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Guerre fratricide au Soudan : L’armée, comme les FSR, en quête de sang neuf

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Les combats n’en finissent pas au Soudan. Depuis l'échec des pourparlers organisés par les États-Unis et l'Arabie saoudite à Djeddah, aucune initiative diplomatique pour renouer le dialogue n'est intervenue. Les belligérants ont intensifié leurs opérations particulièrement dans la capitale Khartoum qui, mardi, a été la journée la plus violente depuis des semaines.
L’armée, comme les FSR, en quête de sang neuf

C’est à Omdurman, l’une des trois grandes villes composant Khartoum, que les combats les plus violents ont eu lieu ces dernières 72 heures, selon la population locale. De leur côté, les Comités de résistance, qui ont dénombré 24 morts et une centaine de blessés parmi les civils.

D’après des observateurs militaires, l’armée régulière, dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhan, cherche à couper les lignes d’approvisionnement des Forces de soutien rapide (FSR), commandées par le général Mohamed Hamdane Daglo, alias « Hemedti ». Cette ville se trouve à l’ouest et au nord-ouest de la capitale, et par où passent les convois de carburant, de munitions, de pièces de rechange et de renforts en provenance du Darfour.

Un chasseur-bombardier de l’armée qui avait mené des frappes sur les positions des paramilitaires à Omdurman a d’ailleurs été abattu mardi au-dessus de Khartoum-Nord. Et l’armée a également ciblé les ponts sur le Nil, cherchant ainsi à séparer les zones contrôlées par les milices du général « Hemedti ». De violents combats ont également été signalés mardi à Nyala, la capitale du Sud-Darfour assiégée par les FSR.

Mais dans tout l’ouest et le sud du pays, les communications sont très difficiles et des centaines de milliers de Soudanais ont fui vers le Tchad, l’Éthiopie et le Soudan du Sud.

L’armée s’est déclarée lundi prête à « recevoir et préparer » des combattants volontaires. La question de l’armement des civils, qui plongerait le pays dans la guerre civile, fait débat depuis des semaines. Les « jeunes et les hommes qui en sont capables » doivent s’enrôler, a lancé le chef de l’armée le 27 juin, dans son discours à la nation pour la fête de l’Aïd al-Adha.

Au Darfour, vaste région frontalière du Tchad, des civils armésont déjà participé aux combats, de même que des combattants tribaux. Le gouverneur de la région Minni Minnawi, ancien chef rebelle aujourd’hui proche de l’armée, avait déjà au mois de mai appelé les civils à prendre les armes.

Également lundi, une coalition de tribus arabes de l’État du Sud-Darfour a annoncé dans une vidéo mise en ligne son allégeance aux FSR et appelé ses membres à déserter l’armée pour rejoindre les rangs des paramilitaires. L’annonce fait suite à l’appel lancé par l’armée régulière aux jeunes soudanais pour intégrer leur rang. Cet alignement n’est pas étonnant pour Marc Lavergne, chercheur, spécialiste du Soudan. Ces appels renforcent les avertissements de l’ONU, qui affirme que la guerre a désormais une « dimension ethnique » au Darfour. L’organisation estime que les exactions commises dans cette région, principalement par les FSR et des milices arabes alliées contre des civils non-arabes, pourraient constituer des « crimes contre l’humanité ».  Le décompte des agressions sexuelles, attribuées par la quasi-totalité des rescapées aux FSR, s’alourdit chaque jour, selon l’organe gouvernemental de lutte contre les violences faites aux femmes. Les FSR accusent également l’armée d’« odieux massacres », notamment dans la région de Khartoum, selon un communiqué publié mardi.

À Khartoum, 60 hôpitaux restent toujours fermés en raison de leur occupation par les paramilitaires qui s’opposent à l’armée régulière depuis le déclenchement de la guerre le 15 avril. Les personnes qui souffrent de maladies qui nécessitent des traitements permanents sont les victimes invisibles de cette guerre. Des centaines de malades, qui souffrent du cœur, des reins, du diabète ont ainsi perdu la vie chez eux…

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