Selon la défense civile à Gaza, l’armée d’occupation a détruit entièrement 50 bâtiments à Gaza-ville, 100 partiellement ainsi que 200 tentes qui se trouvaient dans leurs alentours. « Nos équipes sont épuisées en raison de l’intensité des raids », a-t-il ajouté, assurant que « ce jour est le plus difficile de la guerre ».
Avant de les cibler, les forces de l’occupation israélienne ont lancé dimanche un avertissement d’évacuation. Elles ont également averti les habitants des tentes adjacentes du bâtiment et leur ont demandé de partir immédiatement. L’occupation a prétendu que « les immeubles visés abritaient des infrastructures pour le Hamas, à l’intérieur et à proximité ».
Par ailleurs, l’armée sioniste a annoncé que « la brigade Nahal a fait exploser un réseau de tunnels de plusieurs centaines de mètres de longueur dans le quartier de Zeitoun à Gaza, au nord de la bande de Gaza ».
La chaîne de télévision israélienne a également rapporté que « l’armée a décidé d’accorder une période de retraite aux forces régulières en prévision de la bataille pour l’occupation de la ville de Gaza », précisant que « ces forces effectueront un entraînement militaire avant de reprendre le combat dans la ville ». La chaine satellitaire qatarie al-Jazeera a aussi rapportéque « les forces d’occupation ont aussi bombardé le siège du club sportif Al Jazeera, qui abrite des personnes déplacées dans le centre de la ville de Gaza ».Le Croissant-Rouge palestinien a signalé que « 15 personnes, dont des enfants, ont été blessées lors de ces bombardements ».
L’aviation israélienne a également lancé des frappes aériennes, détruisant plusieurs habitations et une mosquée dans le quartier d’Al-Daraj et le quartier d’Al-Nafaq à Gaza. Ces frappes ont causé des dégâts matériels dans les zones ciblées. En parallèle, plusieurs véhicules militaires israéliens se sont infiltrés à l’est du quartier de Birkat al-Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza, et détruit systématiquement les habitations restantes. 9 Palestiniens, dont des enfants, ont été tués et plus de 20 autres blessés lors d’une frappe aérienne israélienne visant l’école Al-Farabi, qui accueille des personnes déplacées dans le quartier de Yarmouk, au centre de la ville de Gaza. Des ambulances ont transporté les corps des martyrs et des blessés à l’hôpital Al-Chifa et à l’hôpital de campagne du Croissant-Rouge.
Malgré ces bombardements intensifs, les Gazaouis refusent de quitter la bande de Gaza. Selon des sources locales , Israël rase des carrés résidentiels au cœur de la ville, érodant simultanément ses frontières Nord et Est. Il largue des tonnes d’explosifs à un rythme effréné dans les zones les plus densément peuplées de personnes déplacées, les forçant à fuir à nouveau vers le sud. Il tente de les convaincre qu’aucun pâté de maisons à Gaza n’est plus sûr et applique le principe du déplacement et de l’expulsion par la destruction. Une source ambulancière et des services d’urgence a signalé que « 6 Palestiniens ont été tués et d’autres blessés lors d’une frappe aérienne israélienne sur une maison dans le quartier d’Al-Shanti, au nord de la ville de Gaza ».
Une source à l’hôpital al-Maamadani (St Baptiste) a signalé que « 2 Palestiniens ont été tués et d’autres blessés lors d’une frappe aérienne israélienne sur une maison dans le quartier d’Al-Zarqa, au nord-est de la ville ». Deux autres Palestiniens ont été tués lors d’une frappe aérienne israélienne sur une maison dans le quartier d’Al-Daraj, au centre de la ville.L’armée israélienne a également lancé deux frappes aériennes sur deux maisons dans les quartiers de Batn Al-Sameen et de Jourat Al-Aqad à Khan Younis, au sud de la bande de Gaza.
Le Hamas a condamné le ciblage continu des civils et des infrastructures par l’occupation dans la ville de Gaza et dans toute la bande de Gaza, déclarant dans un communiqué que « l’ennemi poursuit ses massacres et son génocide, au mépris flagrant de la volonté internationale et des appels à l’arrêt de la guerre ». Il a ajouté que « l’inaction injustifiée et persistante de la communauté internationale fournit au criminel de guerre Netanyahu une couverture pour poursuivre ses massacres et son génocide ». Il a également renouvelé « son appel aux Nations Unies et aux pays arabes et islamiques pour qu’ils prennent des mesures efficaces afin de protéger le peuple palestinien contre la menace de génocide et de déplacement ».
