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Du 7 octobre au 7 février : Des mois d’horreur dans la bande de Gaza

La guerre est entrée mercredi dans son cinquième mois avec de nouveaux bombardements israéliens à Khan Younès, où selon l’armée sioniste se cachent des responsables du Hamas. Le dernier bilan du ministère de la Santé à Gaza, fait état de 27 708 martyrs et de 67 147 blessés. C’est dans cette atmosphère tendue qu’intervient le séjour, à Tel-Aviv, d’Antony Blinken, chef de la diplomatie US pour évaluer l’offre du Hamas portant sur la fin des hostilités dans la bande de Gaza. Une offre qui, aux dernières nouvelles, a été rejetée par le chef du gouvernement israélien…
Du 7 octobre au 7 février : Des mois d’horreur dans la bande de Gaza

Le Hamas a confirmé mardi 6 février avoir remis sa réponse aux médiateurs égyptiens et qatariens à une proposition de trêve formulée fin janvier à Paris par des responsables américains, qatariens et égyptiens. Selon Le Caire et Doha, cette réponse était « généralement positive ». Israël a confirmé l’avoir reçue et l’étudier. Le Premier ministre israélien a assuré en conférence de presse qu’il rejetait l’offre du Hamas pour mettre un terme à la guerre qui fait rage dans la bande de Gaza au grand dam des civils palestiniens. Une réponse qui intervient à l’issue de ses entretiens avec le chef de la diplomatie US qui, de la sorte, aura fait cinq déplacements en Israël.

Arrivé mardi à Tel-Aviv, après son périple en Arabie saoudite, Égypte, et au Qatar, le secrétaire d’État américain s’est rendu mercredi dans les Territoires palestiniens, et plus précisément à Ramallah, en Cisjordanie occupée, siège de l’Autorité palestinienne où il s’est entretenu avec son président, Mahmoud Abbas. Après les rencontres entre le secrétaire d’État US et le Premier ministre israélien, et avec le président Isaac Herzog plus tôt dans la journée, Washington expliquent dans un communiqué qu’A. Blinken et Benyamin Netanyahu « ont discuté des derniers efforts visant à obtenir la libération de tous les otages restants et de l’importance d’augmenter la quantité d’aide humanitaire atteignant les civils déplacés dans toute la bande de Gaza ».

Le chef de la diplomatie US a réitéré le soutien des États-Unis à « la création d’un État palestinien comme étant le meilleur moyen d’assurer une paix et une sécurité durables aux Israéliens et aux Palestiniens et une plus grande intégration de la région ». Et de réaffirmer « le soutien des États-Unis au droit d’Israël à s’assurer que les attaques terroristes du 7 octobre ne se reproduiront jamais » ainsi que « l’importance de prendre toutes les mesures possibles pour protéger les civils à Gaza ». Par ailleurs, A. Blinken et I. Herzog « ont discuté de la vision des États-Unis pour une paix et une sécurité plus durables pour Israël, pleinement intégrées dans la région et une solution à deux États avec des garanties de sécurité pour Israël ».

Le chef de la diplomatie américaine assure qu’il discute avec Israël de « pas supplémentaires » pour acheminer de l’aide dans la bande de Gaza. « Nous avons tous une obligation de faire tout ce qui est possible pour amener l’aide nécessaire à tous ceux qui en ont désespérément besoin », a ajouté A. Blinken, dans le sillage de son entretien avec B. Netanyahu. Le secrétaire d’État espère un accord sur les otages détenus dans l’enclave palestinienne, mais souligne à nouveau qu’il reste « beaucoup de travail » pour y parvenir. « Nous sommes très concentrés sur ce travail pour, nous l’espérons, être capables de reprendre la libération des otages qui a été interrompue », conclut A. Blinken, en allusion à la centaine d’otages libérés lors d’une semaine de trêve fin novembre.

Le secrétaire d’État US avait réitéré l’opposition des États-Unis au déplacement forcé des Palestiniens de Gaza à l’occasion de son entretien avec le président égyptien Abdel Fatah al-Sissi, au Caire, indiqué le département d’État. Le compte-rendu américain de leur réunion reprend l’argumentaire de l’administration Biden sur la guerre, à savoir la reconnaissance du rôle de médiation de l’Égypte et sa contribution à l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, le soutien à la coordination régionale pour lutter contre la menace des Houthis en mer Rouge et à une solution à deux États.

L’opposition des États-Unis au déplacement forcé des Palestiniens n’est pas nouvelle, mais elle est de nouveau mise sur le devant de la scène plus d’une semaine après une conférence à laquelle ont assisté près d’un tiers du gouvernement israélien et qui se disait favorable à l’émigration des Palestiniens de Gaza.

Alors que la ville de Rafah accueille désormais plus de 1,3 million de déplacés dans des conditions désespérées, soit cinq fois la population initiale de cette ville adossée à la frontière fermée avec l’Égypte, Israël a prévenu qu’il pourrait envoyer dans troupes dans Rafah dans le cadre de ses opérations contre le Hamas. Mais une telle opération « dans les conditions actuelles », pourrait « constituer des crimes de guerre », , a déclaré à Genève Jens Laerke, porte-parole du bureau de la coordination de l’aide humanitaire de l’ONU (Ocha) : « Une intensification des hostilités à Rafah pourrait entraîner des pertes de vies civiles à grande échelle. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour l’éviter ». Antonio Guterres s’est dit mercredi « particulièrement alarmé » par les informations selon lesquelles l’armée israélienne aurait l’intention de se concentrer sur Rafah pour la suite de ses opération à Gaza. Cela « aggraverait de façon exponentielle ce qui est déjà un cauchemar humanitaire avec des conséquences régionales incalculables », a déclaré le secrétaire général des Nations unies devant l’Assemblée générale de l’organisation. Et d’appeler à nouveau à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et à la libération inconditionnelle de tous les otages.

