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La bande de Gaza toujours sous les bombes : Washington persiste à protéger Israël

L’administration US s’englue de plus en plus dans le conflit israélo-palestinien dont le débordement régional reste, pour l’heure, circonscrit aux seuls pays qui se sont portés solidaires, par les armes, de la cause palestinienne. Les preuves s’accumulent au fil des jours.
La bande de Gaza toujours sous les bombes : Washington persiste à protéger Israël

Antony Blinken, secrétaire d’État américain « continue de faire l’équilibriste » au moment d’évoquer la violation ou pas des droits humains par Israël, signale Politico. Invité de l’émission Face the Nation sur la chaîne CBS, il est revenu dimanche e sur le rapport de l’administration remis vendredi au Congrès et dont les conclusions ne sont pas définitives. « Le rapport souligne certaines des inquiétudes que nous avons concernant l’assistance humanitaire, particulièrement dans les mois qui ont suivi le 7 octobre. Il était raisonnable de considérer que, dans certains cas, Israël a agi d’une façon non conforme au droit humanitaire international », a-t-il expliqué, parlant « de la mort horrible de civils innocents ». Il a nuancé ses propos en évoquant les méthodes du Hamas, en raison desquelles il est « très difficile de déterminer, au milieu d’une guerre, exactement ce qu’il s’est passé et d’arriver à des conclusions globales à partir d’un incident ». Le chef de la diplomatie US a aussi reproché à Israël de ne pas avoir encore proposé de « plan crédible pour la sécurité, la gouvernance et la reconstruction à Gaza ».

De son côté, Joe Biden se retrouve de plus en plus isolé, face aux critiques de toutes parts sur sa gestion de la guerre à Gaza. Certains l’accusent de soutenir un génocide quand d’autres estiment qu’il n’aide pas assez Israël.  Pour les républicains et les groupes pro-israéliens, le président américain a « abandonné Israël ». Donald Trump l’a fait clairement savoir après que le démocrate a prévenu qu’il pourrait priver Tel-Aviv des bombes si l’armée israélienne attaquait Rafah en l’accusant de « prendre le parti » du Hamas. « Ce que fait Biden à propos d’Israël est une honte, a lancé le candidat républicain à la présidentielle, il a totalement abandonné Israël ». Cette position provoque aussi la colère de certains des plus gros donateurs pro-israéliens du président démocrate. « L’énorme pression financière et politique exercée par l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) à Washington est le facteur le plus important qui empêche un grand nombre de représentants démocrates de s’opposer à la guerre d’Israël à Gaza », déclare à CNN  Waleed Shahid, qui a occupé des postes de direction dans de nombreuses organisations libérales et a participé activement à l’organisation de l’opposition à la guerre.

J. Biden a estimé samedi qu’un cessez-le-feu était possible « demain » si les otages retenus à Gaza sont relâchés. Le Hamas a répondu dimanche que ces déclarations constituaient « un revers» pour les négociations en vue d’une trêve dans la bande de Gaza. «Nous condamnons cette position du président américain, nous la considérons comme un revers par rapport aux résultats du dernier cycle de négociations », durant lequel le Hamas a accepté une proposition des médiateurs, a déclaré le mouvement palestinien. Il a ajouté que le Premier ministre israélien s’était « empressé de faire capoter » les pourparlers en attaquant Rafah.

Même dans son propre camp, le président américain essuie les critiques, . sénateurs et représentants de son parti réclament que l’aide apportée à Israël soit conditionéé. Une option pour le moment écartée par le locataire de la Maison Blanche.

Dans le même temps, les décisions de l’administration ne suffisent guère à calmer la colère des groupes et manifestants pro-palestiniens, parmi lesquels une majorité de jeunes, des électeurs clés pour J. Biden La Maison Blanche est « apparemment convaincue qu’elle va traverser cette tempête et malgré tout gagner contre Donald Trump en novembre. […] C’est une dangereuse erreur de calcul », écrit James Zogby, président de l’Arab American Institute, une association qui représente les Américains d’origine arabe.

