerre et de crimes contre l’humanité » devant engager la responsabilité internationale.
Il est précisé que 38 hôpitaux, 833 mosquées et 163 établissements scolaires ont été entièrement détruits, que des milliers d’autres ont subi d’importants dommages et que la population civile est soumise à une « politique systématique de famine » sous stricte surveillance. L’accès à l’aide humanitaire est bloqué par Israël, menaçant la vie de plus de 2,4 millions de Palestiniens, dont plus d’un million d’enfants vivant au seuil de la famine. Israël et ses alliés, dont les États-Unis, sont tenus responsables de ces crimes. Aux USA, plus de 2.000 manifestants qui exprimaient leur opposition au déploiment de la garde nationale dans la capitale Washington ont été arrêtés. Donald Trump, inconditionnel allié de Benyamin Netanyahu, n’a rien trouvé de mieux à dire sur le génocide en cours dans l’enclave palestinienne que plus « d’otages retenus à Gaza pourraient être morts » dans le sillage de l’opération « Chariots de Gédéon 2 ». A Bruxelles, Teresa Ribera Rodriguez, vice-présidente de la Commission européenne, a signalé, elle, que le génocide à Gaza révèle l’impuissance de l’Europe à agir d’une voix unie en raison des divisions sur la guerre.
Le communiqué appelle les pays arabes et islamiques, la communauté internationale et l’ONU à prendre des mesures urgentes, sérieuses et efficaces pour stopper les attaques, lever le blocus, permettre le retour des déplacés et traduire les dirigeants israéliens en justice pour crimes de guerre.
En Cisjordanie, les forces d’occupation ont blessé trois Palestiniens et en ont détenu 18 autres lors d’une série de raids à travers la Cisjordanie samedi, tandis que des colons illégaux ont mené de nouvelles attaques contre des terres agricoles et des communautés bédouines dans le territoire occupé. Selon des sources locales, trois jeunes hommes ont été touchés par des tirs dans la ville de Nilin, à l’ouest de Ramallah, après des affrontements survenus lors d’une incursion militaire.
Dans la ville d’Anata, au nord-est de Jérusalem, un grand nombre de soldats ont pris d’assaut des maisons et arrêté au moins 16 Palestiniens après des interrogatoires sur le terrain, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa. Deux autres ont été arrêtés à un poste de contrôle israélien près de Naplouse alors qu’ils se trouvaient dans un taxi. Par ailleurs, les forces israéliennes ont perquisitionné des habitations et installé des barrages routiers à Hébron, où les habitants ont rapporté des dégâts matériels et du harcèlement. Pas moins de 20 Palestiniens ont été blessés dont un enfant dans une attaque de colons israéliens contre le village Khallat al-Dabaa dans le gouvernorat d’al-Khalil au sud, pour les obliger à le quitter.
L’organisation Al-Baidar, qui surveille les droits des Bédouins, a indiqué que des colons illégaux ont incendié deux structures agricoles dans la communauté bédouine d’Al-‘Arara, à l’est de Jérusalem. Dans le village de Shalal al-Auja, au nord de Jéricho, des colons armés ont laissé du bétail dans des zones résidentielles palestiniennes, causant des dégâts matériels.
La Commission de résistance aux murs et aux colonies du gouvernement palestinien a indiqué que les forces israéliennes et les colons illégaux ont mené 1 613 attaques contre des Palestiniens et leurs biens à travers la Cisjordanie rien qu’en août, dont 431 menées par des colons illégaux. Elle a précisé que ces attaques se produisent « presque quotidiennement » dans le cadre d’une stratégie visant à chasser les Palestiniens de leurs terres.
Pour rappel, depuis octobre 2023, date du lancement par Israël de sa guerre génocidaire contre la bande de Gaza, au moins 1 018 Palestiniens ont été tués et plus de 7 000 blessés en Cisjordanie par les forces israéliennes et des colons illégaux, selon le ministère palestinien de la Santé. Dans un avis historique rendu en juillet, la Cour internationale de Justice a déclaré illégale l’occupation israélienne des territoires palestiniens et a appelé à l’évacuation de toutes les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
