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Guerre au Machrek : Le Maroc exposé, selon Allianz

by Perspectives Med
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Guerre au Machrek : Le Maroc exposé, selon Allianz

Ce constat repose sur le fait que le Royaume demeure largement tributaire des importations de produits pétroliers, l’exposant ainsi de plein fouet aux fluctuations des prix à l’échelle internationale. Le rapport souligne que le pays correspond parfaitement à la notion de « dépendance énergétique », mettant en lumière les impacts potentiels sur sa monnaie et sa croissance. D’autres pays de la région, tels que l’Égypte, la Tunisie ou la Jordanie, sont également cités ; à l’instar du Maroc, ils se trouvent dans une position « fragile » en raison de leurs besoins structurels en importations.

Toutefois, le Maroc dispose encore de « lignes de défense » économiques qui empêchent, pour l’instant, la situation de se transformer en crise ouverte. Ses réserves en devises couvrent environ six mois d’importations, offrant aux autorités une marge de manœuvre précieuse pour atténuer l’impact d’un éventuel choc sur les ménages et les entreprises. Néanmoins, le rapport place le pays dans une zone de « pression aiguë » (Acute Pressure) si le conflit venait à s’enliser, et ce, pour deux raisons principales.

La première tient à des facteurs structurels : le « triple déficit » qui menace le Royaume. Aux données du bilan énergétique (un déficit atteignant -5,0 % du PIB), s’ajoutent un déficit budgétaire de -4,5 % et un déficit du compte courant de -1,5 %. Cette combinaison rend le dirham et les rendements des obligations souveraines « vulnérables à des fluctuations rapides ».

La seconde raison est liée à la « faiblesse des stocks » : avec des réserves pétrolières ne couvrant que 30 jours, le Maroc affiche une résilience bien moindre face aux imprévus géopolitiques que des pays comme la Pologne (121 jours) ou la Chine (100 jours).

Cette configuration globale rend l’économie nationale « très sensible » à toute perturbation des cours mondiaux de l’énergie, déjà qualifiés d’« élevés » dans le document. À titre d’illustration, le coût des importations énergétiques a dépassé la barre des 10 milliards de dollars l’an dernier, selon les données gouvernementales.

Si le détroit d’Ormuz devait rester fermé plus de trois mois, le scénario anticipé est celui d’un « choc des prix », entraînant une hausse de l’inflation estimée entre +0,8 et +1 point de pourcentage. Cependant, le véritable péril résiderait dans une « rupture d’approvisionnement ». Dans un tel cas de figure, le Maroc ferait face à « de fortes pressions pour sécuriser des volumes suffisants d’hydrocarbures », d’autant plus que les 30 jours de réserves stratégiques ont récemment été confirmés par une source officielle du ministère de la Transition énergétique.

Face à ces vulnérabilités, les experts rappellent l’urgence d’accélérer la diversification du mix énergétique national afin de réduire cette dépendance structurelle qui pèse lourdement sur les équilibres macroéconomiques.

Actuellement, le Maroc se situe dans une « zone intermédiaire ». S’il reste exposé aux chocs mondiaux, il dispose encore de fondamentaux suffisamment solides pour y faire face, à la stricte condition que la flambée des prix ne se transforme pas en rupture physique des approvisionnements.

Sur le plan monétaire, le rapport estime que Bank Al-Maghrib devrait opter pour le maintien de ses taux directeurs (posture « on hold »), dans le but de préserver la stabilité du dirham et de contenir l’« inflation importée ».

Enfin, le document pointe du doigt l’émergence potentielle d’une « prime de risque énergétique » (Energy Risk Premium). L’analyse prévoit l’application d’une « prime de risque énergétique ciblée », se traduisant par un surcoût exigé par les investisseurs en raison des tensions autour du détroit d’Ormuz. Cela impliquerait inévitablement un renchérissement du coût du financement pour le pays et une pression accrue sur sa monnaie.

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