Le soutien bipartisan dont bénéficiait le numéro un américain dans les premières semaines qui ont suivi le 7 octobre a disparu, sa cote de popularité est la plus basse pour un président des États-Unis depuis 75 ans. À six mois de son face-à-face électoral avec D. Trump, J. Biden est sous pression.

Le Hamas a estimé que la position du locataire du Bureau Ovale sur le cessez-le-feu à Gaza constituait « une rétraction » par rapport aux résultats du dernier round des négociations tenues au Caire. Dénonçant cette position, il a rappelé avoir fait preuve tout au long des négociations de la souplesse nécessaire pour parvenir à un accord, souligne par ailleurs que l’escalade sanguinaire perpétrée par Israël dans les différentes régions de la bande de Gaza confirme la volonté de Benyamin Netanyahu de poursuivre la guerre génocidaire contre Gaza.

Le Hamas estime, en outre, que « la position de Biden confirme le parti pris américain pour la politique criminelle menée par le gouvernement nazi-sioniste » tout en « poursuivant son soutien militaire à la guerre d’extermination » menée contre le peuple palestinien.

Face à l’acceptation par le Hamas de la proposition des médiateurs concernant un cessez-le-feu et un échange de prisonniers, B. Netanyahu a réagi en affirmant que cette position vise à « faire échouer » l’entrée des forces israéliennes à Rafah et qu’elle était très loin des exigences de Tel-Aviv.

Samedi, l’armée israélienne a étendu ses attaques terrestres et aériennes simultanément dans tous les gouvernorats de la bande de Gaza après avoir ordonné à la population d’évacuer plusieurs zones du nord de la bande de Gaza et du centre de la ville de Rafah (sud). Les forces d’occupation ont fait également incursion au sud de la bande de Gaza et à l’est de Khan Younès (sud) et mené une série de raids intenses, faisant des dizaines de morts et de blessés dans diverses zones de la bande de Gaza.

Depuis le 7 octobre 2023, Israël mène une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza qui a fait au moins 35000 martyrs, pour la plupart des enfants et des femmes, en plus d’une catastrophe humanitaire sans précédent et d’une destruction massive des infrastructures, qui ont conduit Tel Aviv à comparaitre devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour « génocide ».

Israël vacille

Avec la hausse du niveau des offensives militaires israéliennes contre la bande de Gaza, les désaccords entre l’institution militaire israélienne et B. Netanyahu se font plus fréquents. Yoram Hammo, responsable de la rédaction des affaires stratégiques au Conseil de sécurité nationale, a démissionné dimanche en raison de « l’absence de décisions de Netanyahu pour le lendemain de la guerre et du retour des opérations dans le nord de Gaza », ont rapporté les médias israéliens Herzi Halevi, chef de l’état-major de l’armée israélienne, avait envoyé samedi « un avertissement dramatique » à B. Netanyahu, rapporte Channel 13, et écrit sur sa page X : « Tu persistes à revenir à l’action militaire parce que tu ne prends pas de décision ». L’ex chef du département des opérations au sein de la Direction des opérations, le général Gadi Shamni avait  accusé le gouvernement de « mettre en danger les soldats pour des raisons politiques ». « L’entrée à Rafah est une question politique. En raison de la crainte de Netanyahu de l’effondrement de sa coalition gouvernementale », a-t-il déclaré pour le Yediot Ahronoth. « La question est de savoir à quel point le chef d’état-major doit-il cogner sur la table ? et peut-être parler en public ? le fait d’envoyer les militaires à la bataille pour des raisons politiques franchit la ligne rouge », a-t-il affirmé.

Des sources militaires israéliennes ont indiqué au journal Maariv que l’absence d’action politique qui accompagne le combat rend difficile de bénéficier des exploits militaires de la guerre. Le site d’information israélien Walla a lui aussi rapporté l’inquiétude de l’institution militaire israélienne du fait que « les exploits à Gaza pourraient s’effriter en raison de l’absence des négociations pour la récupération des captifs. »

En outre, les familles des militaires israéliens mobilisés pour la guerre dans la bande de Gaza commencent à se révolter. D’après la radio militaire israélienne, 600 d’entre elles ont écrit une lettre au commandement de l’armée pour s’opposer à l’invasion de Rafah. Elles ont dit « qu’elles n’ont pas confiance dans le commandement de l’armée et qu’elles ne resteront pas les bras croisés tandis que leurs fils sont en danger ».

