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Les colons font la loi en Cisjordanie : Une journaliste américaine agressée à Ramallah

by Perspectives Med
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Les colons font la loi en Cisjordanie : Une journaliste américaine agressée à Ramallah

A signaler que le rabbin israélien Dov Lior a émis vendredi un arrêt religieux autorisant aux Juifs de piller des oliviers palestiniens en Cisjordanie occupée, qualifiant ce pillage de « vertu ». Selon la chaîne israélienne Channel 12, D. Lior invite les colons à mener des pillages partout en Cisjordanie et non seulement à proximité des colonies. Il faut « montrer à tous notre propriété de la terre », a-t-il affirmé.

La lettre du rabbin fait suite à une lettre écrite cette semaine par plusieurs rabbins de Gush Etzion, dans laquelle ils affirmaient que ce vol est absolument interdit. D. Lior est le guide spirituel du parti du ministre de la Sécurité nationale du gouvernement d’occupation israélien, Itamar Ben-Gvir. Ce dernier avait révélé il y a environ un mois qu’il observait à la lettre ses prescription et positions.

Selon les médias israéliens, l’arrêt de Lio a été critiqué par Tzohar, un groupe de rabbins sionistes religieux, affirmant que « le vol est interdit à tous, juifs ou non-juifs », et que nul ne peut décider unilatéralement de confisquer les biens d’autrui pour des raisons de sécurité.

Sur le terrain, les attaques de colons contre les oliveraies palestiniennes ne connaissent pas de répit. La Commission palestinienne de résistance au mur et aux colonies a dit avoir recensé depuis début octobre, 136 attaques liées à la saison des récoltes d’olives, perpétrées par l’armée israélienne et des colons. Les attaques ont varié entre attaques, expulsions, intimidations, fusillades, gazage et arrestations, en plus du vol de fruits et de matériel de récolte et du vandalisme d’arbres.

Les correspondants sur place ont rapporté vendredi que des dizaines de colons ont attaqué des cueilleurs d’olives dans les villages d’Abou Falah, Turmus Ayya et Burqa, près de Ramallah, incendiant des arbres et agressant des agriculteurs. Les colons utilisent des lance-pierres pour jeter des pierres sur les oléiculteurs et si l’un d’entre eux riposte, la situation dégénère en affrontements violents, puis les forces d’occupation interviennent, et arrêtent l’oléiculteur, selon le correspondant d’Al Jazeera. Les Palestiniens affirment que les forces d’occupation retardent délibérément leur arrivée, puis poursuivent le travail entrepris par les colons en arrêtant et en réprimant les citoyens palestiniens. Les colons utilisent également des drones pour surveiller les mouvements des Palestiniens et des véhicules tout-terrain pour faciliter leurs attaques. Plusieurs dizaines d’entre eux sont disséminés en plusieurs points pour encercler les Palestiniens et les empêcher d’accéder à leurs terres.

En mai 2026, des centaines d’oliviers avaient été arrachés dont des centenaires, à Turmus Ayya, au nord-est de Ramallah, ce qui avait été décrit comme « un nettoyage agricole ». Les sources officielles palestiniennes ont fait état de dégâts sur plus de 204 000 oliviers entre 2023 et 2026 et évoqué des pertes économiques s’élevant à 163 millions de dollars.

Génocide à Gaza

A l’heure où la guerre génocidaire se poursuit dans l’enclave palestinienne, on signale depuis Paris que la justice française peut poursuivre des ressortissants franco-israéliens soupçonnés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza, même lorsque les faits ont été perpétrés à l’étranger, rapporte jeudi le quotidien français 20 Minutes, citant des spécialistes du droit pénal international.

Selon des données obtenues par le média britannique d’investigation Declassified UK, citées par le quotidien, 6 127 ressortissants français servent dans l’armée israélienne. Ils constituent le deuxième groupe de militaires binationaux, derrière les Américains (12 135) et devant les Russes (5 067). Servir dans une armée étrangère ne constitue pas, en soi, une infraction. Cet engagement n’exonère toutefois pas les personnes concernées de leur responsabilité pénale pour les crimes qu’elles pourraient commettre lors d’opérations militaires, souligne le quotidien francais.

Interrogé par 20 Minutes, Didier Rebut, professeur de droit pénal international à l’université Paris-Panthéon-Assas, rappelle que l’article 113-6 du Code pénal français prévoit l’application de la loi pénale nationale à tout crime commis à l’étranger par un ressortissant français. « C’est ce qu’on appelle la compétence personnelle active », explique-t-il, précisant que la justice française peut engager des poursuites pour des faits susceptibles de recevoir une qualification criminelle.

Le juriste souligne toutefois que le simple engagement dans une armée étrangère ne constitue pas une infraction. En revanche, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité peuvent engager la responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs, y compris lorsqu’ils ont agi sur ordre. Les personnes reconnues coupables de certains de ces crimes encourent des peines pouvant aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité.

Plaintes déjà déposées

En juillet 2025, la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et plusieurs associations partenaires ont déposé une plainte contre deux soldats franco-israéliens, Sasha A. et Gabriel B., qu’elles soupçonnent d’avoir participé à des exécutions sommaires de Palestiniens à Gaza. Une autre plainte vise le soldat franco-israélien Yoel O., notamment pour des faits présumés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de torture et de génocide.

Deux militantes franco-israéliennes, Nili Kupfer-Naouri, de l’association Israël Is Forever, et Rachel Touitou, de l’organisation Tsav 9, sont par ailleurs visées par une information judiciaire pour « complicité de génocide », en lien avec leur participation présumée à des actions de blocage de l’aide humanitaire destinée à Gaza. Des mandats d’amener ont été délivrés à leur encontre fin juillet 2025.

Malgré l’existence de fondements juridiques permettant d’engager des poursuites, la collecte de preuves et l’absence éventuelle de coopération des autorités israéliennes constituent des obstacles majeurs.

Les enquêteurs français peuvent notamment s’appuyer sur des témoignages de victimes, des documents et des contenus diffusés sur les réseaux sociaux pour établir les faits. D. Rebut estime toutefois peu probable qu’Israël accepte d’extrader ses ressortissants ou autorise des investigations françaises sur son territoire.

La question de la responsabilité pénale des Franco-Israéliens engagés dans l’armée israélienne avait déjà été soulevée à l’Assemblée nationale en décembre 2023 par le député de La France insoumise (LFI) Thomas Portes. En mars 2024, la diplomatie française avait indiqué ne pas envisager d’enquête visant les soldats franco-israéliens participant aux opérations militaires à Gaza.

Sollicité par 20 Minutes, le ministère français des Affaires étrangères n’avait pas répondu au moment de la publication de l’article. Les accusations visant les personnes citées demeurent à ce stade des soupçons, aucune condamnation définitive n’étant établie dans les éléments rapportés.

 

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