Home MarocDiplomatieCoopérationCoopération maroco-allemande : Leoni, Dasher et Bayer en pointe

Coopération maroco-allemande : Leoni, Dasher et Bayer en pointe

by Perspectives Med
0 comments
Coopération maroco-allemande : Leoni, Dasher et Bayer en pointe

Le dynamisme des investissements allemands au Maroc se confirme. Investissements portés par des fondamentaux jugés solides, a expliqué Robert Dölger, ambassadeur allemand à Rabat, lors d’une conférence ce mercredi à Casablanca. En 2024, les flux nets d’investissements directs étrangers (IDE) allemands ont atteint 2,1 milliards d’euros, tandis que près de 300 entreprises allemandes opèrent aujourd’hui dans le Royaume, générant quelque 35 000 emplois qualifiés. Sur le plan commercial, les échanges de marchandises entre les deux pays ont atteint 7,4 milliards d’euros en 2025, avec 3,5 milliards d’euros d’exportations marocaines vers l’Allemagne et 3,9 milliards d’importations. L’Allemagne se positionne ainsi comme le 5e client et le 6e fournisseur du Maroc, confirmant l’ancrage économique bilatéral.

Le secteur automobile concentre une part significative de cette dynamique. Le groupe allemand Leoni accélère son développement avec plusieurs projets structurants. À Agadir, l’équipementier prévoit un investissement de 230 millions d’euros pour un site industriel qui devrait générer 3 000 emplois directs à l’horizon 2027, marquant le premier investissement automobile d’envergure dans le Sud. Le groupe allemand espère attirer d’autres fournisseurs internationaux dans la capitale du Souss, notamment pour l’industrie poids lourd.

En parallèle, Leoni renforce son empreinte dans le centre du pays avec un nouveau site à Bouskoura intégrant un centre de R&D, ainsi qu’une extension de son pôle industriel à Berrechid, visant 10 000 collaborateurs d’ici fin 2026. Une nouvelle usine de câblage est également en cours de déploiement à Kénitra, au sein de l’Atlantic Free Zone. À terme, le groupe ambitionne de porter ses effectifs à 23 000 employés dans tout le Maroc à travers six projets majeurs d’ici 2027. Il est aussi présent à Aïn Sebaâ et Bouznika.

Malgré cet engouement, l’intérêt d’autres constructeurs allemands reste encore au stade de l’observation, selon le diplomate. « La situation politique et géopolitique que nous vivons aura une grande influence sur les choix d’investissement », souligne-t-il. La stabilité et la proximité (nearshoring) du royaume sont indéniablement des atouts.

Dans la logistique, le groupe Dachser projette un site d’envergure à Tanger Automotive City, sur une superficie de 75 000 m², incluant un entrepôt de 20 000 m², à horizon fin 2027. L’Allemand étudie également des investissements dans les provinces du Sud à l’horizon 2028 ou 2029. Il suit avec intérêt le chantier du port de Dakhla, qui ouvrira de nouveaux horizons pour le commerce avec les pays de l’Afrique de l’Ouest.

Le développement des infrastructures portuaires marocaines constitue un levier pour ces deux entreprises allemandes. Le futur port de Nador est perçu par Leoni comme une alternative stratégique à Tanger Med, lors des périodes de mauvaises conditions météorologiques dans le détroit de Gibraltar, obligeant parfois à recourir au fret aérien, beaucoup plus coûteux. Des annonces d’investissements sont attendues dès juin dans cette zone.

Le diplomate allemand a expliqué que l’industrie chimique suscite également l’intérêt d’acteurs allemands, qu’il s’agisse de grands groupes ou de sociétés spécialisées. Toutefois, les investissements restent freinés par des coûts élevés et un contexte international incertain, ce qui ralentit les décisions.

Dans l’agrochimie, le groupe Bayer est déjà solidement implanté, notamment à travers des partenariats avec des acteurs locaux. Dans le domaine pharmaceutique, l’industriel a récemment investi 200 MDH pour lancer trois nouvelles lignes de production sur son site de Nouaceur, exportant vers 45 pays de la région EMEA.

Au-delà de l’industrie, les entreprises allemandes renforcent leur présence dans les services à forte valeur ajoutée. La société Informatique Energie Noire, spécialisée dans les solutions logicielles et ERP, emploie actuellement une cinquantaine de collaborateurs entre Casablanca et Khouribga. Elle vise un effectif de 300 à 400 salariés d’ici deux à trois ans.

Dans cette perspective, une académie de formation aux métiers de l’IT doit être lancée à Fès afin de structurer un vivier de talents locaux.

Pour R. Dölger, cette dynamique illustre une relation économique en pleine consolidation. « Je me réjouis de ces investissements majeurs qui couvrent une grande gamme de secteurs, de l’automobile et la logistique à la pharmaceutique et l’IA. Ces investissements témoignent du rôle clé des entreprises dans le partenariat stratégique entre le Maroc et l’Allemagne, au profit des deux pays : des emplois créés au Maroc, une intégration accélérée de l’économie du Maroc dans les chaînes de valeur européennes, et des potentiels d’expansion pour les entreprises allemandes », a-t-il relevé. Un constat partagé par Katharina Felgenhauer, directrice générale de la Chambre allemande de commerce et d’industrie au Maroc (AHK Maroc). « Nous sommes fiers d’accompagner et de mettre en lumière ces investissements qui illustrent concrètement la solidité et le dynamisme des relations économiques maroco-allemandes. La diversité des secteurs représentés aujourd’hui reflète l’attractivité croissante du Maroc comme destination d’investissement et confirme le rôle essentiel du secteur privé dans le renforcement d’un partenariat durable », a-t-elle affirmé.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.