A noter que depuis le 7 octobre 2023, Israël, avec le soutien des États-Unis, commet un génocide à Gaza, via des massacres, la famine, des destructions et des déplacements forcés, ignorant tous les appels internationaux et les injonctions de la Cour internationale de Justice réclamant d’y mettre fin. Selon un récent bilan, ce génocide a fait 64 368 morts et 162 367 blessés, principalement des enfants et des femmes, plus de 9 000 disparus, des centaines de milliers de déplacés et une famine qui a coûté la vie à 387 Palestiniens, dont 138 enfants.
Deal US
De l’autre côté de l’Atlantique, Donald Trump a annoncé dimanche avoir envoyé un « dernier avertissement » au Hamas pour un retour des captifs israéliens détenus dans la bande de Gaza, le mouvement de résistance palestinien se disant pour sa part, prêt à négocier sur la base de nouvelles propositions US à conditions de garantir qu’Israël s’engage à mettre fin à la guerre. « Les Israéliens ont accepté mes conditions. Il est temps pour le Hamas d’accepter également. J’ai averti le Hamas des conséquences en cas de refus. Ceci est mon dernier avertissement, il n’y en aura pas d’autre! », a écrit le président américain sur Truth Social. La Maison Blanche n’a pas donné plus de détail sur la nature de ces conditions. Mais selon le site Axios, l’envoyé spécial Steve Witkoff a communiqué une nouvelle proposition la semaine dernière au Hamas pour un accord global sur les captifs et un cessez-le-feu avec Israël, par l’intermédiaire d’un militant israélien pour la paix.
Selon Channel 12, la proposition de S. Witkoff qui a été faite inhabituellement sans passer par les médiateurs égyptiens et qataris, stipule la libération de tous les captifs israéliens, morts et vivants, en une seule fois, le premier jour de son entrée en vigueur, en échange de plusieurs centaines de prisonniers palestiniens condamnés. Elle indique aussi qu’Israël arrêtera son offensive contre Gaza-ville et entamera le processus des tractations sous la supervision directe de D. Trump pour mettre fin à la guerre.
La proposition appelle le Hamas à s’appuyer sur les promesses de D. Trump de mettre fin à la guerre, en partant du principe qu’Israël aura du mal à continuer à se battre, pour des raisons intérieures et extérieures, après la libération des prisonniers. Ce qui est difficile à croire alors que le locataire de la Maison Blanche a évoqué le déplacement des Palestiniens de la Bande de Gaza pour en faire la Riviera du Moyen-Orient et que B. Netanyahu se vante de vouloir réaliser le rêve du Grand Israël lequel englobera aussi bien l’enclave palestinienne que la Cisjordanie, ainsi que des parties de pays voisins, à savoir le Liban, la Syrie, l’Egypte et la Jordanie.
Washington souhaite « trouver une solution à ce problème dans l’intérêt du Moyen-Orient, d’Israël et de toutes les parties », a dit D. Trump aux journalistes dimanche. Des déclarations qui ne sauraient occulter que sa politique privilégie sans conditions ceux d’Israël au détriment des autres.
Quelques heures après le message du président américain, le mouvement palestinien a confirmé avoir « reçu, via des médiateurs, quelques idées de la part des Américains afin de parvenir à un cessez-le-feu ». Le mouvement assure être « disponible » pour « s’asseoir immédiatement à la table des négociations afin de discuter de la libération de tous les prisonniers en échange d’une déclaration claire de la fin de la guerre, d’un retrait complet de la bande de Gaza, et de la formation d’un comité de Palestiniens indépendants pour gérer la bande de Gaza, qui commencerait ses fonctions immédiatement ». Le Hamas a stipulé qu’il faudrait garantir qu’Israël s’engage « publiquement et explicitement » de ce qui serait convenu, afin que les précédentes expériences d’accords rejetées ou annulées ne se reproduisent pas.
Le plus récent a été l’accord présenté au mouvement par les médiateurs, sur la base d’une proposition américaine, que le mouvement a accepté au Caire le 18 août 2025. L’occupation n’a pas encore réagi et a poursuivi ses massacres et son nettoyage ethnique. Depuis Israël, le Forum des familles des captifs a salué « une véritable avancée ».
« La garantie personnelle du président des Etats-Unis est une étape historique sans précédent. Un tel accord favoriserait un règlement régional plus large, assurerait la libération de tous les otages, permettrait aux soldats et aux réservistes de rentrer chez eux », assure un communiqué du Forum.