Selon le Haaretz, 10 soldats se sont suicidés depuis le 7 octobre, dont certains pendant les combats.

Face à cette situation inextricable, ce qui est sûr c’est qu’en dépit des grosses pertes civiles dans la bande de Gaza, mais aussi en Cisjordanie, la résistance palestinienne ne désarme pas. Maariv a révélé que le major général Yogav Bar Shisht, contrôleur adjoint du système de sécurité, a été blessé vendredi lors d’affrontements avec la résistance à Gaza. Lundi, les médias israéliens ont rapporté qu’une 50 de soldats israéliens avaient été évacués de Gaza après avoir été blessés dans les combats.

Ziad Nakhalé, secrétaire général du Jihad islamique a déclaré dimanche  que  « peuple palestinien et sa résistance combattent à Gaza dans une bataille sans précédent. Nous allons combattre et combattre jusqu’à la victoire. J’implore Dieu pour qu’Il affermisse les cœurs de notre peuple ».

Selon les correspondants dans l’enclave, des combats violents ont lieu sur les axes d’avancée de Jabaliya au nord, du quartier al-Zeitoun à Gaza, de Rafah au sud et de Netzarim au centre. Les plus violents se déroulent dans le camp de Jabaliya, front toujours actif en ce début de semaine.  Les Brigades al-Qassam du Hamas ont indiqué que leurs combattants mènent de violents affrontements avec les forces d’occupation, à l’est du camp des réfugiés de Jabaliya.

A Rafah, les combats de poursuivent. Les Brigades al-Qods du Jihad islamique ont indiqué que leurs combattants ont bombardé dimanche avec une salve de roquettes les attroupements israéliens qui se sont infiltrés à l’est de cette ville. D’ailleurs, dans une opération conjointe les deux blocs de résistance, des forces d’occupation au sud du quartier d’al-Zeitoun dans la ville de Gaza, ont été bombardés.

Le bureau humanitaire des Nations Unies a déclaré que la fermeture du terminal de Rafah « affecte l’approvisionnement en carburant, l’aide et les mouvements de population », ajoutant que « les hôpitaux de la bande de Gaza cesseront de fonctionner si le carburant n’arrive pas dans les 24 heures ».

Ezzat al-Rachaq, membre du Bureau politique du Hamas, a déclaré que « la guerre menée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu contre la bande de Gaza est absurde et sans objectifs ». « Cette guerre tourne dans un cercle vicieux », a-t-il assuré, ont rapporté les médias palestiniens.

En Cisjordanie, la dérive criminelle de l’armée sioniste est toujours persistante. Un jeune Palestinien est tombé en martyre, dimanche, et un autre a été blessé par les tirs des forces d’occupation qui ont pris d’assaut le camp de réfugiés de Balata, à l’est de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée.  Les forces d’occupation ont également pris d’assaut la zone orientale de la rue Al-Qods à Naplouse.

Dans le sud de la Cisjordanie, des affrontements ont aussi éclaté entre des jeunes hommes et les forces d’occupation, à Beit Zaatah, dans la ville de Beit Ummar, au nord d’Al-Khalil Hébron. Entre-temps, les forces d’occupation ont lancé une série d’arrestations dans diverses zones de la Cisjordanie, arrêtant deux jeunes hommes après avoir pris d’assaut leurs maisons dans la localité de Habla, au sud de Qalqilya. Elles ont également arrêté deux frères de la ville de Jéricho à un poste de contrôle installé au nord de la ville.

Rappelons que l’occupation israélienne poursuit ses incursions quotidiennes dans diverses zones d’Al-Qods et de Cisjordanie, parallèlement à son agression continue contre la bande de Gaza qui dure depuis plus de 7 mois.

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