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Dossier saharien : Le Polisario critique le projet de résolution US

Le projet de résolution sur la question du Sahara présenté, la semaine dernière, par les Etats-Unis aux membres du Conseil de sécurité, n’a pas été digéré par le Polisario. «La responsabilité des Nations unies et du Conseil de sécurité dans la décolonisation du Sahara occidental, dernière colonie d'Afrique, est en jeu», a souligné un communiqué produit lundi 24 octobre par le bureau permanent du secrétariat général du mouvement sécessioniste.

S’inscrivant en faux contre les appels de puissances internationales, y compris de la Russie, en faveur d’une solution politique au conflit, le Polisario affirme que Dans une réaction officielle qui s’inscrit en droite ligne des déclarations faites il y a quelques jours par son homme lige à New-York, les sécessionistes font valoir que «la paix au Sahara occidental passe impérativement par mettre un terme à la confiscation du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance et obliger le Maroc à cesser sa rébellion contre le droit et légitimité internationaux».

Comme ils sont souligné que «le peuple sahraoui» est décidé à «poursuivre avec unanimité, foi et confiance sa juste et légitime lutte sous la direction de son représentant légitime, le Front Populaire de Libération de Sakia Al-Hamra et Oued Eddahab, jusqu’à ce que la pleine souveraineté de la République Arabe Sahraouie Démocratique soit réalisée sur l’ensemble de son territoire national».

Cette réaction directe au projet de résolution écrit par les Etats-Unis tourne le dos aux appels réitérées par les puissances internationales, Russie comprise, en faveur d’une solution politique au conflit. La résolution, dont l’adoption est prévue le 27 octobre, a repris les observations émises par le secrétaire général de l’ONU dans son dernier rapport sur ce dossier. La proposition US a surtout «encouragé les pays voisins à prendre des mesures importantes et à contribuer activement à ce processus; et souligne l’importance pour toutes les parties prenantes de développer leurs positions afin d’avancer vers une solution».

Pour rappel, après la présentation du texte de l’administration Biden, Sidi Mohamed Ammar, représentant du Polisario  à New York, avait estimé que son mouvement «n’attend pas grand-chose de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité», a rapporté l’agence de presse sahraouie.

L’administration Biden a invité, samedi via Wendy Sherman, secrétaire d’Etat adjointe des Etats-Unis, «toutes les parties concernées d’élargir leurs positions en vue de parvenir à une solution durable et digne du conflit». De son côté, lors de ses entretiens du 7 octobre avec Staffan de Mistura,Sergueï Lavrov, patron de la diplomatie russe, avait souligné «l’importance de parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable au problème du Sahara occidental, sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies».

A la veille de l’adoption de la résolution 2602 (29 octobre 2021), la diplomatie algérienne avait annoncé que la «Russie et le Kenya veulent introduire des amendements substantiels pour rééquilibrer un tant soit peu le texte», proposé par les Etats-Unis. «Les deux pays estiment que ce texte est déséquilibré et ne reflète pas la nouvelle réalité à la suite notamment de la violation flagrante du cessez-le-feu par les forces d’occupation marocaines, en novembre 2020, dans la zone tampon d’El Guerguerate», avait annoncé à l’APS l’ex-envoyé spécial de l’Algérie pour le Sahara occidental.

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