Un nouveau plan américain pour stopper la guerre à Gaza serait sur la table. Les États-Unis ont présenté leurs propositions aux pays de la région en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Si le Premier ministre israélien a réitéré son opposition à un État palestinien, Paris et Washington sont persuadés qu’il y a encore un coup à jouer. « Tout cela est en train de converger », confie une source diplomatique française. Les échos de la rencontre mardi entre le Président US et des pays arabes à l’ONU sont bons, selon Paris. Et le nouveau « plan en 21 points pour la paix au Moyen-Orient et à Gaza » présenté par Washington est bien reçu.
L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, ont revu leur copie : déniant la « riviera » du plan américain précédent, ils proposent une autorité de transition sans le Hamas, l’un des points clés de l’autre plan préparé par la France et l’Arabie saoudite.
Des propositions répondent aussi « aux préoccupations d’Israël » selon l’émissaire américain Steve Witkoff, qui a déclaré être « plein d’espoir, et je dirais même confiant, que dans les jours à venir, nous serons en mesure d’annoncer une sorte de percée ».
D. Trump est le seul à pouvoir peser sur B. Netanyahu attendu lundi à la Maison Blanche. Un tête-à-tête qui pourrait tout changer, espère un diplomate français.En attendant, le Premier ministre israélien est attendu vendredi à l’ONU, où rappelons-le, 142 pays – soit les trois quarts des pays membres – ont voté la déclaration de New York qui reconnaît l’État de Palestine.
Jeudi, le siège de l’ONU accueillera également une réunion sur l’avenir de l’agence onusienne pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), accusée par Israël de complicités avec le Hamas. « Depuis 75 ans, l’Unrwa a apporté une éducation de base et gratuite à des millions de Palestiniens réfugiés dans la région. Elle a des plans, la capacité d’accompagner un retour progressif à l’éducation dans Gaza, quand un cessez-le-feu sera décrété », a affirmé mercredi son président Philippe Lazzarini dans un plaidoyer pro domo.
Dans la bande de Gaza, la résistance assure avoir détruit deux bulldozers D-9 israéliens. La veille, les Brigades al-Qassam, branche armée du Hamas, ont annoncé avoir « ciblé deux chars israéliens Merkava avec deux missiles Yasin 105 dans le quartier de Tal al-Hawa, au sud de Gaza, tuant et blessant leurs équipages ». Les Brigades ont aussi déclaré que « leurs combattants ont réussi mardi à détruire des positions ennemies à Karni, à l’est de Gaza, avec des obus de mortier et plusieurs roquettes Rajum de 114 mm ».
De leur côté, les Brigades Al-Qods, branche armée du Jihad islamique, ont annoncé « avoir détruit un véhicule militaire israélien en faisant exploser un engin explosif antichar lors de leur incursion dans le quartier de Tal al-Hawa, au sud-ouest de Gaza, mardi ».
L’occupation israélienne a reconnu mardi la mort de deux soldats dans la bande de Gaza. Un soldat israélien est mort des suites de graves blessures subies lors d’une embuscade de la résistance dans la ville de Gaza, a annoncé un porte-parole de l’armée d’occupation israélienne. Cela sans compter le dernier mort annoncé jeudi…
Une armée contre les massacres
Gustavo Petro, président colombien, a proposé à l’Assemblée générale de l’ONU la création d’une force armée pour mettre fin au génocide israélien à Gaza, dénonçant l’échec de la diplomatie. « Nous avons besoin d’une armée puissante issue de pays qui refusent d’accepter les massacres. C’est pourquoi j’en appelle aux nations et aux peuples du monde : plus que jamais, unissons nos forces militaires et nos armes, en tant que partie intégrante de l’humanité. Nous devons libérer la Palestine. »
« Chaque jour, chaque minute, un missile détruit les corps de bébés et d’enfants […] il faut une armée puissante de pays qui refusent le génocide », a regretté le G. Petro. Et d’ajouter : « On ne nous écoute pas quand nous votons pour mettre fin au génocide à Gaza, même si nous représentons la majorité des présidents du monde et la plus grande partie de l’humanité. Une minorité de dirigeants, capables d’arrêter les bombardements, refusent d’agir ».
Le président colombien a également accusé Washington et l’OTAN de « tuer la démocratie » et de raviver « la tyrannie et le totalitarisme » à l’échelle mondiale. Il a souligné la nécessité de hisser « le drapeau de la liberté ou de la mort », qui, selon lui, devrait être accompagné de la couleur blanche, symbole de paix et d’espoir. Les propos du président colombien ont conduit à la sortie de la délégation américaine de la salle.
Rappelons qu’Israël a tué plus de 65.000 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants, depuis le début de sa guerre génocidaire contre Gaza lancée le 7 octobre 2023.
Intimidation en Méditerranée
La direction de la Flottille internationale Somoud, qui se dirige vers Gaza pour briser le siège israélien, a affirmé jeudi matin que plusieurs gouvernements ont averti leurs citoyens à bord du navire d’une « attaque israélienne imminente ». La Flottille naviguait vers les eaux territoriales grecques afin de réduire le risque d’une attaque israélienne contre les militants à bord. Des militants à bord du navire Omar Al-Mokhtar ont fait état de trois drones israéliens qui effectuait une « opération de surveillance ». Ils ont affirmé que le navire naviguait toujours seul pour rattraper la flottille. Ajoutant que le navire comporte une clinique médicale mobile et poursuivra sa voie malgré les dangers. La flottille ayant déjà subi plusieurs attaques de la part d’Israël qui ont été condamnées par le ministre italien de la Défense.
La Flottille internationale Somoud qui vise à briser le blocus dans la bande de Gaza, a précisé avoir subi 12 attaques israéliennes aux drones visant neuf de ses bateaux. Elle a qualifié « d’escalade dangereuse » ces frappes.
Entre-temps, Guido Crosetto, ministre italien de la Défense, a fermement condamné l’attaque contre la flottille voulant acheminer de l’aide à la bande de Gaza. Dans un communiqué, il a ajouté avoir ordonné à un navire de la marine italienne de se diriger vers la flottille pour lui porter assistance. Le responsable italien a en outre annoncé qu’il avait envoyé un navire de la marine italienne dans la région pour éventuellement venir en aide à ses citoyens. G. Crosetto a souligné que les formes de protestation non violentes et conformes au droit international devaient être préservées dans les démocraties. « Nous ne pouvons que condamner avec la plus grande fermeté l’attaque menée à l’aide de drones par des personnes dont l’identité est actuellement inconnue contre les navires de la Flottille Somoud, à bord desquels se trouvaient également des citoyens italiens », a-t-il déclaré. Il a annoncé que la frégate polyvalente « Fasan » de la marine italienne, située au nord de Crète, avait pris la mer pour se rendre dans la région afin de venir en aide à ses ressortissants.
G. Crosetto a également indiqué que l’attaché militaire de l’ambassade d’Israël à Rome, l’ambassadeur d’Italie à Tel-Aviv et la cellule de crise du ministère italien des Affaires étrangères avaient été informés de l’envoi de la frégate de la marine italienne dans la région. De son côté, Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a annoncé que son pays avait proposé de remettre l’aide destinée à la flottille pour Gaza au Patriarcat latin afin d’en faciliter l’acheminement.
La démarche italienne a été suivie aussi par une autre provenant de l’Espagne. Un bâtiment de guerre espagnol a été envoyé en Méditerranée pour porter main forte à la flottille Somud et jouer la carte de l’intimidation…
