Lors de ce sommet, les dirigeants ont réaffirmé leur volonté de coordonner leurs actions et de se concerter face aux défis régionaux, tout en soulignant l’importance du respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale des États. Ils ont également exprimé leur soutien aux institutions nationales, leur rejet de toute ingérence dans les affaires intérieures et leur attachement au règlement pacifique des différends.
Les dirigeants ont examiné la situation dans la Corne de l’Afrique, insistant sur la nécessité d’intensifier la coordination pour relever les défis communs, préserver la sécurité et la stabilité régionales, et favoriser le développement ainsi que l’intégration économique entre les pays de la région.
Ils ont souligné la nécessité de respecter le droit international régissant les fleuves transfrontaliers, notamment le Nil, et ont exprimé leur rejet catégorique de toute mesure unilatérale susceptible de nuire aux usages actuels des eaux du Nil par les deux pays situés en aval.
Ce sommet revêt une importance particulière dans le contexte des tensions récentes entre l’Égypte et l’Éthiopie, notamment concernant le dossier des eaux du Nil, parallèlement aux évolutions sécuritaires et politiques dans la Corne de l’Afrique.
Il convient de rappeler que l’Égypte, l’Érythrée et la Somalie avaient tenu un sommet tripartite à Asmara en octobre 2024, axé sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États ainsi que sur le renforcement de la coopération sécuritaire, tout en abordant la situation au Soudan et la sécurité en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Cette dynamique diplomatique a court au moment où des rapports médiatiques ont révélé que des responsables de l’administration du Somaliland ont demandé à Israël de leur fournir des systèmes de défense antiaérienne modernes, dans le cadre de leurs efforts pour faire face à ce qu’ils ont décrit comme « la présence militaire turque croissante en Somalie ». Le site Middle East Eye a rapporté les propos de Mohamed Osman Fadal, conseiller principal aux affaires étrangères du président de l’administration du Somaliland, indiquant que Hargeisa a besoin de systèmes de défense antiaérienne, y compris des chasseurs de type F-16 et des drones. Il a déclaré que le Somaliland souhaite un soutien israélien pour contrer ce qu’il a qualifié d’« expansion militaire turque » aux côtés du gouvernement fédéral somalien.
Selon le rapport, plusieurs responsables et analystes à Hargeisa considèrent le renforcement des liens de sécurité avec ‘Israël’ comme un « moyen » d’équilibrer l’influence croissante de la Turquie en Somalie. Les discussions autour de la demande de systèmes de défense antiaérienne reposent sur les déclarations de responsables du « Somaliland », alors qu’aucune annonce israélienne n’a confirmé l’approbation de leur fourniture.
De son côté, Hassan Sheikh Mohamud, président somalien, a affirmé que son pays n’accepterait « sous aucun prétexte » une présence israélienne sur le territoire somalien, soulignant que Mogadiscio s’opposera à tout arrangement militaire israélien au Somaliland. Il a déclaré qu’« Israël projette de créer une base navale dans la ville de Berbera et d’utiliser son aéroport », estimant que « la position stratégique de la ville sur le golfe d’Aden offre à Israël une plus grande capacité de rapprochement avec la région du Golfe et l’Iran ». Il a ajouté que les habitants du Somaliland eux-mêmes s’opposent à la présence israélienne, soulignant que son gouvernement fera face à toute tentative d’entraîner la Somalie dans les conflits du Moyen-Orient.
Ces développements interviennent dans un contexte de rivalité internationale croissante sur la mer Rouge et la Corne de l’Afrique, où la Turquie entretient d’étroits liens militaires et politiques avec le gouvernement fédéral somalien, tandis que le Somaliland développe ses relations politiques et sécuritaires avec ‘Israël’.
Dans un autre registre, l’administration du Somaliland a réitéré sa disposition à conclure des accords accordant à l’Éthiopie un accès à la mer, affirmant de tels arrangements peuvent reposer sur des intérêts communs et la coopération entre les deux parties. Le ministère des Affaires étrangères du Somaliland a déclaré samedi dans un communiqué que l’administration « a soutenu de manière constante des accords négociés » permettant à l’Éthiopie d’accéder à la mer dans le cadre d’arrangements servant des intérêts mutuels.
Ce communiqué fait suite aux déclarations du président somalien indiquant que « la Somalie ne s’oppose pas à ce que l’Éthiopie obtienne un accès aux ports », tout en insistant sur le fait que tout accord doit être conclu via le gouvernement fédéral à Mogadiscio. Cette position ravive le différend concernant le protocole d’accord signé entre l’Éthiopie et le Somaliland en janvier 2024, que le gouvernement somalien a considéré comme une violation de sa souveraineté, tandis que Hargeisa maintient son droit de conclure de manière indépendante des accords extérieurs.
Par ailleurs, l’Organisation des Nations unies a annoncé l’attribution de 16 millions de dollars à la Somalie dans le cadre d’une nouvelle enveloppe de 160 millions de dollars destinée à soutenir 12 des crises humanitaires les plus sous-financées dans le monde. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a annoncé vendredi que 150 millions de dollars de cette enveloppe proviendront du Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF) pour soutenir des opérations vitales, tandis que 10 millions de dollars supplémentaires seront alloués à l’amélioration de l’accès des personnes en situation de handicap à l’aide.
Tom Fletcher, coordonnateur des secours d’urgence, a déclaré que ces fonds contribueront à acheminer l’aide à des personnes qui risqueraient d’être laissées sans soutien, tout en soulignant que le financement seul ne suffit pas et en appelant à la levée des obstacles à l’accès humanitaire.
La Somalie fait face à d’immenses besoins humanitaires découlant des déplacements de populations, des conflits et de la sécheresse, parallèlement à des mutations politiques et sécuritaires rapides qui font du pays l’un des principaux terrains de rivalité dans la Corne de l’Afrique et en mer Rouge.
Le Somaliland, qui a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991 — déclaration rejetée par presque tous les États membres de l’ONU —, a reçu la reconnaissance officielle d’Israël à la fin du mois de décembre 2025. L’ONU s’en tient fermement au principe selon lequel le Somaliland fait partie intégrante de la Somalie.

