« Nous sommes désormais nous-mêmes partie à une procédure contentieuse devant la CIJ et avons donc décidé de ne pas recourir à cette option [d’intervention] », a déclaré Josef Hinterseher, porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, cité par la chaîne privée n-tv. Berlin entend désormais se concentrer sur la procédure engagée par le Nicaragua, qui a saisi la CIJ au printemps 2024, accusant l’Allemagne de complicité dans les actions d’Israël en fournissant des armes.
Pour rappel, l’Afrique du Sud a déposé en décembre 2023 une plainte pour génocide contre Israël devant la plus haute juridiction de l’ONU. En janvier 2024, l’Allemagne avait rejeté ces accusations, les qualifiant de « sans fondement » et dénonçant une « instrumentalisation politique » de la Convention de 1948 sur le génocide. Berlin avait alors annoncé son intention d’intervenir en faveur d’Israël.
En mars 2024, le Nicaragua a à son tour saisi la Cour, accusant l’Allemagne de contribuer au génocide des Palestiniens dans la bande de Gaza par son soutien militaire à Israël. « Nous rejetons fermement ces accusations », a réaffirmé le porte-parole du ministère.
Interrogé sur la position actuelle de l’Allemagne concernant les accusations de génocide visant Israël, le porte-parole a indiqué que la question relevait désormais de la CIJ, ajoutant : « Nous préférons attendre l’issue de la procédure. »
Contrairement à Berlin, les États-Unis continuent de défendre Israël devant la CIJ. Plusieurs autres pays, dont l’Espagne, les Pays-Bas et l’Irlande, ont également déposé des interventions, avec des positions parfois divergentes.
Dans sa plainte, l’Afrique du Sud accuse Israël d’actes visant à détruire les Palestiniens dans la bande de Gaza à la suite de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Depuis le 8 octobre 2023, Israël mène une offensive de grande ampleur sur Gaza, ayant fait plus de 72 000 morts, en majorité des femmes et des enfants, et plus de 171 000 blessés.
L’Allemagne a réaffirmé lundi, son soutien aux sanctions de l’Union européenne (UE) contre les colons israéliens violents, alors que les violences contre les Palestiniens se poursuivent en Cisjordanie. Lors d’un point presse à Berlin, Martin Giese, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que son pays « soutiendrait » ces sanctions, tout en précisant que la décision finale relève de « Bruxelles ». Il a également souligné qu’un État membre, faisant allusion à la Hongrie, « bloque » actuellement la mise en œuvre de telles mesures. « Il s’agit clairement de la volonté du gouvernement fédéral », a insisté Giese, réaffirmant l’engagement de l’Allemagne à avancer sur ce dossier.
Depuis le début de la guerre à Gaza le 8 octobre 2023, les attaques menées par les forces israéliennes et les colons israéliens illégaux en Cisjordanie ont fait 1 133 morts parmi les Palestiniens, environ 11 700 blessés et entraîné l’arrestation d’environ 22 000 personnes.
En février seulement, les colons illégaux ont mené 511 attaques à travers la Cisjordanie, faisant sept morts parmi les Palestiniens par balles, selon les chiffres officiels palestiniens.
En juillet 2024, la Cour internationale de Justice avait rendu un avis historique déclarant l’occupation israélienne des territoires palestiniens illégale et appelant à l’évacuation de tous les établissements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Si K. Khan a été réhabilité, force est de souligner qu’un juge français qui a présidé une chambre de la Cour pénale internationale (CPI) ayant délivré en 2024 un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien a déclaré rencontrer des difficultés pour effectuer des transactions quotidiennes de base après avoir été placé sur une liste de sanctions américaines, soulignant que la quasi-totalité des systèmes de paiement en France étaient sous contrôle américain et qu’il en avait été coupé.
Nicolas Gouyou a indiqué qu’il ne pouvait plus utiliser sa carte bancaire, commander sur Amazon, réserver via Airbnb ni effectuer de transactions sur Expedia et Booking.com. « Nous revenons 30 ans en arrière », a-t-il déclaré à France TV. « C’est comme une machine à remonter le temps qui nous ramène à un monde pré-numérique. »
La chaîne de télévision a indiqué que le président français avait adressé sept lettres demandant la levée des sanctions, sans que les autorités US n’y aient encore répondu favorablement. Une source à l’Élysée a confié à la chaîne que la France continuait de poursuivre la question par la voie diplomatique et regrettait l’absence de réponse positive de Washington.
Gouyou a déclaré qu’il pensait rester sur la liste des sanctions pendant toute la durée du second mandat du président américain Donald Trump.
Le juge a mis en garde contre des conséquences plus larges pour les institutions démocratiques. « Si les procureurs ont peur de poursuivre, si les avocats ont peur de défendre, si les juges ont peur de juger, si les parlementaires ont peur de voter des lois et si les ministres ont peur de les appliquer, il n’y a plus de démocratie », a-t-il déclaré, notant que ces personnes agiraient « exclusivement par peur » des représailles.
Le 21 novembre 2024, la CPI a délivré des mandats d’arrêt contre Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des allégations de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans la bande de Gaza au moins à partir du 8 octobre 2023 et jusqu’au 20 mai 2024.
Israël a lancé une guerre contre la bande de Gaza en octobre 2023, faisant plus de 71 000 morts, plus de 172 000 blessés et détruisant environ 90 % des infrastructures civiles de l’enclave, avec des coûts de reconstruction estimés par l’ONU à environ 70 milliards de dollars.
Malgré un cessez-le-feu en octobre 2025, Israël a poursuivi ses attaques quotidiennes, tuant au moins 677 Palestiniens et en blessant 1 813 autres depuis lors, selon le ministère de la Santé de Gaza.
