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Amman abrite un sommet régional : La paix en Irak passe-t-elle par la Jordanie ?

Les représentants des pays du Moyen-Orient se sont retrouvés mardi à Amman pour la deuxième année consécutive en présence du président français. Une rencontre rare entre des États souvent opposés sur les enjeux de la région, pour évoquer notamment l’avenir de l’Irak qui tente de sortir de vingt ans de guerre et de crises.
Amman abrite un sommet régional

Nul ne conteste le fait que l’instabilité régionale impacte directement la Jordanie. Le Royaume hachémite qui fait office de havre de paix dans une région en proie aux crises et aux guerres, est secoué de protestations violentes. Si la Jordanie a dû combattre les infiltrations de combattants de Daech en provenance d’Irak, elle butte sur un trafic de drogue, le captagon en l’occurrence, en provenance de Syrie.

Les enjeux régionaux n’étaient pas absents de ce sommet auquel deux chefs d’Etat seulement ont fait le déplacement, rendez-vous auquel la Syrie n’a pas pris part. Mis à part le président égyptien et son homologue français, peu de chefs d’État ont fait le déplacement : les pays sont représentés par leurs ministres des Affaires étrangères. Un niveau de représentation qui indique la prudence des pays vis-à-vis des résultats attendus de cette rencontre. 

L’Iran en a profité pour mettre en avant son souhait de relancer les négociations sur son dossier nucléaire, lancées l’an dernier, mais au point mort depuis le mois d’août. Avant même la conférence, une rencontre a d’ailleurs eu lieu mardi matin, à Amman, entre les chefs de la diplomatie iranienne et européenne, l’UE coordonnant les négociations nucléaires.

Cette rencontre – la deuxième du genre – réunit les pays de la région, à l’exception de la Syrie, et deux nouveaux venus : Oman et Bahreïn. Comme l’an dernier, des représentants saoudiens et iraniens, grands rivaux dans la région, y étaient représentés par les patrons de la diplomatie. Quant à la Turquie, dont l’influence est proverbiale ne serait-ce qu’au regard de son poids militaire qui pèse lourd aussi bien auprès des Syriens que des Irakiens, elle a choisi de se faire représenter pas on ambassadeur à Amman.

Ce sommet intervient à l’heure où Daech semble renaitre de ses cendres en Irak. Des attaques mortelles ont ciblé, au cours de ces derniers jours, aussi bien la population civile que les forces de sécurité. Au moins neuf membres de la police fédérale, dont un officier, ont été tués dimanche dans une attaque plus tard dans la journée revendiquée par le groupe État islamique (EI) contre le véhicule blindé qui les transportait dans le nord de l’Irak. Cette opération qui a eu lieu à Kirkouk est l’une des attaques les plus meurtrières menées ces derniers mois en Irak, illustrant la capacité de nuisance que conservent les djihadistes.

A la mi-décembre, trois militaires ont été tués et trois blessés dans l’explosion d’une bombe au passage de leur véhicule de patrouille dans les vergers de Tarmiya, municipalité rurale située à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale Bagdad. Pourtant, les forces de sécurité enchaînent les opérations de contre-terrorisme et annoncent régulièrement la mort de dizaines de djihadistes dans des frappes aériennes ou dans des raids.

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