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Contre-offensive en Ukraine : La machine de guerre occidentale patine

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L'Ukraine a admis dimanche que les forces russes avançaient dans quatre zones de la ligne de front dans l'est où ont lieu des « combats acharnés », mais l'armée indique avoir repris 37 kilomètres carrés dans l'est et le sud du pays en une semaine, dans le cadre de la contre-offensive qu'elle mène dans ces zones.
Contre-offensive en Ukraine

« L’ennemi avance dans les secteurs d’Avdiivka, Mariinka, Lyman », a écrit la vice-ministre de la Défense Ganna Maliar sur Telegram. « Il avance aussi dans le secteur de Svatove ». « La situation est assez difficile », a-t-elle poursuivi. « Il y a partout des combats acharnés ».

Seize mois après le début de l’invasion russe, l’Ukraine dit poursuivre sa contre-offensive lancée il y a environ un mois et qui n’a pas permis de déclencher pour l’instant d’avancée décisive, et exhorte ses alliés occidentaux à hâter l’aide militaire promise, à l’approche d’un sommet de l’Otan à Vilnius.

Dans le sud, « les territoires libérés ont augmenté de 28,4 kilomètres carrés », portant à 158 km² la surface totale reprise dans cette zone depuis le lancement de la contre-offensive début juin, a précisé Ganna Maliar, vice-ministre de la Défense. Dans l’Est, les gains de Kiev ont seulement atteint 9 km², selon elle.

Ces derniers développements sur le front interviennent après une nouvelle attaque aérienne nocturne de drones sur Kiev, la première depuis douze jours, selon des responsables ukrainiens. « Toutes les cibles ennemies dans l’espace aérien autour de Kiev ont été détectées et détruites », a dit Sergiy Popko, chef de l’administration militaire de la capitale.

L’armée de l’air ukrainienne, dans un communiqué séparé, a annoncé avoir abattu huit drones explosifs, et trois missiles de croisière. Elle a précisé que les troupes ukrainiennes avançaient pour leur part avec « un succès partiel » sur le flanc sud de la ville de Bakhmout, dans l’est, ainsi que près de Berdiansk et de Melitopol dans la zone sud du front.

Dans le sud, elle a indiqué que les forces ukrainiennes rencontraient une « résistance intense de l’ennemi » ainsi que des champs de mines, et n’avançaient que « progressivement ». Les troupes ukrainiennes « travaillent en permanence et sans relâche à créer les conditions d’une avance aussi rapide que possible », a-t-elle encore écrit.

Valery Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, avait estimé, dans un entretien publié vendredi par le Washington Post, que les forces de Kiev étaient bridées par un manque d’armement. Il avait en particulier réclamé la livraison d’avions de combat américains F-16, indispensables pour contrer la force aérienne russe. Il a déploré aussi un manque d’artillerie face au déluge de feu russe. Le président ukrainien, en recevant samedi le Premier ministre espagnol qui préside l’U.E, avait quant à lui critiqué les partenaires occidentaux de Kiev sur le rythme de mise en œuvre de la formation des aviateurs ukrainiens, habitués aux MiG et Sukhoï soviétiques, au pilotage des F-16.

Mark Milley, chef d’état-major américain, a répondu depuis Washington que les États-Unis et leurs alliés faisaient leur possible pour envoyer ce dont l’Ukraine a besoin. Leur livrer des F-16 ou des missiles tactiques ATACMS, est « sur la table, mais aucune décision n’a été prise pour l’instant », a-t-il dit. La contre-offensive « va plus lentement qu’on ne l’avait prédit », a-t-il également estimé, mais « la guerre, c’est comme ça ».

De son côté, la Russie a écarté lundi toute nouvelle mobilisation pour grossir ses troupes, après le départ des hommes du groupe paramilitaire Wagner d’Ukraine. « Le président de la Fédération de Russie a clairement, de manière compréhensible et spécifique, dit qu’il n’y aurait pas de nouvelle mobilisation », a déclaré lundi à l’agence d’État TASS Andreï Kartapolov, à la tête du Comité de Défense de la Douma, chambre basse du Parlement russe. « Il n’y a aucun besoin de mobilisation aujourd’hui et dans un avenir proche », a-t-il ajouté, déclarant qu’« il n’y a pas du tout de menace de diminution du potentiel de combat » à moyen et long terme, et que Moscou dispose d’effectifs au sein des forces armées russes pour les remplacer.

Les forces armées ukrainiennes ont tenté début juillet une contre-offensive dans le district d’Artiomovsk (Bakhmout) en république populaire de Donetsk (RPD), a déclaré à Sputnik une source du commandement du groupe des forces du Sud.

Les combats se sont déroulés près du village de Berkhovka. Selon toujours la même source, l’ennemi a lancé plus de 300 combattants soutenus par six chars et dix véhicules blindés de combat.