Selon l’armée d’occupation israélienne, 47 captifs restent retenus dans la bande de Gaza dont 27 présumés morts, sur un total de 251 personnes enlevées lors de l’attaque du Hamas du 7-Octobre, selon l’AFP. Les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes s’élève à 10.800, selon le bilan publié le mois de juillet dernier. 63 ont péri depuis le déclenchement de la guerre à Gaza au lendemain de l’attaque du 7 octobre au cours de laquelle le Hamas a pris des captifs israéliens pour les échanger contre ces détenus qui étaient alors estimés à près de 9.000.
Un bilan précédent faisait état de 10.400, selon l’Organisme des Affaires des détenus palestiniens. 3.628 sont des détenus administratifs, sans procès, 50 des femmes et 450 des enfants. Assurant que ces chiffres sont les plus élevés depuis l’Intifada d’al-Aqsa qui a éclaté en l’an 2000, l’organisme précise qu’ils n’incluent pas les Palestiniens qui ont été enlevés à Gaza, après le 7 octobre. Ils sont estimés à plusieurs milliers. En Avril 2025, 1.747 seraient des « combattants illégitimes » comme les décrit l’occupation qui occulte leur identité ainsi que leur chiffre exact.
La proposition américaine survient au moment où sur terrain les offensives israéliennes continuent de s’intensifier notamment à Gaza-ville, où tous les aspects de la vie sont bombardés. Selon des estimations récentes de l’ONU, près d’un million de personnes vivent dans et autour de la ville.
Sur le front diplomatique, Israël a assuré dimanche qu’une reconnaissance d’un Etat palestinien par des pays occidentaux pourrait le pousser à prendre des « mesures unilatérales », sans dire lesquelles, rapporte l’AFP.
Emmanuel Macron, président français, a annoncé en juillet que Paris allait reconnaître un Etat de Palestine à l’Assemblée générale de l’ONU fin septembre. D’autres pays, dont le Canada, l’Australie et la Belgique, ont ensuite fait part de la même intention. Londres a dit en août qu’il leur emboîterait le pas si une trêve n’était pas conclue à Gaza. « Des Etats comme la France et le Royaume-Uni qui ont poussé à la soi-disant reconnaissance (d’un Etat palestinien) ont commis une énorme erreur », a dit le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d’une conférence de presse avec son homologue danois Lars Løkke Rasmussen en visite à Jérusalem. « Cela rendrait la paix encore plus difficile à atteindre », a-t-il ajouté.
Attentat à Ramot
Sur le terrain, la résistance palestinienne est loin d’avoir dit son dernier mot. Dans l’enclave, 4 soldats israéliens ont été tués dans une opération qui a ciblé leur char en ce début de semaine. En outre, deux combattants ont ouvert le feu à l’entrée du quartier de Ramot à Jérusalem-Est. Selon les informations du Magen David Adom (MDA), relayées par la presse israélienne, cinq personnes ont été tuées et 11 autres blessées dont six grièvement. Le Jerusalem Post évoque quant à lui 22 blessés. Un premier bilan des services de secours faisait état de quatre morts, tués sur les lieux, « un homme d’environ 50 ans et trois hommes dans la trentaine ». Ce bilan a été revu à la hausse après l’annonce du décès d’une femme « d’une cinquantaine d’années » qui a succombé à ses blessures au centre hospitalier Shaare Zedek. « Nous avons vu des personnes gisant inconscientes sur le bord de la route et sur le trottoir, près d’un arrêt de bus. Il y avait beaucoup de dégâts sur les lieux, des éclats de verre au sol et beaucoup d’agitation », a témoigné un ambulancier cité par le quotidien Haaretz.
Selon les mêmes sources, l’attaque a notamment visé un bus. D’après la police, les deux « terroristes » ont été « neutralisés » par un membre des forces de sécurité et un civil armé présents sur place, qui « ont riposté et neutralisé les assaillants ».
Les assaillants étaient palestiniens, originaires de localités proches de Jérusalem. Ils auraient, rapporte le quotidien Maariv, tenté de monter dans le véhicule de transport, mais le chauffeur leur aurait « claqué les portes au nez ». Le Hamas a salué l’attaque, évoquant dans un communiqué une « opération » qui serait « une réponse naturelle aux crimes de l’occupation et au génocide qu’elle mène contre notre peuple ».
