Des sites d’information israéliens avaient parlé lundi soir de quatre militaires très grièvement blessés avant d’assurer que deux d’entre eux ont péri. Lundi, des médias israéliens avaient évoqué deux incidents gravissimes séparés au sud du Liban : une attaque au drone kamikaze, et une autre aux engins piégés contre deux véhicules blindés Eitan qui ont pris feu.
Selon le correspondant d’al-Manar, en revenant aux communiqués de Média de guerre, le premier aurait eu lieu lundi vers 18 :30, à proximité du port de Naqoura dans le secteur occidental de la frontière. Lorsque des résistants ont attaqué via un drone kamikaze un groupe de soldats israéliens. S’en est suivi selon lui l’avènement d’hélicoptères sous une couverture fumigène, dans le but d’évacuer les tués et blessés. Quant au second, il aurait eu lieu entre les deux localités Aïnata et Aïtaroun, dans le secteur central, où les forces ennemies israéliennes tentaient l’une des percées les plus importantes depuis le début de la guerre. Entre ces deux localités, rapporte la même source, des engins piégés ont explosé au passage du convoi israélien, suivis d’engagements directs, via des tirs de roquettes et de missiles guidés.
« La réalité sur le terrain révèle des pertes bien plus importantes que celles reconnues par les médias ennemis », assure le correspondant d’al-Manar selon lequel « ses forces ont subi des pertes humaines et matérielles sur la plupart de leurs axes d’avancée, et ses chars continuent d’être la cible de missiles guidés dans les villages d’où ils ont progressé en territoire libanais, comme c’est le cas à Qawzah, d’où ils ont avancé vers les abords de Debel puis vers Wadi al-Oyoun ».
Le compte rendu des opérations de Média de guerre rapporte que 6 chars ont été détruits ou endommagés ainsi qu’un bulldozer D9.
Selon les correspondants sur place, la rond-point Aïnata Aïtaroun était pendant la journée une scène de bataille au cours de laquelle les forces occupantes ont subi des dizaines de ciblages aux roquettes et obus.
Une source militaire israélienne a révélé pour Times of Israel, certains détails du premier incident, dont la divulgation a été permise par la censure militaire qui distille toutes les informations. Il indique qu’une force de combat de la brigade Nahal sous le commandement de la 162e division menait une offensive dans le secteur occident pour contrôler les combats, « lorsqu’un accrochage limité a eu lieu vers 18 :30 » au cours duquel des échanges de tirs ont eu lieu avec les combattants du Hezbollah. Cette source assure que des combattants du Hezbollah ont été blessés ainsi que des soldats israéliens. Il rapporte que lors de l’évacuation de ces derniers, les combattants du Hezbollah ont tiré un obus antichar sur ces forces sans faire de victimes.
Concernant la deuxième opération, les médias israéliens ont indiqué qu’il s’agissait de deux embuscades tendues dans les terres de la localité de Beit Lif. Dans la première, selon Channel 15, une unité de reconnaissance de la brigade Nahal a fait l’objet de tirs nourris qui ont tué un militaire et blessé trois autres. Dans la seconde, lors de l’avancée d’une autre force, celle-ci a également essuyées des tirs qui ont tué trois militaires. « L’embuscade tendue hier par le Hezbollah s’est déroulée à seulement 3 kilomètres de la frontière, dans une zone accidentée et complexe, montagneuse et rocheuse, autour des villes de Beit Lif et Ramiya. Quiconque combat dans cette région sait que le terrain offre d’excellents abris. Il suffit d’une ou deux mitrailleuses placées en quelques points ; une fois qu’une force se trouve dans le champ de tir du Hezbollah, il ne reste plus qu’à espérer une issue favorable », a décrit le correspondant du Maariv.
Les médias israéliens se penchent de plus en plus sur les combats au Sud-Liban entre les forces ennemies israéliennes et les combattants de la Résistance islamique.
Tactiques mortelles
La chaîne israélienne i24 NEWS a cité des sources sécuritaires affirmant que l’armée israélienne est confrontée à des difficultés sans précédent pour faire face aux nouvelles tactiques du Hezbollah, notamment l’utilisation de petits groupes de combattants pour frapper les forces avec précision. Les sources ont souligné que ces tactiques avaient entraîné des pertes tangibles et forcé une réorganisation des plans opérationnels sur plusieurs sites. Elles ont ajouté que les missiles antichars utilisés par le Hezbollah sont plus perfectionnés qu’auparavant, ce qui témoigne de préparatifs antérieurs et d’une escalade dans la nature de la confrontation.
