L’agence affirme avoir transmis des informations concernant des appels repérés sur les réseaux sociaux incitant des personnes à entrer à Sebta pendant les célébrations de la Fête du Trône. Ces messages ont circulé dans des groupes de plus de 180 000 membres, rapporte El Faro de Ceuta.
La même source affirme que les autorités marocaines étaient « au courant de la pression croissante » ; de nombreux Marocains originaires de différentes villes du pays étant arrivés dans le nord avant le 30 juillet, dans l’espoir de gagner Sebta. Le CNI souligne avoir relayé les alertes via plusieurs canaux aux autorités des deux pays, à la délégation du gouvernement espagnol à Sebta, et à la Garde civile et à la police. Parmi ces avertissements, un message WhatsApp aurait été envoyé à la délégation le 29 juillet, signalant des appels à franchir la frontière par la terre et la mer.
La juge de l’Audience nationale cherche à déterminer qui disposait d’informations préalables sur ce qui risquait de se produire, et quelles mesures ont été prises avant et pendant les événements. D’autres rapports qu’elle a demandés doivent encore être rendus publics.
Répression espagnole
Le ministère espagnol de la Défense a annoncé jeudi avoir transmis aux autorités judiciaires de Sebta des informations parues dans les médias, notamment des enregistrements audios où l’on entend des soldats se vanter d’avoir violemment malmené des migrants après l’entrée massive dans la ville fin juillet. Dans un communiqué, le ministère a précisé avoir ajouté ces enregistrements au dossier déjà transmis le 30 septembre au juge de permanence à Ceuta et au parquet, à la suite d’une plainte déposée par Amnesty International pour des soupçons de torture et de traitements inhumains envers des migrants.
Le ministère a souligné dans une brève déclaration avoir envoyé ces éléments « afin que des mesures appropriées puissent être prises et pour préserver la bonne réputation des forces armées », en référence à des enregistrements audio évoquant « des comportements susceptibles de constituer des infractions pénales, commis par des militaires déployés à Sebta ».
Fin septembre, Amnesty International avait dénoncé ce qu’elle considérait comme un « schéma » de pratiques incluant « de graves passages à tabac, du harcèlement, des humiliations, des vols d’argent et la destruction de téléphones portables » touchant des migrants, indépendamment de leur âge, situation ou genre.

