Lundi, vers 2h (heure de Moscou), Kiev a mené une nouvelle attaque à l’aide de drones contre la station de pompage de pétrole Kropotkinskaïa de l’oléoduc Caspian Pipeline Consortium dans la région de Krasnodar, a indiqué le ministère russe de la Défense. La défense antiaérienne a intercepté un drone d’attaque ukrainien à 7 km de cette infrastructure énergétique internationale. Des fragments de l’appareil sont tombés près de la gare ferroviaire de Kavkazskaïa. Le ministère rappelle que cette station avait déjà été attaquée par le régime de Kiev le 17 février. L’attaque avait causé des dommages à l’installation, la mettant hors service et obligeant à des travaux de réparation. Par ailleurs, le 19 mars, quelques heures après la décision du président russe Vladimir Poutine d’accepter la proposition de son homologue américain de suspendre temporairement les frappes contre l’infrastructure énergétique, le régime de Kiev avait lancé trois drones contre un site du Caspian Pipeline Consortium dans la même région, assurant le transfert du pétrole des citernes ferroviaires vers le réseau d’oléoduc d’une société internationale de transport de pétrole. Ainsi, malgré les déclarations de Volodymyr Zelensky, y compris celles faites à la partie américaine, le régime de Kiev continue de planifier, de préparer et d’exécuter délibérément des attaques contre les infrastructures énergétiques, y compris internationales, situées sur le territoire de la Fédération de Russie, a conclu le ministère de la Défense.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a précisé que le chef d’État russe n’avait pas modifié son ordre de ne pas frapper les infrastructures énergétiques ukrainiennes, malgré les violations de la trêve de 30 jours commises par le régime Kiev.
L’armée russe a abattu 28 drones dans la nuit du 23 au 24 mars, a rapporté le ministère russe de la Défense. Selon le communiqué, la plupart des drones, soit douze, ont été neutralisés au-dessus de la région de Briansk, limitrophe de l’Ukraine. Douze autres drones ont été abattus au-dessus de la région de Rostov-sur-le-Don, également à la frontière avec l’Ukraine. Les forces de défense aérienne russes ont également abattu deux drones au-dessus de la péninsule de Crimée. Deux autres drones ont encore été détruits au-dessus du territoire de Krasnodar, dans le sud de la Russie, ainsi qu’au-dessus des eaux de la mer d’Azov.
Kiev continue de mener des attaques aériennes sur les territoires russes. L’une des plus importantes a eu lieu le 11 mars : l’armée russe a abattu 337 drones ukrainiens au cours de la nuit. Ces frappes ont tué au moins 3 personnes. Bien que V. Poutine ait accepté un accord visant à mettre fin aux frappes de Moscou et de Kiev sur les infrastructures énergétiques lors d’une conversation téléphonique avec D. Trump le 18 mars, l’armée ukrainienne continue de lancer ses drones sur les installations énergétiques russes. Le 19 mars, un dépôt pétrolier russe a été attaqué et, dans la nuit du 20 au 21, la station de comptage de gaz de Soudja a été sabotée. Le ministère russe de la Défense a accusé Kiev de discréditer les efforts russes et américains en faveur d’une paix durable et fiable.
« Nous allons parler d’un cessez-le-feu en mer Noire pour que les deux parties puissent transporter des céréales et du carburant, et reprendre leur commerce en mer Noire.Ensuite, nous parlerons de la ligne de contrôle, c’est-à-dire des vraies lignes de front, pour aborder ensuite en détail les mécanismes de vérification, le maintien de la paix, le gel des lignes de front là où elles sont maintenant et puis, bien sûr, l’instauration d’une paix globale et durable, avec une discussion sur la question des territoires en vue d’instaurer une paix permanente et durable », a indiqué M. Waltz. Il a également souligné que la perspective d’une résolution pacifique du conflit en Ukraine se rapprochait, les États-Unis ayant mené plusieurs initiatives diplomatiques permettant d’ouvrir des négociations avec la Russie et l’Ukraine.