Les frappes intenses et les combats se poursuivent, notamment à Rafah, ville du sud de Gaza où les réfugiés s’entassent. Six policiers qui sécurisaient un camion d’aide ont été tués la veille mardi dans une frappe. Le ministère de la santé de Gaza a déclaré qu’au moins 107 personnes avaient été tuées en 24 heures. L’armée israélienne qui poursuit ses opérations sur plusieurs axes est confrontée à une vive résistance dans la ville de Gaza. Les combats y font rage plusieurs heures durant entre l’armée sioniste et la résistance palestinienne. Mais les combats ne se limitent pas à cette ville. Les Brigades al-Qods  ont signalé avoir tué 7 membres d’une force israélienne au moyen d’un obus TBG contre la maison où ils s’étaient retranchés à proximité de l’école al-Hayat à l’ouest de Khan Younes. Les Brigades Al-Qassam signalent, pour leur part, avoir réussi à détruire des chars israéliens. Ces opérations ne résument pas, bien entendu, la persistance de la résistance palestinienne, toutes factions confondues, à liquider les forces israéliennes dans la bande de Gaza.

La veille, les al-Qassam ont annoncé que leurs combattants avaient réussi à tirer sur un officier et un soldat d’occupation israélien dans la zone universitaire, à l’ouest de la ville de Gaza. Toujours dans les zones de combat de la ville de Gaza, deux transports de troupes israéliens ont été ciblés avec des obus Al-Yassin 105 dans la zone des universités, à l’ouest de la ville et détruit un centre de commandement des opérations de l’armée d’occupation avec des obus de mortier, à l’ouest du quartier de Tal Al-Hawa, au sud de la ville.

Dans le cadre d’une opération conjointe, les Brigades Al-Qassam et des Brigades Moudjahidine ont pu cibler un hélicoptère Apache avec un missile Sam-7, à l’ouest de la ville de Gaza.

Quant aux combats dans la ville de Khan Yunès, les al-Qassam ont visé un char de type Merkava avec un obus Al-Yassin 105 dans la zone d’Al-Hawuz et ciblé un groupe de soldats d’occupation barricadés à l’intérieur d’une maison avec un obus anti-fortifié TBG, provoquant un mort et un blessé dans la zone à l’ouest de la ville. Les al-Qassam ont également visé un bulldozer israélien D9 équipé d’un dispositif Shawaz dans la rue Al-Bahr, à l’ouest de la ville de Khan Yunis, ainsi qu’un char Merkava équipé avec un obus Al-Yassin 105, également à l’ouest de la ville.

De leur côté, les Brigades Al-Qods ont annoncé des tirs de missiles Grad contre des véhicules militaires d’occupation et des concentrations dans le quartier d’Al-Amal, à l’ouest de Khan Yunis.

À leur tour, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont annoncé que leurs combattants avaient engagés de violents affrontements avec des armes appropriées contre des soldats et des véhicules de l’ennemi sioniste sur les lignes de front à l’ouest de la ville de Gaza. Un bulldozer D9 a été détruit avec une bombe Storm, à l’ouest de la ville de Khan Yunis. Les Brigades Moudjahidines, branche militaire du Mouvement des Moudjahidines palestiniens, ont affirmé que leurs combattants avaient réussi à cibler la colonie Yad Mordechai dans le nord de la bande de Gaza avec une salve de missiles lundi. Et visé un char Merkava avec un obus à proximité de la zone des universités, à l’ouest de la ville de Gaza.

Alors que les opérations de résistance palestinienne se poursuivaient, l’armée d’occupation israélienne a reconnu la mort du commandant adjoint du 601e bataillon, affilié au Corps du génie de combat, lors des combats en cours dans le nord de la bande de Gaza.

A signaler que Younis al-Khatib, qui dirige la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS), et Kate Forbes, présidente de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, sont à Gaza pour la première fois depuis le 7 octobre. Le Croissant-Rouge palestinien rapporte sur le réseau social X qu’ils ont pour objectif de discuter des défis rencontrés par les médecins et d’explorer les moyens d’améliorer les services d’urgence et de secours pour les citoyens de Gaza.

Les partenaires de l’UNRWA, un ensemble d’organisations comprenant des ONG locales travaillant avec l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, affirment que seulement 4 de leurs 22 centres de santé restent opérationnels. Au total, 84% de leurs établissements de santé ont été touchés par des attaques, « un nombre impressionnant », ont écrit les partenaires de l’agence sur les réseaux sociaux.

Dans un post sur X, les partenaires de l’agence ont déclaré que le personnel « continue à fournir des soins de santé dans la mesure du possible ». L’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), criminalisée par Tel-Aviv et Washington, a déclaré mardi qu’un convoi humanitaire dirigé par l’organisation avait été bombardé alors qu’il transportait de la nourriture pour les habitants du nord de la bande de Gaza, précisant qu’il s’agissait du troisième cas où les forces israéliennes tiraient sur ses camions transportant de l’aide. Juliette Touma, directrice de la communication de l’Unrwa dans toutes les zones d’opération, a déclaré à Al Jazeera : « C’est la troisième fois qu’un convoi humanitaire dirigé par l’Unrwa est touché », en faisant référence à un incident survenu lundi. L’Unrwa a également publié des images avant et après sur son compte X, qui montrent le niveau de destruction de son centre de santé dans le nord de la bande de Gaza. L’organisation affirme que 84% des centres de santé de Gaza ont été touchés par les attaques et que seuls quatre des 22 centres de santé de l’Unrwa sont encore opérationnels.

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