Une source médicale a indiqué à l’agence Anadolu que le Palestinien Mohammed Rajab Warsh Agha avait succombé à ses blessures après une attaque israélienne contre une tente abritant des déplacés dans le camp égyptien, dans le secteur d’Al-Tawam, au nord-ouest de la ville de Gaza. « Deux personnes, une femme et un enfant, ont été tuées et d’autres blessées lorsque des avions israéliens ont bombardé un immeuble résidentiel », a indiqué la Défense civile à Gaza.
Plus tôt, une source médicale de l’hôpital de campagne nord de la Société du Croissant-Rouge palestinien avait fait état de deux blessés lors de cette frappe, dont un dans un état critique.
Dans une autre attaque israélienne, deux Palestiniens ont été tués et trois autres blessés, dont un grièvement, lorsqu’un drone israélien a visé un véhicule civil dans le quartier de Tel al-Hawa, au sud de la ville de Gaza, a indiqué une source médicale à Anadolu. Plus tôt jeudi, une Palestinienne a été tuée et son mari ainsi que leurs deux enfants ont été blessés lorsque l’artillerie israélienne a frappé leur tente dans le secteur du projet Amer, au nord-ouest de la ville de Gaza. Une source médicale de l’hôpital Al-Chifa a identifié la victime comme étant Ahlam Mubarak, âgée de 30 ans, précisant que son mari avait été grièvement blessé. Par ailleurs, un jeune Palestinien, Ahmed Khamis Abu Naja, a succombé à ses blessures après une frappe aérienne israélienne visant un véhicule dans la ville de Gaza environ une semaine auparavant.
Des témoins ont également indiqué à Anadolu que des forces navales israéliennes avaient ouvert le feu et tiré des obus au large des côtes de la ville de Gaza, tandis que des tirs d’artillerie visaient la zone d’Al-Sudaniya, dans le nord-ouest de Gaza. Dans le sud de l’enclave, sept Palestiniens ont été blessés lorsque l’artillerie israélienne a frappé une maison dans le secteur d’Al-Mawasi, au nord-ouest de Rafah, selon des sources médicales.
Des sources locales ont indiqué que les forces d’occupation israéliennes avaient également démoli des immeubles résidentiels et d’autres structures dans les zones où leurs troupes sont déployées au nord-est de Khan Younès. Selon des témoins, des soldats israéliens ont largué des grenades fumigènes près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younès, provoquant l’incendie de plusieurs tentes abritant des Palestiniens déplacés.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, mercredi, les violations du cessez-le-feu convenu par Israël avaient fait 1.467 morts et 5.161 blessés parmi les Palestiniens. Plus de 5.300 violations ont été enregistrées depuis le 10 octobre 2025.
Le monde s’insurge !
Une campagne mondiale de solidarité de trois jours avec le peuple palestinien a débuté, vendredi, à l’occasion du troisième anniversaire de la guerre contre Gaza, à travers des actions et des activités coordonnées dans des centaines d’endroits à travers le monde. L’Alliance mondiale pour la Palestine (GAFP) a appelé les peuples du monde, tous les mouvements populaires, les organisations de défense des droits de l’homme, les syndicats, les instances civiles et toutes les forces solidaires de la Palestine à participer activement à des mouvements de solidarité coordonnés à travers le monde vendredi, samedi et dimanche (9-11 octobre), afin d’exiger « la fin du génocide commis par Israël, la protection du territoire et la fin de l’occupation ».
« Faites de vos rues, places, parlements, médias et plateformes numériques un espace de solidarité avec la Palestine, et un lieu pour exiger justice, responsabilité et la fin de l’occupation », a relevé la coalition dans son communiqué .« Ne permettez pas que trois années de massacres, de destructions, de politiques de déplacements forcés et de siège militaire se transforment en une normalisation de la criminalité. » La coalition a également exigé « la fin de la complicité politique, militaire et économique qui permet à ces crimes de se perpétuer, ainsi que la fin de l’immunité politique dont Israël bénéficie au sein des instances internationales grâce au soutien officiel que lui apportent les gouvernements occidentaux, notamment les États-Unis. »
L’Alliance mondiale pour la Palestine est une coalition populaire fondée le 26 juillet 2025 dans la capitale britannique, Londres, avec la participation de personnalités éminentes du monde parlementaire, syndical et des droits de l’homme. Elle a souligné que malgré l’annonce officielle d’un cessez-le-feu le 10 octobre 2025, « le génocide israélien n’a jamais cessé ; par des bombardements quotidiens et des frappes ciblées, les forces d’occupation ont tué plus de 1 460 Palestiniens depuis l’entrée en vigueur de l’accord. » Le communiqué ajoutait qu’« un cessez-le-feu qui permet à des centaines de civils de continuer à mourir chaque mois n’est pas la paix, mais plutôt un siège et des massacres par d’autres moyens ».
