La séance se déroulera dans la salle des séances de la Chambre des représentants. Elle sera consacrée à la présentation du programme gouvernemental par la cheffe du gouvernement, conformément à la procédure constitutionnelle. Cette étape doit permettre de préciser les grandes orientations de l’Exécutif, ses priorités et les mesures qu’il entend mettre en œuvre au cours de son mandat. Elle ouvrira également la séquence parlementaire consacrée à l’examen du programme gouvernemental. L’article 88 de la Constitution prévoit que le gouvernement présente son programme devant les deux Chambres du Parlement réunies. Après débat, le gouvernement est investi par la Chambre des représentants selon les modalités prévues par la Constitution.
Les membres du nouveau gouvernement sont les suivants :
Fatima-Zahra Mansouri, cheffe du gouvernement, aura accepté de composer avec les ministres dits de « souveraineté », tels Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, Ahmed Toufiq, ministre des Habous et des Affaires islamiques et Abdellatif Loudiyi, ministre délégué auprès de la cheffe du gouvernement, chargé de l’Administration de la défense nationale. Une reconduction qui n’est pas sans rappeler les « défaillances » que trainent nombre de ces responsables dans leur sillage.
L’Exécutif compte Hassan Tarik, secrétaire général du gouvernement. Fouzi Lekjaa qui a focalisé l’attention lors de la période électorale a été désigné ministre de l’Économie, des Finances et de l’Efficacité publique. Nizar Baraka, rescapé istiqlalien, truste le ministère de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, au même titre que Ryad Mezzour, maintenu dans son poste de ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Inclusion économique, outre Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique. Omar Hejira, lui, a été confirmé ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Inclusion économique, chargé du Commerce extérieur.
Nabil Benabdallah, patron du PPS qui refait surface au sein du gouvernement, a été porté à la tête de l’Éducation nationale, de l’Enseignement préscolaire, de la Formation professionnelle et du Développement des compétences. Younes Bjijou, a été placé à la tête du ministère de la Santé et de la Protection sociale, secteur qui cristallise la colère des citoyens, les manifestations de la GEN.Z faisant foi, alors que Khalid Hatimi hérite du ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, département qui a cristallisé l’ire de l’opposition qui exigeait une remise à plat des stratégies déployées le tout mâtiné d’une reddition des comptes.
Autre racheté, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, privé de la Communication, continue à faire parler de lui. Ne serait-ce que par les casseroles qu’il traine dans ses pattes. Azzeddine El Midaoui restera aussi à la tête du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Charafat Afilal, militante du PPS qui avait géré le secteur de l’eau, ce qui lui avait attiré l’ire de Aziz Akhannouch, alors ministre de l’Agriculture et parrain du Maroc Vert, a été propulsée ministre de l’Énergie, des Mines et du Développement durable. Abderrahim Chahid, nouveau profil, a été placé à la tête du ministère de l’Emploi et du Dialogue social alors que Samir Belfkih hérite du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, porte-parole du gouvernement, département géré naguère par l’actuelle patronne de l’Exécutif.
Surprise, Ahmed Rahhou quitte le Conseil de la concurrence en étant placé à la tête du ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme administrative. L’homme est connu pour avoir métamorphosé l’infrastructure numérique bancaire, particulièrement au CIH.
Jalal Charaf, inconnu au bataillon, a été nommé ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire alors que Najwa Kokous hérite du ministère de la Famille, du Développement social et de l’Égalité. Qouloub Faytah, elle, a été désignée ministre déléguée auprès de la cheffe du gouvernement, chargée des Relations avec le Parlement et la société civile.
Ahmed Mehdi Mezouari fait son entrée en tant que ministre délégué auprès du ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, chargé de la Pêche maritime, alors que Kamal El Hachoumi fait office de ministre délégué auprès du ministre de l’Éducation nationale, degouver l’Enseignement préscolaire, de la Formation professionnelle et du Développement des compétences, chargé de l’Enseignement préscolaire et de la lutte contre le décrochage scolaire et Madiha Khiyer, ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement préscolaire, de la Formation professionnelle et du Développement des compétences, chargée de la Formation professionnelle et du Développement des compétences.
