Le nouveau vecteur de la puissance militaire iranienne a été dévoilé à l’occasion du 43e anniversaire de la victoire de la Révolution islamique, en présence du général Mohammad Baqeri, chef d’état-major général des forces armées.
Le missile Khaibar Shekan fait partie des exploits de la troisième génération de missiles longue portée des GRI. Doté des caractéristiques uniques, ce missile qui carbure au combustible solide est capable de surpasser le bouclier antimissile lors de la phase d’atterrissage. Conçu par les scientifiques de l’armée de l’air du CGRI, son poids a été réduit d’un tiers par rapport à des échantillons similaires, alors que son temps de production et de lancement a été restreint au sixième. Evoluant à grande vitesse, le Khaibar Shekan est capable d’atteindre des cibles allant jusqu’à 1450 km.
La veille de cette nouvelle démonstration de force, les négociations sur le nucléaire iranien avaient repris à Vienne au moment où les Etats-Unis ont estimé lundi qu’un accord était « en vue » et que sa conclusion devenait « urgente ». Un porte-parole du département d’Etat américain a assuré à l’AFP qu’un « accord qui réponde aux préoccupations-clés de toutes les parties est en vue, mais s’il n’est pas conclu dans les prochaines semaines, les avancées nucléaires de l’Iran rendront impossible notre retour » dans le texte de 2015, a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, un bref communiqué de l’Union européenne, chargée de coordonner cet exercice diplomatique avait annoncé que les parties concernées allaient « continuer les discussions » mardi dans la capitale autrichienne.
Les négociateurs s’étaient quittés fin janvier en appelant à des « décisions politiques » après les « progrès » réalisés au cours du mois, qui avaient permis de sortir d’une longue impasse. Les pourparlers, qui ont débuté au printemps 2021, se déroulent entre les Iraniens et les parties restantes à l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie), avec la participation indirecte des Américains.
Les Etats-Unis se sont retirés en 2018, sous la présidence de Donald Trump qui le jugeait insuffisant, de ce texte conclu trois ans plus tôt pour garantir la nature pacifique du programme nucléaire iranien. Ils ont rétabli dans la foulée leurs sanctions économiques; en riposte, la République islamique s’est affranchie des restrictions-clés à son programme nucléaire.
Les négociations visent à mettre en oeuvre un « retour mutuel » de Washington et Téhéran dans l’accord.
Les Etats-Unis ont prévenu la semaine dernière qu’il ne restait plus que « très peu de semaines », disant de nouveau souhaiter des négociations « directes » pour parvenir à un compromis dans cette « dernière ligne droite ».
« Nous soutenons depuis longtemps qu’il serait plus productif de parler avec l’Iran de manière directe », a souligné lundi le porte-parole de la diplomatie américaine. « Toutefois, les pourparlers vont demeurer indirects, à la demande de l’Iran. Les Etats-Unis n’ont participé à aucune réunion directe avec l’Iran », a-t-il ajouté.
Le chancelier allemand Olaf Scholz a jugé « le moment décisif », dans une interview au Washington Post mise en ligne lundi. La Russie a estimé qu’il s’agissait de la « dernière étape » des négociations. « Nous sommes à cinq minutes de la ligne d’arrivée », a affirmé son négociateur Mikhaïl Oulianov dans un entretien publié lundi par le quotidien russe Kommersant. Selon lui, un « projet de document final » de vingt pages a été mis au point, et peut servir de « base » pour « conclure assez rapidement » les discussions, même si « plusieurs points » doivent encore être débloqués.
De son côté, Téhéran a renvoyé la balle aux Américains. « Il est naturel que la République islamique d’Iran s’attende à ce que les décisions nécessaires soient prises de l’autre côté, en particulier à Washington », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous espérons que la délégation américaine reviendra à Vienne avec des instructions claires sur la manière de remplir ses obligations sur la levée des sanctions », a précisé Saïd Khatibzadeh, dans l’attente d’ « engagements concrets ».
Vendredi, Washington avait fait un geste en annonçant le rétablissement des dérogations-clés protégeant de la menace des sanctions US les pays et entreprises étrangères impliqués dans des projets nucléaires civils non militaires. Cette décision doit permettre de « faciliter » des « discussions techniques » qui sont « nécessaires dans les dernières semaines des pourparlers », a expliqué la diplomatie américaine, estimant qu’il « ne s’agit pas d’une concession à l’Iran ».
Si les Américains souhaitent montrer leur « bonne volonté », cela reste « insuffisant », a réagi Hossein Amir-Abdollahian, chef de la diplomatie iranienne.
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