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F-E. Mansouri reçue par le Souverain : La « patronne » du PAM chargée de constituer le gouvernement

by Perspectives Med
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F-E. Mansouri reçue par le Souverain : La « patronne » du PAM chargée de constituer le gouvernement

L’actuelle maire de Marrakech n’était pas la seule, au sein du PAM, à convoiter cette place de cheffe du gouvernement. Faouzi Lekjaa, nouvel arrivant à l’institution suprême de la formation, n’aura pas été choisi pour le poste de deuxième homme dans la structure du pouvoir. Une déconvenue à la mesure des déclarations désintéressées faites par le patron de la Fédération marocaine royale du football (FMRF) lors des sorties qu’il a multipliées dans le cadre de la campagne électorale. Ainsi, à 50 ans, F-E El Mansouri marque, par sa nomination, une nouvelle page de la vie politique marocaine. Première femme à devenir cheffe du gouvernement, l’avocate de formation fait partie des figures du PAM, qu’elle a rejoint à sa formation en 2008. Elle en a intégré le comité collégial de direction en 2024. Si elle est réputée pour être « novice » dans le jeu politique, elle a pourtant réussi à collectionner trois mandats de députée dans la circonscription de Medina Sidi-Youssef pendant dix ans avant d’intégrer, en 2021, le gouvernement sortant d’Aziz Akhannouch en tant que ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville.

Missionnée pour constituer une majorité au Parlement et choisir les nouveaux membres du gouvernement, l’heureuse élue devra faire preuve de beaucoup de tact pour réussir la constitution d’un nouvel Exécutif, sans heurts qui pourraient prendre les formes d’un nouveau blocage. A l’issue de son audience avec le Roi, F-E. Mansouri n’a pas dérogé à la règle face aux médias. «J’ai eu l’honneur aujourd’hui d’être reçue par Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, et d’être nommée par lui cheffe du gouvernement », a-t-elle déclaré ajoutant que la rencontre lui avait permis de recevoir les « Hautes Orientations de Sa Majesté pour la gestion de la prochaine étape ». Cet événement marquant représente, à ses yeux, une « source de fierté pour moi et pour toutes les femmes de la nation ». Elle a souligné la sollicitude royale constante envers les femmes marocaines et estimé que sa nomination envoie un message à toutes les femmes pour qu’elles œuvrent dans une société unie et mobilisée.

F-E. Mansouri a précisé qu’elle entamerait immédiatement des consultations internes au sein du parti, avant d’initier des discussions avec toutes les formations politiques. « Nous sommes pleinement conscients de l’importance de cette étape, qui suscite de grandes attentes, notamment chez les jeunes », a-t-elle affirmé, en promettant « un programme apportant des solutions réelles et réalistes ».

Il faut dire que les observateurs avertis de la scène politique n’ont pas manqué de saluer le choix symbolique fait par le Souverain. Toutefois, ce choix s’en trouve parasité par le scandale du bourrage et du tripatouille des urnes par le PAM. PJD, PPS et Coalition de gauche n’ont pas manqué de l’entonner sur tous les toits. La preuve, Mounir Laymouri, maire de Tanger et coordonnateur provincial du PAM, a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire sur des documents électoraux liés au bureau de vote de l’école Al-Qods dans la ville.  Cette décision fait suite à son audition par la police judiciaire, après des enquêtes de terrain et des expertises techniques ayant déjà mené à l’arrestation des présidents de deux bureaux de vote, de leurs adjoints et d’une autre personne. L’objectif est de mettre en lumière les circonstances de cette affaire et d’établir les responsabilités. M. Laymouri, qui préside également le Conseil communal de Tanger, a été interpellé par les autorités lundi matin, à son retour d’Espagne. Les investigations continuent concernant les irrégularités ayant marqué le processus électoral dans la circonscription de Tanger-Assilah. Si l’aiguille reste principalement focalisée sur la capitale du Détroit, il n’en reste pas moins que les adversaires du PAM font valoir que d’autres irrégularités ont émaillé les épreuves rotatives. Le PAM est placé dans le banc des accusés.

Réagissant au scandale qui a secoué Tanger, le PAM s’est dit prêt à prendre les mesures nécessaires si une responsabilité ou un lien avec le parti est établi. Dans un communiqué publié lundi 28 septembre, à la veille de l’audience royale, le secrétariat général collégial du parti a salué le « processus sérieux et responsable » de l’enquête sur les incidents dans deux bureaux de vote de la circonscription de Tanger-Assilah. Le PAM appuie sa confiance dans la poursuite de cette enquête pour établir toute la vérité.

Le parti a déjà pris des mesures contre toute personne portant atteinte à ses valeurs et à son projet, et se dit prêt à en tirer toutes les conséquences si les enquêtes en cours le concernent. La direction collégiale assure qu’elle annoncera les résultats des investigations « avec le même courage et la même clarté », en assumant pleinement ses responsabilités, précise le communiqué.

Parallèlement à l’implication de la justice pour dégager les responsabilités dans le scandale de Tanger, le ministère de l’Intérieur a envoyé une commission centrale d’inspection pour enquêter sur les irrégularités possibles dans le processus électoral dans deux bureaux de vote de la circonscription Tanger-Assilah. La commission doit mener les investigations administratives nécessaires et examiner les données relatives aux incidents signalés.

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