D’après les dernières données du ministère de la Santé de la bande de Gaza, les violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu, en date de mercredi dernier, ont entraîné la mort de 1 467 Palestiniens et des blessures pour 5 161 autres. Depuis le début de la guerre génocidaire israélienne dans la bande de Gaza en octobre 2023, plus de 74 000 Palestiniens ont été tués, plus de 175 000 ont été blessés et environ 90 % des infrastructures ont été détruites.
A rappeler que plus de 100 organisations internationales d’aide humanitaire et de défense des droits humains ont qualifié le cessez-le-feu dans la bande de Gaza de « l’encre sur papier », compte tenu des massacres perpétrés par Israël contre les Palestiniens et des restrictions imposées à l’aide humanitaire et aux fournitures nécessaires à la reconstruction, malgré un an d’application du cessez-le-feu. Parmi les organisations signataires de la déclaration commune figuraient Amnesty International, Oxfam, Islamic Relief, le Conseil norvégien pour les réfugiés, le Conseil danois pour les réfugiés, Caritas International, Greenpeace International et l’Aide médicale aux Palestiniens.
Dans un communiqué conjoint publié vendredi, l’organisation espagnole Oxfam Intermon a expliqué qu’Israël avait tué plus de 1.400 Palestiniens à Gaza au cours des 365 jours écoulés depuis le début du cessez-le-feu, le 10 octobre 2015. « Deux millions de personnes ont besoin d’un abri », ajoute le communiqué, soulignant que les forces israéliennes continuent de tuer et de blesser quotidiennement des Palestiniens, tandis que les restrictions sur l’aide, le matériel et les matériaux de reconstruction empêchent les familles de se reconstruire.
Les organisations ont insisté sur la nécessité d’empêcher la normalisation de la mort et de la misère à Gaza sous couvert d’un accord de cessez-le-feu. Elles ont indiqué, citant le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qu’environ 10 000 personnes restent piégées sous les décombres.
Mohsen Abu Ramadan, membre du conseil d’administration du Réseau des ONG palestiniennes, a déclaré que les organisations locales poursuivent leurs activités malgré la destruction de leurs sièges, le déplacement de leur personnel et la diminution de leurs budgets. Il a appelé à leur protection et à l’octroi d’un financement direct et flexible, selon le communiqué. La directrice générale de Save the Children, quant à elle, a souligné qu’un enfant est tué presque chaque jour depuis la déclaration du cessez-le-feu, insistant sur le fait que ce dernier perd tout son sens tant que des enfants sont tués et que des familles sont incapables de reconstruire leur vie.
Connivence US
Le New York Times a révélé que David Milstein, conseiller principal de Mike Huckabee, ambassadeur américain en Israël, avait étouffé un rapport publié par l’ambassade américaine qui critiquait le gouvernement d’occupation israélien. Le journal a cité trois responsables américains travaillant avec D. Milstein, affirmant que ce dernier avait annulé une note critiquant l’approbation par Israël de l’expansion des colonies en Cisjordanie et avait empêché sa diffusion avant qu’elle n’atteigne les autorités à Washington.
D’après des sources bien informées, D. Milstein exigeait également que toute correspondance émanant de la section des affaires palestiniennes de l’ambassade américaine soit soumise à son approbation préalable. Des responsables, interrogés par le journal, ont exprimé leur inquiétude quant au fait que les pratiques de D. Milstein compromettent les normes professionnelles du travail diplomatique. Le journal a cité des personnes qui ont traité avec lui, affirmant qu’il avait déployé des « efforts extraordinaires » pour présenter Israël sous un jour positif.
En revanche, M. Huckabee a défendu D. Milstein, rejetant les accusations portées contre lui et affirmant sa « confiance absolue en son intégrité ».
D. Milstein avait auparavant travaillé comme assistant du sénateur républicain Ted Cruz, comme conseiller de la campagne du gouverneur de Floride Ron DeSantis et comme assistant spécial de David Friedman, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël durant le premier mandat du président Donald Trump.
A rappeler que le projet « E1 » vise à étendre les colonies israéliennes dans une zone située à l’est de Jérusalem, et les Nations Unies et plusieurs pays affirment que sa mise en œuvre pourrait affecter la contiguïté géographique entre certaines parties de la Cisjordanie et compliquer la création d’un État palestinien géographiquement contigu.
