L’initiative prise par Pete Hegseth, ministre de la Guerre, de rassembler les plus hauts gradés US à Quantico, en Virginie, était déjà inhabituelle. Mais c’est le laïus de l’hôte de la Maison Blanche qui a fait tiquer les observateurs. Face à l’armée, les chefs d’État américains adoptent généralement une posture de « commandant en chef » détaché des considérations partisanes. Une tradition violée par le Président milliardaire.
Les villes « gérées par les démocrates de la gauche radicale (…) San Francisco, Chicago, New York, Los Angels, sont des endroits dangereux. Et nous allons les remettre en ordre une par une et ce sera quelque chose de très important pour certaines personnes dans cette salle. C’est aussi une guerre. C’est une guerre de l’intérieur », a martelé le président républicain de 79 ans, dans une intervention décousue. « Nous devrions utiliser certaines de ces villes dangereuses comme terrain d’entraînement pour nos militaires », a-t-il encore ajouté. Les hauts gradés sont restés impassibles pendant son discours, ce que D. Trump n’a pas manqué de relever. « Je ne suis jamais entré dans une salle aussi silencieuse, a-t-il lancé. Si vous avez envie d’applaudir, applaudissez », a-t-il encore dit. D. Trump a fini par lancer : « Et si vous n’aimez pas ce que je dis, vous pouvez quitter la salle – et dire au revoir à votre grade, à votre avenir. »
Sa décision de déployer des militaires dans plusieurs villes, selon lui pour lutter contre la criminalité et à l’immigration illégale, a été très critiquée par l’opposition démocrate et par des associations de défense des libertés publiques. Le président américain a aussi rappelé qu’il a signé un décret créant « une force de réaction rapide qui permet de réprimer les troubles à l’ordre public », constituée de militaires. « Ce sera quelque chose de très important pour les gens dans cette pièce, parce que c’est l’ennemi de l’intérieur. Et il faudra s’en occuper avant que la situation ne devienne incontrôlable », a-t-il dit aux militaires. Le président des deals s’en est également pris plusieurs fois à la presse « vicieuse et menteuse », ainsi qu’à Joe Biden, son prédécesseur démocrate.
Le chef du Pentagone, renommé « ministère de la Guerre » par D. Trump, avait auparavant affirmé que l’armée devait tourner le dos à des « décennies de déclin » dues selon lui aux politiques de diversité. « Nous sommes devenus le ministère du « woke », mais plus maintenant », a promis P. Hegseth, en assurant que le choix des militaires déployés pour combattre répondrait désormais « seulement au plus haut standard masculin ». L’ancien animateur de Fox News a aussi exigé qu’à l’avenir, les militaires soient rasés de près, portent les cheveux courts et soient dans la meilleure forme physique. Il est « inacceptable de voir des généraux et amiraux en surpoids », a-t-il lancé. Le ministre de la Défense a déclaré vouloir faire table rase « des déchets idéologiques » légués par l’administration précédente, citant en exemple la lutte contre le réchauffement climatique, le harcèlement ou encore la promotion fondée sur la race ou le genre. « Ensemble, nous réveillons l’esprit guerrier », a renchéri D.Trump.