Fatima Saadi fait son baptême du feu es qualité de ministre déléguée auprès du ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, chargée de l’Habitat et de la Politique de la ville, alors que Salah Eddine Abkari a été fait ministre délégué auprès du ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports, chargé de la Jeunesse. Rachid Hamouni hérite, lui, du poste de ministre délégué auprès de la ministre de la Famille, du Développement social et de l’Égalité, chargé de l’Inclusion sociale, alors que Aicha El Kalla a été désignée ministre déléguée auprès du ministre de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme administrative, chargée de la Réforme administrative, et, enfin, Abdeljabbar Rachidi, ministre délégué auprès du ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire.
À cette occasion, les nouveaux membres du gouvernement ont prêté serment devant le Roi. À l’issue de la cérémonie, une photo souvenir a été prise du Roi avec les membres de la nouvelle équipe gouvernementale. La cérémonie s’est déroulée en présence du chambellan royal, Sidi Mohammed Alaoui.
A l’issue de la nomination du nouveau gouvernement par le Souverain, F-E. Mansouri s’est engagée à répondre aux attentes des citoyens et à traduire les orientations royales en politiques publiques concrètes.
À la tête d’une coalition de quatre partis, elle a mis en avant la convergence des références et des programmes de la majorité, ainsi que l’expérience, la présence des femmes et la jeunesse au sein de la nouvelle équipe. La nouvelle cheffe du gouvernement a ainsi affiché son optimisme quant à la capacité de son équipe à répondre aux attentes des Marocaines et des Marocains.
Dans une déclaration à la presse à l’issue de la cérémonie de nomination, elle a souligné que le nouvel exécutif réunissait quatre formations politiques et s’appuyait sur l’expérience, les compétences féminines et la présence des jeunes. Selon elle, les quatre partis de la majorité ont déjà travaillé ensemble depuis des positions différentes. Leur rapprochement autour de références et de programmes similaires a, a-t-elle expliqué, facilité l’élaboration d’un programme gouvernemental qu’elle veut ambitieux et en mesure de répondre aux aspirations de la population.
La cheffe du gouvernement a indiqué que le programme attendu devait permettre de relever les grands défis évoqués par le Roi Mohammed VI dans le discours du Trône et celui d’ouverture de la session parlementaire. L’équipe gouvernementale entend apporter des réponses concrètes aux questions qui préoccupent les citoyens, a-t-elle assuré.
Le programme doit prochainement être présenté devant les deux Chambres du Parlement en vue de son approbation. F-E. Mansouri s’est dite optimiste quant aux solutions qu’il devrait proposer, estimant qu’il porte des perspectives d’espoir pour les citoyens et qu’il apporte des réponses à plusieurs défis auxquels le pays est confronté. À ce stade, la cheffe du gouvernement n’a pas détaillé les mesures envisagées ni les échéances de leur mise en œuvre. Le contenu du programme gouvernemental permettra de préciser les priorités retenues par la coalition et les réponses proposées aux attentes exprimées.
Concernant les prochaines étapes, elle a précisé que le travail de l’Exécutif commencerait après la présentation de la déclaration gouvernementale devant le Parlement. La priorité annoncée sera alors la mise en œuvre de politiques publiques appelées à produire un effet positif sur la vie quotidienne des Marocains. La cheffe du gouvernement a également insisté sur l’esprit de responsabilité, l’engagement et le sérieux qui, selon elle, doivent guider l’action de la nouvelle équipe. « Les citoyens nous demandent du sérieux », a-t-elle déclaré, assurant que le gouvernement s’emploierait à traduire cette exigence en actions concrètes.

