Le ministère de l’Intérieur a annoncé la fermeture de la chaîne, tandis que l’affaire a été confiée au juge d’instruction de San Javier, qui a ordonné la saisie de deux ordinateurs.
La commune de Torre Pacheco est actuellement en proie à des troubles ayant déjà conduit à l’arrestation de 13 personnes et à l’identification de 120 autres, principalement connues pour des antécédents de violence. Ces tensions ont éclaté après qu’un retraité a été agressé par deux jeunes hommes mercredi dernier, déclenchant une vague de violences ciblant les migrants, principalement marocains.
L’homme arrêté jouait un rôle de premier plan au sein du mouvement « Deport Them Now » et a été inculpé pour incitation à la haine. La semaine dernière, le groupe avait diffusé un message sur les réseaux sociaux appelant explicitement à une « chasse » aux Marocains à Torre Pacheco.
Le mouvement prône l’expulsion des migrants d’Europe, comme en témoigne un message de bienvenue destiné aux nouveaux membres : « Vous avez décidé de rejoindre ‘Deport Them Now – Union européenne’ pour contribuer à la plus grande campagne de déportation de l’histoire européenne. »
Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, a réagi aux violences ciblant la communauté marocaine à Torre-Pacheco, en affirmant sur X que « le racisme est incompatible avec la démocratie. Ce qui se passe à Torre-Pacheco est un défi pour nous tous.» Il a ajouté : « Nous devons exprimer nos opinions, agir avec fermeté et défendre les valeurs qui nous unissent. L’Espagne est un pays de droits, non de haine.»
De son côté, le Consulat général du Maroc à Murcie a déclaré dans un communiqué qu’il suit de près « les événements malheureux marqués par la violence, l’incitation et la haine contre les membres de la communauté marocaine résidant dans la municipalité de Torre-Pacheco ». Le consulat a exprimé « sa condamnation totale de ces attaques et sa solidarité complète avec la communauté, tout en maintenant une communication continue avec les autorités espagnoles compétentes pour assurer la protection nécessaire à ce groupe, qui vit des moments de véritable peur et de terreur. »
Le consulat a également salué « les efforts considérables déployés par toutes les institutions de sécurité et autres responsables locaux pour contenir la crise et rétablir le calme », tout en exhortant « les membres de la communauté marocaine à faire preuve de retenue et à suivre les instructions des autorités locales, les invitant à être prudents en ces temps difficiles. »
Le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger a également réagi en condamnant, sur X, « toutes les formes de violence, de racisme et de stigmatisation. » Il a souligné « que le respect mutuel, la dignité humaine et la cohésion sociale doivent rester les principes fondamentaux qui unissent nos communautés. »
Fernando Grande-Marlaska, ministre espagnol de l’Intérieur, a accusé le parti Vox d’être à l’origine des violences, affirmant que « des groupes organisés » sont derrière ces troubles. Il a blâmé le parti d’extrême droite pour son discours sur « l’immigration criminelle » qu’il considère comme une incitation à « des appels et des comportements illégaux ». Le ministre a également insisté sur le fait qu’« il n’y a pas de lien entre la criminalité et l’immigration ».
Pedro Ángel Roca, maire de Torre-Pacheco, a annoncé sur la chaîne publique TVE que la situation est « sous contrôle » depuis dimanche soir, grâce aux renforts de sécurité. Elle a souligné la nécessité de lutter contre la criminalité sous toutes ses formes, tout en avertissant du danger que représentent les groupes d’extrême droite extérieurs à la ville qui pourraient exploiter la situation.
Selon les autorités, plusieurs mouvements d’extrême droite ont participé aux troubles, y compris le groupe « Expulsez-les maintenant » qui a incité via Telegram à « chasser » les immigrés marocains.
Mariola Guevara, déléguée du gouvernement central dans la région de Murcie, a annoncé, lundi, sur X que «10 personnes ont été arrêtées jusqu’à présent». Parmi les personnes interpellées, deux jeunes marocains sans-papiers, âgés de 21 et 22 ans. Ils sont accusés d’avoir assisté à la violente agression de l’homme âgé aux côtés de l’agresseur principal. Les deux prévenus sont poursuivis pour complicité et non-assistance à personne en danger. L’agresseur principal, un jeune de 19 ans en situation régulière, a été identifié. Il a été interpellé en fuite à Rentería alors qu’il tentait de passer en France. Il a été placé en détention provisoire pour violences aggravées.
