Les militants de la flottille pour Gaza ont annoncé mercredi soir dans un communiqué son interception « par les forces navales israéliennes ». « Vers 20 h 30, heure de Gaza (17 h 30 TU) plusieurs navires de la flottille Global Sumud notamment l’Alma, le Sirius et l’Adara ont été illégalement interceptés et abordés par les forces d’occupation israéliennes dans les eaux internationales », a indiqué Global Sumud. « Outre les bateaux dont l’interception est confirmée, la retransmission en direct et les communications avec plusieurs autres bateaux ont été perdues », a ajouté la même source dans un communiqué intitulé : « la flottille mondiale Sumud interceptée ».
La flottille « Sumud » est la plus grande opération maritime civile de ce type comptant plus de 50 bateaux et impliquant des milliers de participants venus de plus de 46 pays. La flottille compte également 497 activistes à son bord. Selon la dernière publication des activistes sur les réseaux sociaux, des navires inconnus se sont approchés de plusieurs bateaux de la flottille, certains avec les feux éteints. Les participants ont appliqué les protocoles de sécurité en prévision d’une interception. « Les navires ont maintenant quitté la flottille. Nous poursuivons notre route vers Gaza, approchant la barre des 120 milles nautiques, près de la zone où les flottilles précédentes ont été interceptées et/ou attaquées », indique le communiqué.
Selon Drop Site News, « des navires de la marine israélienne seraient en route pour intercepter la Flottille Global Sumud. Aucun navire n’a encore été arraisonné, mais la vidéosurveillance sur plusieurs bateaux a été perturbée. Les participants se préparent à l’interception. »
Le président colombien Gustavo Petro a souligné dans son dernier communiqué : « Toute attaque israélienne contre la flottille civile, humanitaire et non violente Global Sumud constituerait une violation flagrante du droit international et un crime contre l’humanité. »
Lancées en juillet 2025, dans un contexte de l’intensification de la crise humanitaire à Gaza, cette mission vise à fournir une aide de première nécessité, comprenant de la nourriture, des fournitures médicales et d’autres articles de secours, tout en défiant le blocus naval israélien de Gaza.
Dans leur mise à jour urgente, les organisateurs ont averti que la flottille pourrait être confrontée à une attaque israélienne dès ce soir ou demain, appelant les citoyens du monde entier à exercer des pressions sur leurs gouvernements pour garantir un passage en toute sécurité. « Une attaque contre la flottille est une attaque contre la Palestine », a souligné le communiqué, mettant en avant l’importance symbolique et pratique de la mission pour soutenir plus de deux millions de Gazaouis, qui continuent de subir de graves pénuries d’eau, de soins de santé et de produits de première nécessité en raison du blocus brutal israélien imposé depuis 2007. Les activistes ont réaffirmé que briser le siège est un « devoir moral et légal » en vertu du droit international, refusant d’abandonner leur cap malgré les risques croissants.
Ces dernières semaines, des bateaux ont signalé de multiples attaques de drones israéliennes dans les eaux internationales, notamment des frappes au large des côtes tunisiennes et grecques en septembre 2025, impliquant des engins incendiaires, des bombes sonores et d’autres munitions ayant provoqué des incendies, mais sans faire de blessés.
Les organisateurs de la flottille et leurs partisans, y compris Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies, ont appelé à une protection internationale. Surtout que les responsables israéliens, dont le sinistre Itamar Ben-Gvir, ont promis d’empêcher le convoi d’atteindre Gaza, qualifiant les participants de « terroristes potentiels » et promettant de saisir les bateaux et d’emprisonner les militants.
Les porte-paroles de la flottille ont rejeté ces allégations infondées du régime israélien, les qualifiant de propagande visant à justifier l’agression.
Les Palestiniens de Gaza sont confrontés au génocide, à la dévastation et à la famine. Des enquêteurs de l’ONU ont récemment conclu qu’Israël commet un génocide à Gaza, où plus de 66 000 personnes ont été massacrées depuis octobre 2023. Le blocus israélien de l’aide humanitaire a privé les 2,2 millions d’habitants de Gaza d’un accès suffisant à la nourriture, à l’eau potable et aux médicaments, des conditions qui, selon les responsables de l’ONU, ont atteint une « ampleur cauchemardesque ».