I24 NEWS a fait part de désaccords au sein du cabinet israélien concernant l’élargissement du champ d’application des opérations terrestres. Selon la chaîne israélienne, l’hôpital Rambam a à lui seul signalé plus de 50 soldats israéliens blessés jusqu’à présent, tandis que d’autres hôpitaux n’ont pas encore annoncé l’ampleur des pertes dans les rangs de l’armée ni le nombre de blessés.
Quant à la chaîne israélienne Channel 14, elle a constaté que « le problème au Liban est que les forces militaires sont constamment en mouvement et sont exposées aux éléments du Hezbollah qui profitent du terrain et les prennent pour cible ». Channel 12 a révélé, de son côté, que l’armée n’a pénétré que de quelques dizaines de kilomètres en territoire libanais, et que cette lacune se faisait clairement sentir dans les combats à l’intérieur du Liban. Et fait remarquer que les combattants du Hezbollah sont bien préparés et largement déployés, elle a relevé que les forces armées déployées au sol dans le sud du Liban subissent des tirs nourris de missiles antichars et de drones d’attaque, en plus de roquettes, ce qui a entraîné un nombre important de victimes.
La Résistance islamique au Liban a réalisé au moins 40 opérations lundi 30 mars.
Selon le correspondant d’al-Manar, l’axe d’Aïnata dans le secteur central de la frontière avec la Palestine occupée a été « le théâtre aujourd’hui de l’une des plus féroces tentatives d’avancée ennemies ».
« Après avoir quitté les collines de Friz et de Ghadmatha en direction de la région de Sedr, les forces ennemies, notamment leurs concentrations de troupes, ont subi une série d’attaques directes. Elles ont tenté d’ouvrir une nouvelle brèche par la localité de Aïtaroun en direction d’Aïnata, mais cette avancée s’est révélée désastreuse. Les pertes humaines et matérielles sont lourdes, dues aux combats directs, aux engins explosifs improvisés et aux tirs de roquettes. Ce jour est considéré comme l’un des plus durs pour l’armée ennemie dans le secteur central, compte tenu de l’ampleur des pertes, dont certains détails ont commencé à filtrer par les médias ennemis. Cette zone revêt une importance particulière du fait de sa proximité avec l’oliveraie de la place de la Libération (Bint Jbeil – Aïnata – Maroun al-Ras – Aïtaroun), où la brigade Golani avait subi de lourdes pertes au sein du 51e bataillon lors des combats de 2006, et où le même scénario s’est répété en 2024 lors des premiers combats de la période de tensions », a-t-il rapporté.
Des sites d’information israéliens informels ont rapporté lundi que 4 soldats israéliens dans un état désespéré ont été évacués des zones de combat au Sud-Liban. Ils ont par la suite indiqué que deux d’entre eux ont succombé. Cette information n’a pas été rapportée par les médias israéliens ligotés par la censure militaire. Des médias se sont limités à évoquer deux incidents au cours desquels des soldats ont été attaqués au Sud-Liban par le Hezbollah : dans le premier à l’aide de drones kamikazes, et dans le second par des engins piégés et des obus anti blindés contre deux véhicules Eitan qui ont pris feu.
Bourbier libanais
D’après les communiqués publiés par sa tribune médiatique Média de Guerre, la résistance a mené des opérations visant des rassemblements de l’armée d’occupation israélienne en territoire libanais, bombardant leurs chars. Elle a aussi visé des cibles militaires israéliennes dans les territoires palestiniens occupés et les colonies du nord, dans le cadre d’un avertissement préventif.
