La Résistance islamique au Liban a lancé dans la soirée du mercredi 11 mars une nouvelle série d’attaques anti israéliennes baptisées « al-Aasaf al-Ma’koul » (Paille rongée), de concert avec la 40e vague de missiles du Corps des gardiens de la révolution en Iran. Des médias israéliens ont rendu compte d’un déferlement de drones sur la Galilée occidentale et ses environs. D’autres ont indiqué que le Hezbollah a lancé 150 roquettes et 30 drones vers « Israël » depuis 20 :00 et les drones ont atteint le sud de Akka et le golfe de Haïfa. Les sirènes d’alerte ont retenti à Nahariyya, A’fdoun, Yaara, et Shtula en Galilée occidentale par crainte d’une infiltration de drones depuis le Liban.
Le correspondant d’Al-Manar a rapporté que des drones de la résistance ont sillonné le ciel au-dessus de la frontière avec la Palestine occupée. Evoquant plus de six tentatives d’infiltration en une demi-heure. Dans cette nouvelle série, la Résistance islamique a déclaré avoir visé la base israélienne Stella Maris pour l’observation et la surveillance maritimes sur le littoral nord, et ce pour la première fois. Ainsi que la base Nasharim située au sud-est de Haïfa.
Les autres bases israéliennes visés selon les communiqués de la résistance sont : Misgav Am, Ami’ad (nord du lac de Tabarayya- Tibériade), Samson (l’ouest de Tabarayya), Dadou, Ein Zeitim, Tirat Carmel (à Haïfa), et la base navale de Haïfa. Elle a aussi indiqué avoir visé la société Yudivat pour les industries militaires au nord-est de la ville de Haïfa et un complexe industriel militaire de la même société au nord de cette ville, et revendiqué des tirs de roquettes et de drones contre des colonies auxquelles elle avait émis il y a quelques jours des ordres d’évacuation, dans un rayon de 5 km, dont principalement Nahariyya (deux reprises), Kiryat Shmona (trois reprises), Metoula (deux reprises), Shlomi, Avivim, Shtula…
En même temps, un communiqué du CGRI a indiqué avoir mené de concert avec la Résistance islamique sa 40e vague de missiles qui a visé « pendant 5 heures plus de 50 cibles dans les territoires occupées ». Le CGRI a indiqué avoir utilisé des missiles Qadr, Emad, Khaybar Shekan et Fatah.
Après minuit, la Résistance islamique a revendiqué des tirs contre la colonie de Nahariyya, la base de Beit Led qui comprend les camps d’entrainement des brigades Nahal Oz et des parachutistes, la base de Glilot qui abrite le siège de l’unité des renseignements militaires 8200, la caserne de Yaara, et la base de Meron pour la surveillance et la gestion des opérations aériennes au nord.
Dans son compte rendu pour le mercredi 11 mars, Média de guerre, tribune médiatique de la Résistance islamique a fait état de 38 opérations, dont 33 dans les territoires occupés dans une profondeur de 40 km, et 5 dans les territoires libanais. Selon son décompte, ont été visées 18 bases militaires, 13 villes et colonies, deux positions frontalières et deux positions récemment établies. Un véhicule militaire, 8 tranchées, 1 radar et 13 unités d’implantation, ont été visés.
Dans ce contexte, Adel Shdid, chercheur spécialiste des affaires israéliennes, a souligné qu’Israël pensait que l’arsenal militaire du Hezbollah était limité et que le parti était dissuadé. Cependant, les opérations précises qu’il a récemment menées ont révélé la fragilité de cette hypothèse. Il a expliqué à la chaine qatarie Al Jazeera que les experts israéliens interprètent ces mouvements comme le signe d’un renforcement de la coopération opérationnelle entre le Hezbollah et l’Iran, notant que le Hezbollah a fait savoir aux Israéliens qu’il faisait désormais partie d’une « salle d’opérations conjointe » avec Téhéran.
D’après cet expert des affaires israéliennes, le Hezbollah a surpris ses adversaires par la précision de ses missiles, qui ont atteint une distance de 180 kilomètres au sud de la frontière sans avertissement préalable ni intervention du système Dôme de fer, démontrant ainsi les limites de la défense aérienne israélienne.
