Fatima Tamani, députée de la Fédération de Gauche Démocratique (FGD), a adressé une question écrite à Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, sur cette scandaleuse affaire. Le texte condamne « un mariage qui encourage à l’esclavage ». « Offrir des cadeaux « humains » » à la fille du président de la Chambre des conseillers « a soulevé l’ire de l’opinion publique marocaine », a noté la parlementaire de gauche.
« Ce comportement contrevient à tous les accords internationaux, pénalisant toutes les formes de discrimination et d’esclavage, que le Maroc a signés », relève la député qui rappelle qu’une telle pratique est incompatible avec « le préambule de la Constitution » qui souligne la nécessité de « protéger et promouvoir les dispositifs des droits de l’Homme et du droit international humanitaire et contribuer à leur développement dans leur indivisibilité et leur universalité.» Le même préambule de loi fondamentale de 2011 appelle, en sus, à « bannir et combattre toute discrimination à l’encontre de quiconque, en raison du sexe, de la couleur, des croyances, de la culture, de l’origine sociale ou régionale, de la langue, de l’handicap ou de quelque circonstance personnelle que ce soit ».
F. Tamni interpelle sur « la nature des mesures que le ministère de la Justice prendra face à ces pratiques qui ramènent le Maroc à des époques révolues d’esclavage et de violation des droits de l’Homme, en violation flagrante de ce que stipule la Constitution du pays et des conventions internationales ratifiées par le Maroc ».
A rappeler que la Fédération des Ligues des Droits des Femmes a demandé aux autorités publiques « d’ouvrir une enquête impartiale et urgente et de riposter rapidement contre les personnes impliquées dans ce crime », survenu lors dudit mariage.
En décembre 2016, la loi 27-14 portant sur la lutte contre la traite des êtres humains a été promulguée dans le pays. Le texte relève que « l’exploitation comprend également l’exploitation par le travail forcé, la servitude, la mendicité, l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage ». L’infraction de la traite des êtres humains « est punie de l’emprisonnement de 20 à 30 ans et d’une amende de 200.000 à 2.000.000 de dirhams », selon la même loi.