Dans ses déclarations successives de lundi, la résistance a affirmé avoir ciblé et détruit plusieurs chars Merkava dans la zone d’Al-Sadr de la localité d’Aïnata. Elle rapporte l’explosion d’un engin explosif antipersonnel visant une force israélienne qui se déplaçait sur la route menant de la localité de Aïtaroun vers Aïnata, tuant et blessant ses membres, tandis que des véhicules d’évacuation intervenaient sous un épais nuage de fumée pour évacuer les blessés des environs du port de Naqoura après que celui-ci ait été ciblé par un drone. De même, la résistance a bombardé des rassemblements de soldats et de véhicules d’occupation sur la colline de Friz à Aïnata et sur la colline de Sal’a à Qantara, ainsi qu’aux alentours de l’école Deir Siryan et de la zone radar dans la ville d’Al-Bayada, par des salves répétées de roquettes et d’obus d’artillerie.
Des chars ont aussi été pris pour cible dans les localités de Beit Lif et d’Al-Qawzah, à l’aide de missiles guidés, d’obus tandem et d’engins explosifs. Il est aussi question dans les déclarations de Média de guerre qu’un bulldozer militaire D9 a également été détruit lundi sur la colline d’Al-Sal’a dans la localité d’Al-Qantara par un drone kamikaze qui a réussi un tir direct.
Quant aux bases stratégiques, La résistance a rapporté avoir ciblé lundi la base de Glilot où se trouve le quartier général de l’unité de renseignement militaire 8200, située à 110 km de la frontière libano-palestinienne, dans la banlieue de Tel Aviv, avec une salve de missiles de haute qualité. La résistance a également ciblé la base navale de Haïfa, avec un barrage de roquettes de haute précision et les infrastructures militaires dans la région de Krayot, au nord de la ville occupée de Haïfa avec des tirs de roquettes. Cela sans parler de la base Filon au sud de Rosh Pina visée par une salve de missiles et de drones de haute qualité, ainsi que le site militaire Hadab Yaron.
La résistance a aussi ciblé les colonies de Kiryat Shmona, Yeron et Nahariyya avec des tirs de roquettes intensifs, « en riposte aux attaques continues de l’occupant contre les civils et à la destruction des habitations, et en application des avertissements précédents adressés aux localités du nord ». Dans ses communiqués, la résistance indique que ces opérations s’inscrivent dans le cadre des efforts visant à contrer les tentatives israéliennes d’avancée en territoire libanais et constituent une réponse à l’agression israélienne de grande ampleur contre le Liban, qui a repris le 2 mars dans le cadre de l’opération Al-‘Asf al-Ma’koul (Paille Rongée).
Plus tôt dans la journée, le porte-parole de l’armée israélienne a annoncé, sous la rubrique « autorisé à la publication », la mort d’un sergent de l’armée et la blessure d’un autre lors des combats du sud du Liban, notant qu’il était un combattant du bataillon 9, brigade (401). Il a indiqué qu’il a succombé à la suite d’un missile antichar tiré pendant la nuit vers un char appartenant au 9e bataillon opérant dans la région du sud du Liban, selon une enquête préliminaire sur l’incident.
Après cela, deux missiles antichars supplémentaires ont été tirés vers la zone lors des tentatives d’évacuation, tandis que 5 soldats ont été blessés, certains grièvement, après qu’une force du 82e Bataillon, dans la chaîne de montagnes Ramim a subi des tirs de missiles antichars.
Dimanche, les médias israéliens ont rapporté que la Résistance islamique au Liban « a failli tuer vendredi soir un commandant militaire sur le terrain dans le secteur occidental de la frontière », et qu’« un officier supérieur a été blessé lors de l’incident.»
La chaîne 12 israélienne a mis en garde contre le bourbier libanais : « Nous avons vécu trop longtemps dans le bourbier libanais, et nous ne voulons certainement pas y retourner », a-t-elle assuré. Channel 14 a averti que le problème sur le front libanais est que « les forces sont en mouvement constant et sont exposées », car « le Hezbollah tire profit du terrain, qui joue en sa faveur, et cible ces forces ». Comme elle constate que le Hezbollah « tire des projectiles à courte portée sur les forces israéliennes à l’intérieur du sud du Liban, tels que des mortiers, des missiles antichars, des roquettes et des drones d’attaque », ce qui « constitue un défi majeur ». Elle a expliqué que le missile antichar est « une arme de précision, et qu’il est très difficile de détecter ceux qui le lancent », notant que « trois incidents se sont produits dans le sud du Liban au cours des dernières 24 heures, avec un nombre considérable de blessés, dont certains graves ».