Les actions récentes du Hezbollah ont ravivé les doutes en Israël quant au discours officiel sur la protection des colonies du nord et lui ont conféré une légitimité accrue pour intensifier la confrontation. A. Shdid a souligné que le retrait de 100 000 soldats du front nord, suite à ces opérations, a embarrassé les adversaires du Hezbollah et affaibli le contrôle israélien de la frontière.
Lundi, la chaîne israélienne Channel 15 a rapporté que le Commandement Nord se prépare à déployer la 162e division pour opérer de manière indépendante au Liban, suite à la reprise des affrontements entre le Hezbollah et les forces d’occupation israéliennes, alors que le conflit s’étend dans la région. A. Shdid a conclu que les dernières informations révèlent une nouvelle réalité dans ce conflit, où Israël n’est plus en mesure de contrôler pleinement l’équilibre militaire et politique au Liban et dans la région. Parallèlement, les opérations militaires et balistiques précises du Hezbollah redéfinissent les règles d’engagement avec l’Iran et Israël pour la phase à venir. Une réalité qui incite des voix au sein de l’establishment militaire israélien à appeler à l’isolement du Hezbollah et à la conclusion d’accords pour un cessez-le-feu temporaire, afin de recentrer l’attention sur le front iranien.
A noter que la chaîne israélienne 15 a indiqué que le Hezbollah a tiré plus de 20 missiles antichars contre les forces israéliennes depuis le début de la bataille à la frontière et à l’intérieur du Sud-Liban. « En moyenne, environ 100 missiles sont tirés quotidiennement depuis le Liban vers « Israël », dont 66 % visent nos forces dans les positions militaires et au Sud-Liban, a-t-on ajouté de même source. Pour sa part, la chaîne israélienne Kan a indiqué que le Hezbollah a lancé 100 drones depuis le début de la bataille.
Après une nuit marquée par des agressions contre les civils, et dès les premières heures de la matinée, l’ennemi israélien — durement éprouvé et frappé par les coups de la Résistance lors de l’opération « Al-Asf al-Ma’koul » — a intensifié ses agressions contre le Sud et la Bekaa, après avoir pris Beyrouth pour cible. L’occupation israélienne a ciblé des déplacés sur la plage de la Ramlet al-Baida, au cœur de Beyrouth, faisant une dizaine de martyrs et de blessés. Au Mont-Liban, l’occupation a aussi frappé des appartements résidentiels à Aramoun par trois raids aériens consécutifs, faisant des martyrs, dont un caméraman et plusieurs blessés.
Jeudi, l’agression s’est poursuivie pour le onzième jour consécutif, laissant derrière elle des destructions massives. À l’aube, une série de raids violents a secoué la banlieue sud. Parallèlement à des raids fictifs au-dessus de plusieurs zones du Sud, l’ennemi a frappé Qaqa’iyat al-Jisr (Nabatiyeh). Des raids ont également visé Tefahta (Saïda), Yater (Bint Jbeil) et la localité de Barish (Tyr), où 3 personnes sont tombées en martyre. L’aviation ennemie a également détruit le pont d’Al-Qantara dans la vallée al-Houjeir, tandis que la localité de Taybeh a également été ciblée.
Selon le correspondant d’Al-Manar, un drone a également pris pour cible un secouriste de l’Instance Sanitaire Islamique à Deir Entar. Un drone israélien a visé un véhicule de la Défense civile à Al-Tamariya, en lisière de la localité de Toulin (Sud), faisant plusieurs blessés. Et puis dans la Békaa, l’armée d’occupation a menacé de bombarder un bâtiment civil à Ksar Naba avant d’exécuter sa menace, puis a réitéré ce procédé contre un autre immeuble à Doures, près de Baalbeck.
Le bilan de cette agression continue s’élève désormais à plus de 630 martyrs, dont 91 enfants, et plus de 1 586 blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Le nombre des victimes ne cessent de croître quotidiennement sous le feu des raids israéliens. Le ministère libanais de la Santé a annoncé jeudi que 687 personnes ont été tuées, dont 98 enfants, dans les attaques israéliennes menées au Liban depuis le 2 mars. Dans un communiqué, le ministère a précisé que les victimes comprennent également 62 femmes et 18 secouristes, ajoutant que le nombre total de blessés s’élève à 1 774. Parmi les blessés figurent 304 enfants, 328 femmes et 45 secouristes, selon la même source.
