La réaction est des plus cinglante à l’article du Wall Street Journal relatant une initiative de A. Larijani visant à reprendre les pourparlers avec Washington, par l’intermédiaire de médiateurs omanais Selon le responsable iranien, le président américain a « plongé la région dans le chaos avec ses faux espoirs » et qu’il s’inquiète désormais de nouvelles pertes parmi les forces américaines. Il a ajouté que D. Trump a transformé son slogan « L’Amérique d’abord » en « Israël d’abord » et sacrifié des soldats américains à la soif de pouvoir d’Israël. D’après lui « par ses actes insensés et ses nouveaux mensonges, Trump fait une fois de plus payer le prix de son culte de la personnalité aux soldats américains et à leurs familles. » relevant qu’« aujourd’hui, le peuple iranien se défend lui-même, et les forces armées iraniennes n’ont pas initié l’invasion. »
De son côté, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien a aussi affirmé « comme c’est le cas depuis 300 ans, l’Iran n’a jamais déclenché de guerre et nos courageuses forces armées n’ont jamais lancé d’attaque, sauf en cas de légitime défense. Nous défendrons résolument notre civilisation millénaire, quel qu’en soit le prix. » Il a ajouté dans le même message : « Nous ferons regretter à nos ennemis leurs erreurs de jugement. L’Iran est préparé à une guerre longue, contrairement aux États-Unis. »
Fait notable en ce début de semaine, le ministère de la Défense koweitien a assuré que plusieurs avions de combat américains ont été abattus et qu’une enquête était en cours pour déterminer les causes de l’incident, selon les médias d’État koweïtiens. Pour sa part, le Commandement central américain a annoncé que trois avions de chasse F-15E « Strike Eagle », qui participaient à l’opération Epic Rage au-dessus du Koweït, s’étaient écrasés par des « tirs amis ». Il avait dans un premier moment fait état qu’au moins un avion américain avait été abattu, précisant que l’équipage s’était éjecté sain et sauf.
Simultanément, la télévision d’État iranienne, citant la base de défense aérienne Khatam al-Anbiya, a annoncé que la défense aérienne iranienne a ciblé et abattu un avion de chasse américain F-15 qui tentait de pénétrer dans l’espace aérien iranien. La base a indiqué que l’épave s’est abîmée au Koweït en raison de la proximité du lieu du crash avec la frontière koweïtienne. Selon ce QG, « la défense aérienne iranienne a abattu jusqu’à présent 3 avions de chasse américains grâce à ses systèmes de fabrication nationale ».
Le New York Times a rapporté qu’une attaque de drone a ciblé l’ambassade américaine au Koweït, citant deux responsables américains ayant requis l’anonymat. Une vidéo du site de l’attaque, authentifiée par le journal, montrait une épaisse fumée s’élevant des environs de l’ambassade. Parallèlement, un correspondant de l’AFP a rapporté avoir vu lundi de la fumée s’élever de l’ambassade américaine, suite à une nouvelle vague de frappes iraniennes, le troisième jour d’attaques lancées par Téhéran contre des intérêts américains et israéliens en représailles à l’agression israélo-américaine.
L’ambassade américaine a émis une alerte de sécurité déconseillant de se rendre sur place, mettant en garde contre une « menace persistante d’attaques de missiles et de drones » et exhortant ses ressortissants à se mettre à l’abri et à rester loin des fenêtres. Les images ont aussi montré une attaque de drone contre une base américaine également au Koweït.
Par ailleurs, le département des relations publiques du Corps des gardiens de la révolution islamique a révélé avoir ciblé le bureau du Premier ministre israélien dans la 10eme vague de la riposte contre Israël et les bases américaines dans la région, réalisée dans la nuit de dimanche à lundi. « Le bureau du Premier ministre de l’entité sioniste criminelle et le quartier général du commandant de l’armée de l’air de cette entité ont été la cible d’attaques surprises par missiles guidés Khaibar, dans le cadre de la dixième vague de frappes. Ils ont subi de lourdes pertes de la part des forces armées de la République islamique », assure-t-on.
Le CGRI ajoute que ses frappes de missiles « se sont concentrées sur le complexe gouvernemental de l’entité sioniste, et les résultats de ces frappes ainsi que des informations complémentaires seront annoncés ultérieurement ». Dans la nuit, des missiles iraniens ont frappé la région de Jérusalem. Un journaliste israélien a laissé entendre que les Iraniens ont frappé une cible très sensible ».
Moscou et Pékin dénoncent
Sur le plan diplomatique, la Russie a accusé dimanche les États-Unis et Israël de chercher à perturber le processus de normalisation des relations entre l’Iran et ses voisins arabes, tout en condamnant les frappes américano-israéliennes contre Téhéran.
Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a fait part de son inquiétude face à « l’escalade de la confrontation armée » au Moyen-Orient, qu’il attribue à « l’agression américaine et israélienne contre l’Iran ».