Par ailleurs, force est de constater que les forces d’occupation israéliennes et les colons ont intensifié leurs attaques dans toute la Cisjordanie occupée, dans une campagne qui a inclus des arrestations, des raids sur des villes et des villages, des attaques contre des cueilleurs d’olives et l’incendie d’oliviers, ainsi que des menaces de mort contre un citoyen palestinien, le tout sous la protection fournie par l’armée aux colons.
Plus de 2.000 attaques
La Commission de résistance au mur et aux colonies a recensé 2.051 attaques en septembre, dont 1.404 menées par l’armée et 647 par des colons. La plupart des attaques ont eu lieu à Ramallah, al-Bireh, Naplouse et Hébron. Les attaques perpétrées par des colons au cours du mois ont fait trois morts palestiniens.
Dans le dossier des démolitions, les autorités d’occupation ont mené 62 opérations qui ont touché 254 installations, dont 89 maisons habitées et 133 installations agricoles, Hébron, Jérusalem et Jénine étant les plus touchées. Les attaques ont ciblé 14.600 arbres, dont 9.334 oliviers, tandis que Jénine à elle seule a enregistré des dommages sur 9.839 arbres. La superficie des terres saisies a atteint environ 188 dounams, auxquels s’ajoutent 7 ordres d’abattage d’arbres et de défrichage visant 560 604 dounams supplémentaires. Vingt et une tentatives d’établissement de postes de colonisation ont été observées, dont 10 à Ramallah et al-Bireh et 5 à Naplouse.
Dans la ville d’Hébron (Al-Khalil), les forces d’occupation ont arrêté 9 citoyens, dont le directeur de la mosquée Ibrahimi , Mu’taz Abu Sneineh, et le chef des gardiens de la mosquée, Hamam Abu Murkhiya, sur leur lieu de travail à l’intérieur de la mosquée.
Des sources sécuritaires ont indiqué à l’agence de presse palestinienne WAFA que les forces israéliennes ont mené des raids dans plusieurs quartiers de la ville, prenant d’assaut des maisons et endommageant leur contenu. Elles ont également mené un raid dans la ville de Yatta, au sud, prenant d’assaut des habitations, mais aucune arrestation n’a été signalée.
À Naplouse, les forces israéliennes ont arrêté à l’aube deux prisonniers récemment libérés dans la ville de Beita, au sud de la ville, après avoir mené un raid et perquisitionné des domiciles. Elles ont également mené un raid dans la localité de Burqa, au nord-ouest de Naplouse, interpellant plusieurs habitants et les soumettant à des interrogatoires sur place, mais n’ont procédé à aucune arrestation. Les villes de Bethléem et de Salfit ont été le théâtre de raids et d’incursions dans les maisons.
À Ramallah, des dizaines de colons armés ont pris d’assaut, dans la matinée, la zone située entre le village de Sarda et le quartier d’Al-Rayhan, au nord de la ville. D’après des sources sécuritaires, les colons ont erré dans les rues, jeté des pierres sur les véhicules des habitants et tiré des coups de feu en l’air pour les intimider. Ils ont également endommagé un mémorial sur le site.
Dans la région d’Al-Qate’, au sud du village d’Al-Mughayir, des colons ont lâché leur bétail sur des terres palestiniennes sous la protection des forces armées, selon des vidéos diffusées par des militants. À Al-Mughayir également, les forces d’occupation ont pris d’assaut le village avec des véhicules militaires et ont arrêté un jeune Palestinien. Dans la localité d’Abwein, au nord de Ramallah, des soldats ont tiré des grenades lacrymogènes sur des cueilleurs d’olives et les ont empêchés d’accéder à leurs terres dans les zones de Wadi al-Laban et de Gharaba, pour la deuxième fois consécutive.
À Salfit, des colons ont incendié des oliviers dans la zone de Wadi al-Shaer, située entre la ville et la localité d’al-Lubban al-Sharqiya, une zone constamment soumise à des attaques, notamment des agressions contre les agriculteurs, le vol de fruits et la destruction de véhicules.
À Al-Lubban Al-Sharqiya, au sud de Naplouse, une vidéo publiée jeudi sur Instagram par un militant documente l’appel à l’aide du citoyen Mu’ayyad Hussein, qui affirme avoir reçu des menaces de mort et d’incendie criminel de la part de colons qui ont installé des drapeaux israéliens devant son café et l’ont accusé de les avoir enlevés. Il expliqua que des colons avaient déjà incendié et pillé son magasin à quatre reprises, soulignant sa détermination à rester sur place.
À Masafer Yatta, au sud d’Hébron, des images vidéo ont montré des colons lâchant leur bétail à Khirbet Umm al-Khair.

