Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a critiqué la décision des autorités libanaises de négocier directement avec l’ennemi israélien et fustigé leur refus d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu en cours de négociation entre l’Iran et les Etats-Unis au Pakistan. « Entamer des procédures concrètes constitue une violation flagrante de la Charte, de la Constitution et des lois libanaises, ainsi qu’une manipulation du destin et de l’avenir du pays », a-t-il affirmé samedi.
Vendredi soir, la présidence libanaise a révélé avoir autorisé Nada Hamadeh, ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, à téléphoner, une première du genre, à l’ambassadeur d’Israël Yehiel Leiter.
H. Fadlallah a averti que « cette décision exacerbe les divisions internes à un moment où le Liban a plus que jamais besoin de solidarité et d’unité nationale pour faire face à l’agression israélienne et préserver la paix civile et la coexistence de son peuple ».
« Ce que l’ennemi n’a pas réussi à obtenir sur le champ de bataille aux portes de nos villages frontaliers, grâce à la bravoure des résistants, il ne l’obtiendra pas par la négociation avec une autorité qui ne maîtrise pas ses propres décisions, qui a abandonné ses devoirs les plus fondamentaux, qui n’a pas su protéger son peuple, qui n’est pas digne de confiance en matière de protection de la souveraineté nationale », a-t-il aussi affirmé, rappelant que la résistance perdurera tant que ce peuple existera et toute autorité est éphémère.
Concernant le refus de « cette autorité de saisir l’opportunité » offerte par l’Iran d’inclure le Liban dans le cessez-le-feu qu’il négocie avec les Etats-Unis au Pakistan, le député a ajouté: « Elle a ignoré cette honorable position iranienne et s’est employée à la saboter pour des raisons non libanaises, et ce, au prix du sang des Libanais, en prolongeant l’agression ».
Selon l’agence Axios, « le Liban a proposé à Israël un retour à l’accord de novembre 2024 et de se contenter de viser les menaces imminentes du Hezbollah ».
Ali Akbar Velayati, ancien ministre iranien des Affaires étrangères, a exhorté Nawaf Salam, Premier ministre libanais, à ne pas ignorer le « rôle exceptionnel » de la Résistance islamique au Liban, l’avertissant que cela pourrait exposer le Liban à des risques sécuritaires irréparables. Dans un message publié sur la plateforme « X », il a souligné que la stabilité du Liban est liée à l’intégration des efforts du gouvernement et de la résistance.
Une manifestation a eu lieu samedi après-midi au centre de Beyrouth, a proximité du siège du gouvernement pour protester contre les négociations avec l’ennemi israélien. Le mot d’ordre de la manif a été : « Ni musulmans ni chrétiens… Nous ne voulons pas de paix avec Israël ». Des drapeaux libanais et iraniens ont été brandis ainsi que les bannières du Hezbollah, du mouvement Amal et du courant du Futur. Des roses jaunes ont été offertes aux éléments des forces de l’ordre qui protègent le bâtiment gouvernemental.
Cheikh Maher Hammoud, chef de l’Union mondiale des Oulémas de la résistance, a lui aussi critiqué la décision du président et de son Premier ministre. « Quel que soient les concessions que vous consentirez, l’ennemi sioniste ne sera jamais satisfait », a dénoncé cheikh Hammoud. « Ce que font les responsables au Liban nous pousse à dire que l’ennemi pourrait se trouver au sérail ou dans un bâtiment étatique ».
Salam a reporté son voyage aux Nations Unies et aux États-Unis. Dans un message publié sur la plateforme X , il a déclaré que ce report est dû à la situation intérieure actuelle et à son souci de remplir pleinement son devoir de « préserver la sécurité et l’unité du peuple libanais ».
Samedi ont eu lieu les obsèques des 13 éléments des forces de l’ordre tombés en martyrs jeudi dans un raid israélien sur le sérail gouvernemental de la ville de Nabatiyeh au sud du Liban.
Média de guerre de la Résistance islamique a publié vendredi un clip vidéo provocateur à l’adresse des soldats ennemis israéliens les sommant de sortir de leurs gites. Ses opérations ont connu une importante hausse ces deux derniers jours au cours desquelles elle en a revendiqué 140, la majeure partie contre des sites dans les territoires palestiniens occupés. Intitulé « Sortez de vos gites espèce de lâches », le clip montre surtout les images des chars Merkava et de véhicules militaires frappés à l’aide de drones kamikazes durant l’opération Al-‘Asf al-Ma’koul (Paille Rongée) lancée depuis le 2 mars.
Vendredi, Média de guerre a publié 70 communiqués militaires sur le cours de opérations au sud-Liban contre les tentatives d’invasion israéliennes durant les dernières 24 heures. Il précise que ces opérations s’inscrivent dans « la défense du Liban et de son peuple, et une riposte à la violation de l’ennemi de l’accord de cessez-le-feu et ses agressions continues contre les villages du sud » Son infographie précise que la majeure partie de opérations, 47, ont frappé dans les territoires palestiniens occupés sur une profondeur de 150 km : dont 4 bases, 4 casernes militaires, ainsi que 3 positions frontalières et 36 colonies et villes israéliennes, dont Kiryat Shmona, Nahariyya, la ville de Safed…
L’armée israélienne a indiqué que des dizaines de roquettes ont été tirées depuis le Liban vendredi visant la base Sharaga et ses forces à Bint Jbeil. « Ces tirs confirment que les capacités militaires de la résistance en roquettes, missiles et drones n’ont pas été affectées », estime l’analyste Talal Nahlé sur sa page Telegram. « Ce qui illustre qu’Israël est toujours incapable de protéger ses colonies ».
L’infographie de Média de guerre précise aussi que les 23 opérations en territoire libanais ont repoussé les tentatives de progression de l’armée ennemie. Un char Merkava et un hummer ont été frappés. 54 salves de roquettes et 15 drones kamikazes ont été utilisés durant ces opérations.
Les observateurs rapportent que les combats font toujours rage autour de la localité de Bint Jbeil que les forces ennemies tentent d’investir depuis deux axes pour la couper en deux, tandis que la résistance bombarde ses troupes. Ces observateurs constatent que ces dernières tentent de prendre la place du Triangle de la libération où le Martyr suprême sayyed Hassan Nasrallah avait prononcé son discours de la victoire en l’an 2000, décrivant Israël comme étant plus fragile que la toile d’araignées.
Jeudi, la résistance avait revendiqué 72 opérations, au cours desquelles elle a attaqué 36 fois les tentatives de progressions ennemies dans les territoires libanais et pris pour cible 36 positions et colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupées.