« Il est devenu évident qu’en plus de chercher un changement de régime en Iran par les moyens les plus cyniques, notamment l’assassinat des dirigeants d’un État souverain, Washington et Tel-Aviv tentent de perturber le processus de normalisation des relations entre l’Iran et ses voisins arabes », indique le communiqué. Moscou a « fermement appelé les parties » à renoncer à l’usage de la force pour régler les différends existants et à privilégier un règlement politique et diplomatique des tensions. Le ministère a également condamné « avec la plus grande fermeté » l’attaque contre une école de filles dans la ville iranienne de Minab, qui aurait fait des dizaines de victimes parmi des enfants. « Toute attaque visant des cibles civiles, en Iran comme dans les pays arabes, est inacceptable et doit être totalement exclue », a-t-il ajouté.
De son côté, la Chine a appelé lundi à un cessez‑le‑feu, exprimant sa « profonde préoccupation » face aux retombées régionales des frappes aériennes américaines et israéliennes contre l’Iran, auxquelles Téhéran a riposté en ciblant des installations américaines dans la région du Golfe. « Les États‑Unis et Israël ont mené des frappes militaires contre l’Iran sans l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui viole le droit international », a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, lors d’une conférence de presse à Pékin. « La Chine est profondément préoccupée par la propagation du conflit affectant les pays voisins. Elle estime que la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale des pays du Golfe doivent également être pleinement respectées », a ajouté Mao. « Nous appelons toutes les parties à cesser les actions militaires et à prévenir toute escalade supplémentaire du conflit », a poursuivi Mao, selon le quotidien Global Times basé à Pékin.
L’Europe s’agite
En Europe, le groupe E3, réunissant l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, a dénoncé dimanche les frappes menées par Téhéran en représailles aux attaques israélo-américaines ayant entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, tout en gardant un silence complice sur l’opération israélo-américaine. Les dirigeants européens ont dénoncé des frappes jugées « aveugles et disproportionnées », visant notamment des pays accueillant des bases occidentales et causant plusieurs victimes en Israël. Berlin, Paris et Londres ont averti qu’ils pourraient prendre des mesures défensives pour protéger leurs intérêts et ceux de leurs alliés, tandis que Londres a autorisé l’utilisation de certaines bases britanniques par les forces américaines.
À Paris, Emmanuel Macron a réuni un nouveau Conseil de défense après qu’un drone iranien a frappé un hangar d’une base française aux Émirats arabes unis, sans faire de victimes. Le président français a annoncé un renforcement du dispositif militaire, estimant que les frappes iraniennes ne pouvaient être justifiées, tout en soulignant la nécessité d’éviter une extension régionale du conflit. L’Union européenne a également condamné des attaques qualifiées d’« inexcusables », appelant à la désescalade. Toutefois, le communiqué commun n’a pas évoqué explicitement l’opération militaire israélo-américaine à l’origine de l’escalade, illustrant un positionnement perçu comme asymétrique. Plusieurs États membres, dont l’Espagne, ont néanmoins critiqué les actions militaires unilatérales, révélant des divisions internes.
Cette séquence met en lumière le rôle limité de l’Europe dans la gestion directe de la crise. Soucieuse de préserver la relation transatlantique, l’UE apparaît incapable d’imposer une médiation. La convocation d’un Conseil de sécurité européen par Ursula von der Leyen illustre une volonté de coordination face à un conflit sur lequel les Européens disposent d’une influence restreinte.
A signaler que les autorités de la base souveraine britannique d’Akrotiri, située dans l’Administration grecque de Chypre du Sud, ont demandé au personnel non essentiel de quitter temporairement les lieux, selon un communiqué écrit. Dans cette déclaration, le commandement de la base relevant de la Royal Air Force indique que le personnel non indispensable sera redéployé provisoirement vers d’autres sites. Cette décision est présentée comme une mesure préventive et concerne uniquement les effectifs non essentiels stationnés à Akrotiri.
Les autorités britanniques ont confirmé qu’un drone était tombé sur la base et qu’une riposte avait été menée en conséquence. Les autorités chypriotes grecques ont pour leur part affirmé que l’appareil était de fabrication iranienne. La Grèce s’est empressé d’envoyer vers la zone deux chasseurs F-16 et des frégates.
Crime de guerre
L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a condamné dimanche une frappe de missile meurtrière ayant détruit une école primaire de filles dans la ville de Minab, dans le sud de l’Iran. L’agence onusienne a qualifié cette attaque de grave violation du droit international, dans un contexte de violences régionales croissantes. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’UNESCO a indiqué que le bombardement, survenu samedi, a fait au moins 150 morts et près de 100 blessés. De nombreuses élèves figureraient parmi les victimes.
L’organisation a rappelé que les établissements scolaires sont des espaces protégés par le droit international humanitaire, soulignant que « les attaques contre les institutions éducatives mettent en danger les élèves et les enseignants et portent atteinte au droit à l’éducation ».
Par ailleurs, l’UNESCO s’est jointe à d’autres agences des Nations unies ainsi qu’à de hauts responsables, dont le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour condamner à la fois les attaques militaires américano-israéliennes en cours et les frappes de représailles menées par l’Iran dans plusieurs régions du Moyen-Orient.