« Nous nous rapprochons et sommes plus proches de la paix que nous ne l’avons jamais été. Tout a commencé quand le président Trump s’est entretenu avec les deux dirigeants. Le secrétaire d’État Rubio et moi avons engagé les Russes et les Ukrainiens à notre niveau, et maintenant, nous avons des équipes composées de Russes et d’Ukrainiens dans les mêmes locaux qui mènent des pourparlers de proximité. Le progrès est que nous avons un cessez-le-feu sur des infrastructures aériennes. Celui-ci est devenu effectif immédiatement après l’appel du président Trump avec le président Poutine cette semaine », a-t-il précisé. D’après Iouri Ouchakov, conseiller du maitre du Kremlin, la partie russe y sera représentée par G. Karassin et Sergueï Besseda, conseiller du directeur du Service fédéral de sécurité. Des « négociateurs expérimentés qui connaissent parfaitement la problématique internationale. Nous espérons que les consultations qui se tiendront lundi seront constructives », a-t-il précisé. Iouri Ouchakov avait également souligné que ces entretiens porteraient sur la création de groupes d’experts des deux pays afin d’examiner les perspectives de la mise en œuvre de l’initiative liée à la sécurité de la navigation en mer Noire. « En juin 2022, des engagements similaires avaient été conclus avec l’aide et avec la participation du secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Cependant, ces accords n’ont jamais été pleinement mis en place », a rappelé le conseiller du président russe.
Mise en garde à Paris
D. Peskov a critiqué la militarisation de l’Europe et jugé dangereuses les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’extension de la dissuasion nucléaire française. Il a salué le ton pacifique de l’administration Trump et doute de la crédibilité des promesses de Kiev, l’Ukraine n’ayant pas respecté ses engagements, notamment sur la trêve énergétique.
Lors d’une interview accordée au journaliste russe Pavel Zaroubine, le porte-parole du Kremlin a vivement critiqué les récentes déclarations d’E. Macron sur l’éventuelle extension de la dissuasion nucléaire française pour « protéger l’Europe contre la Russie ». Il a qualifié ces propos de « très dangereux » et dénoncé la militarisation croissante du continent européen.
D’après D. Peskov, l’Europe persiste dans une approche erronée du conflit en Ukraine, préférant accroître ses dépenses militaires et envisager le déploiement de troupes sur le sol ukrainien plutôt que de s’attaquer aux causes profondes du conflit. « D’une part, l’Europe doit absolument être intéressée par la paix. L’Europe parle désormais de la guerre et de la façon dont elle se militariserait. […] Il y a un paradoxe : l’Europe, au lieu de chercher à éliminer les causes profondes du conflit ukrainien, et il est impossible de mettre fin à la guerre sans éliminer les causes profondes du conflit en Ukraine, a l’intention d’ajouter à ces causes profondes les contingents des pays de l’OTAN qui, comme ils le prétendent, pourraient être déployés sur le territoire de l’Ukraine », a-t-il fait remarquer.
D. Peskov s’est également interrogé sur la décision des dirigeants européens de consacrer 800 milliards d’euros à la militarisation au lieu d’investir dans les soins de santé ou le développement des infrastructures. Il a rappelé que la priorité de l’Europe devrait être de lever les obstacles aux relations avec la Russie et de favoriser un développement harmonieux sur une base mutuellement bénéfique. Il a aussi exprimé l’espoir qu’à l’avenir, des dirigeants européens dotés d’une véritable vision politique émergeraient et comprendraient l’importance de bon voisinage avec la Russie.
Le porte-parole du Kremlin a également traité la question des relations russo-américaines après l’entrée en fonction de la nouvelle administration à Washington. Il a souligné une nette rupture de cette dernière avec la politique menée par l’administration Biden. Selon lui, la nouvelle approche de Washington est bien plus en phase avec les intérêts de Moscou. D. Peskov a noté un changement significatif dans la rhétorique américaine sous l’administration Trump, mettant en avant une approche plus axée sur la paix et le dialogue. Contrairement à l’administration précédente, qui privilégiait une posture de confrontation, la Maison Blanche actuelle met en avant des perspectives de négociations et de coopération économique. Cette nouvelle orientation, selon le porte-parole du Kremlin, est perçue à Moscou comme un signal positif, ouvrant la voie à des discussions plus pragmatiques et moins conflictuelles.
Interrogé sur une éventuelle prise de contrôle par Washington d’infrastructures stratégiques en Ukraine, D. Peskov a refusé de spéculer, rappelant que Moscou ne disposait pas d’informations précises sur le contenu des discussions entre les États-Unis et l’Ukraine. Il a toutefois insisté sur la faible crédibilité des engagements pris par Kiev, citant les récents bombardements sur les infrastructures énergétiques russes en dépit d’un accord de trêve de 30 jours. Le porte-parole du président russe a laissé entendre que les déclarations du régime de Kiev et ses discussions avec Washington ne déboucheraient pas nécessairement sur des actions concrètes, ce qui renforcerait, selon lui, les doutes quant à leur sincérité et leur fiabilité.