« Les troupes aéroportées ont arrêté l’ennemi dans la zone grise. Les avions et l’artillerie du groupe de forces sud ont infligé des tirs à l’ennemi tout au long de la journée », précise-t-elle.

Acculés par les tirs, les troupes de Kiev ont battu en retraite, laissant ses blessés et tués sur le champ de bataille.

Au total, plus de 200 militaires ukrainiens ont été neutralisés. Parmi les équipements militaires détruits figurent cinq chars, huit véhicules de combat d’infanterie et plus de 10 drones Valkyrie et Leleka-100.

Plus tôt ce 1er juin, le ministère russe de la défense a indiqué qu’une quinzaine d’opérations ennemies dans plusieurs zones sur l’axe de Donetsk avaient été déjouées en ces dernières 24h.

Les tentatives de contre-offensive de Kiev se déroulent dans les directions du sud de Donetsk, de Zaporojié et d’Artiomovsk depuis le 4 juin. Elles sont toutes réprimées, suivies de lourdes pertes. Selon Moscou, plus de 13.000 militaires ukrainiens ont été tués depuis. « À la suite d’une frappe de haute précision (…) deux généraux, jusqu’à 50 officiers des forces ukrainiennes et jusqu’à 20 mercenaires et instructeurs militaires étrangers ayant participé à une réunion (…) ont été éliminés », a indiqué le ministère russe de la Défense, dans un communiqué.

Le ministère russe n’a cependant pas précisé s’il s’agissait du même incident, alors que les autorités ukrainiennes avaient évoqué la présence « principalement de civils » dans le restaurant visé mardi à Kramatorsk. Jeudi, le parquet ukrainien a annoncé l’arrestation d’un « agent ennemi » soupçonné d’avoir fourni des informations aux services de renseignement russes avant le bombardement.

Sur le front diplomatique, Matteo Zuppi, émissaire papal a rencontré jeudi 29 juin à Moscou la commissaire à l’enfance, Maria Lvova-Belova, pourtant visée par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour « déportation illégale » de mineurs ukrainiens. « Nous avons discuté des questions humanitaires liées aux opérations militaires et à la protection des droits des enfants », a assuré Maria Lvova-Belova sur Telegram. Matteo Zuppi doit également échanger avec le patriarche Kirill, chef de l’Église orthodoxe russe et soutien de Vladimir Poutine.

L’Ukraine, de son côté, espère toujours recevoir des signaux de la part des Occidentaux pour soutenir son ambition d’intégrer l’UE et l’Otan. Sur l’adhésion de Kiev à l’Alliance, « le moment est venu pour de la clarté », a réclamé Dmytro Kouleba, chef de la diplomatie ukrainienne au secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, lors d’un entretien téléphonique.

Mercredi, Volodymyr Zelensky avait, lui, demandé des signes « concrets » de la part de l’Otan lors de son sommet annuel prévu mi-juillet à Vilnius. Mais, les alliés cherchent encore une ligne commune sur les garanties de sécurité qu’ils sont prêts à accorder à Kiev avant une éventuelle adhésion. Une problématique également rencontrée par les Vingt-Sept à Bruxelles. « Le débat sera difficile » dans les prochains mois, a reconnu jeudi 29 juin Charles Michel, le président du Conseil européen, avant l’ouverture d’un sommet dans la capitale belge.

Le général Christopher Cavoli, commandant en chef de l’OTAN en Europe, a déclaré lors d’une réunion privée la semaine dernière que la contre-offensive n’avait pas encore remporté de succès significatifs contre les défenses russes. « La Russie a toujours l’avantage de la masse », a-t-il déclaré, selon des personnes présentes lors de la réunion avec lui, citées par le Financial Times.

La Russie compte plus de 400 000 soldats engagés dans la guerre, selon les estimations ukrainiennes et occidentales, plus qu’en février de l’année dernière lorsque Vladimir Poutine a ordonné cette opération militaire spéciale.

Selon Financial Times, le quartier général militaire de l’OTAN, a refusé de commenter les propos privés de C. Cavoli. Il a déclaré dans un communiqué que « l’Otan a observé de près le conflit en Ukraine depuis le début. . . La prochaine étape de leur combat sera peut-être longue et difficile, mais nous continuerons à faire tout notre possible pour aider l’Ukraine à gagner son combat existentiel ».

Pour sa part, « The Economist » avait rapporté jeudi que « les services de renseignements militaires ukrainiens se sont plaints auprès de leurs alliés occidentaux, en raison de leurs exhortations continues à Kiev d’aller de l’avant pour combattre avec acharnement lors de la contre-offensive ».

Le magazine  indique dans son rapport qu’un certain nombre de conseillers occidentaux « craignent que la lenteur des progrès des forces armées ukrainiennes ne fasse davantage de victimes sur le long terme ».
Il rapporte qu’une source du renseignement militaire ukrainien a dit que « les progrès de l’armée ukrainienne sont limités en raison des moyens qui lui sont disponibles ».
Le service de renseignement ukrainien s’est plaint que certains partenaires « exigent d’aller de l’avant et de se battre avec acharnement, mais ils ne sont pas non plus pressés de fournir les équipements et les armes dont l’armée ukrainienne a besoin », selon la même source.

Dans ses récentes allocutions, le président russe a indiqué que les forces ukrainiennes n’ont jusqu’à présent réalisé  aucun progrès réel sur aucun axe, et qu’elles ont subi de lourdes pertes dans leurs forces, dépassant les 1 000 véhicules et blindés, dont plus de 250 chars de différents types.

A rappeler que  William Burns, directeur de la CIA, s’est rendu en juin en Ukraine où il a rencontré des responsables du renseignement et le président, a confirmé le 30 juin à l’AFP un responsable américain. Ce voyage, qui n’a pas été rendu public au moment où il a été effectué, s’est déroulé alors que les forces ukrainiennes poursuivent leur contre-offensive lancée en juin dans l’Est et le Sud du pays contre les forces russes. A cette occasion, W. Burns a réaffirmé « l’engagement américain à partager des renseignements pour aider l’Ukraine à se défendre contre l’agression russe », a déclaré le responsable américain sous couvert de l’anonymat.

Selon The Washington Post, premier à faire état de ce voyage, les dirigeants ukrainiens ont présenté des plans pour reprendre des territoires aux forces russes et entamer des négociations de cessez-le-feu d’ici la fin de l’année. Le voyage s’est déroulé en juin, a ajouté le journal. Selon le quotidien américain, W. Burns « a voyagé en Ukraine comme il le fait régulièrement depuis le début voilà plus d’un an de l’agression récente de la Russie ». Le voyage a eu lieu avant la rébellion de 24 heures conduite le 24 juin par Evguéni Prigojine, patron du groupe paramilitaire russe Wagner, a précisé le responsable. Cette mutinerie, toutefois, « n’a pas été un sujet de discussion », a-t-il affirmé.

 La plupart des grands médias US rapportaient le 30 juin que W. Burns avait téléphoné après cette rébellion à Sergueï Narychkine, patron des renseignements extérieurs russes (SVR), pour lui assurer que les Etats-Unis n’étaient pas impliqués. Valery Zaloujny, commandant en chef de l’armée ukrainienne, a déclaré dans un entretien publié le 30 juin par le Washington Post, que le manque d’armement, notamment d’avions de combat, limitait la contre-offensive ukrainienne. Le 27 juin les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle aide de 500 millions de dollars pour soutenir la contre-offensive, comprenant notamment des munitions pour les défenses antiaériennes et des véhicules blindés.

Par ailleurs, on rapporte que les services américains en Syrie continuent de recruter ceux qui veulent combattre avec les forces ukrainiennes, a rapporté Sputnik. L’agence russe a cité des sources syriennes qui lui ont confirmé que « les services de renseignement américains en Syrie s’efforcent de recruter ceux qui sont prêts à combattre avec les forces ukrainiennes dans leur guerre en cours avec la Russie ». Les sources ont souligné que « les officiers du renseignement américain négocient toujours avec les représentants des factions kurdes et les cheikhs d’un certain nombre de clans syriens à cet égard ».

Une source militaro-diplomatique à Damas a déclaré au correspondant de Novosti que le conflit en Ukraine « se déroule sans succès pour l’administration américaine », soulignant « qu’elle déploie des efforts supplémentaires pour recruter davantage de militants pour combattre aux côtés des forces de Kiev ». La source a mentionné que certains médias ont rapporté fin mai dernier, selon les renseignements étrangers russes, que « les États-Unis avaient utilisé leur base militaire à al-Tanf en Syrie pour entraîner des miliciens à mener des attentats terroristes en Russie ». Et de poursuivre qu’« à la lumière de l’échec des forces ukrainiennes et de la déception que cela représente pour l’administration du président américain Joe Biden, Washington déploie des efforts supplémentaires pour augmenter le nombre de ceux qui sont prêts à combattre aux côtés de l’armée ukrainienne ». Plus, ajoute-t-on, « des officiers des services de renseignement américains et ukrainiens tiennent des consultations conjointes périodiques en Irak sur la question de la confrontation avec la présence russe en Syrie », révélant « qu’une décision a été prise de doubler le nombre de structures terroristes dans la région ». Des experts ukrainiens formés dans des bases US en Irak forment également des miliciens qui sont recrutés pour être envoyés plus tard en Ukraine, selon la source. Il a déclaré que « généralement, le consul ukrainien dans la région autonome kurde en Irak, Farhad Ali Shakir, est chargé de recruter des militants et de les transporter en Syrie ».

Il est à noter que les forces US ont récemment intensifié leurs rencontres avec les factions armées des clans arabes à Hassaké et Raqqa, afin de coordonner leur travail avec les militants, ce qui soulève de nombreuses questions sur la nature de ce mouvement, et ouvre la porte au retour des tensions sur toute la frontière syro-irakienne.

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