Dans un message publié sur sa plateforme « Truth Social », il a déclaré qu’« il est procédé aux préparatifs pour le lancement d’opérations de prospection gigantesques de pétrole, de gaz et de minerais dans notre nouvelle et magnifique région du Groenland ». Il a ajouté que « la quantité de pétrole facilement accessible y est bien plus importante que dans presque n’importe quel autre endroit du monde », estimant que « le Groenland revêt une importance inégalée pour les impératifs de sécurité des États-Unis et de l’Europe, sur les plans défensif et offensif ». Il a affirmé que « toute future attaque contre les États-Unis devra obligatoirement passer par le Groenland, où nos défenses abattront systématiquement les drones, les missiles et toute autre forme d’armement qui n’a pas encore été inventée ».
- Guilfoyle lâchée
Sur un autre plan, il y a lieu de souligner que la diplomate US accréditée à Athènes a été remerciée. « Nous avons demandé à l’ambassadrice Guilfoyle de démissionner », a annoncé Katie Zacharia, porte-parole de la Maison Blanche, lors d’un point presse. « Elle faisait du bon travail, mais ce qu’on lisait ne nous a pas plu » a déclaré le président américain aux journalistes après cette annonce, ajoutant qu’il ne lui avait pas parlé, mais qu’« elle ne sera plus là ».
Dans une déclaration publiée sur X, Kimberly Guilfoyle a rejeté les accusations portées contre elle et a défendu son bilan en tant qu’ambassadrice, réaffirmant sa loyauté envers le président Trump, tout en reconnaissant que son mandat « pourrait toucher à sa fin ». « Ces accusations sont fausses, et j’ai l’intention de défendre vigoureusement mon honneur, ma réputation et mon intégrité », a-t-elle écrit.
Cet épilogue survient quelques jours après le déplacement de Marco Rubio, à Athènes, qui a en partie éclipsée par cette affaire. Il s’était alors refusé à commenter sur le fond les révélations de la presse américaine, mais certains médias ont rapporté qu’il était revenu à Washington « furieux ». L’ambassadrice l’avait accueilli à l’aéroport d’Athènes mardi dernier en le serrant dans ses bras, une image largement relayée sur les réseaux sociaux.
Le Wall Street Journal a publié une série d’articles embarrassants sur cette ancienne animatrice de Fox News, figure du mouvement « Make America Great Again ». Selon le quotidien, captures d’écran à l’appui, K. Guilfoyle a échangé durant des mois avec Eric Deters, un juriste et ancien candidat au Congrès pour l’État du Kentucky, qui cherchait l’aide de l’administration Trump pour régler ses problèmes fiscaux. Ce riche donateur a versé des centaines de milliers de dollars à la famille Trump et au camp républicain depuis 2020. K. Guilfoyle lui aurait notamment demandé de régulariser le solde de sa carte de crédit, mais E. Deters n’aurait pas donné suite, assurant que cela mettrait en péril son mariage, selon le Wall Street Journal. Le quotidien a aussi rapporté samedi dernier, cette fois sur la base d’enregistrements, des conversations dans lesquelles l’ambassadrice se vante de voyages et de séjours luxueux payés par de riches hommes d’affaires grecs.
L’inspecteur général du département d’État mène actuellement une enquête pour déterminer si la diplomate a reçu des cadeaux inappropriés, selon les médias américains. La presse américaine s’est également fait l’écho ces derniers jours d’autres possibles conflits d’intérêts impliquant K. Guilfoyle, ex-fiancée de Donald Trump Jr., fils aîné du président américain, et qui fut également l’épouse du gouverneur démocrate de Californie Gavin Newsom.
Ancienne procureure en Californie, cette femme de 57 ans, née à San Francisco, avait été nommée par D. Trump ambassadrice US en Grèce en décembre 2024 mais n’était arrivée à Athènes que près d’un an plus tard. Elle fut longtemps employée par la chaîne de télévision Fox News et la presse grecque a ressorti des déclarations de 2015, au pic de la crise financière, où elle assurait que les Grecs étaient des « profiteurs », qu’il fallait punir « comme un chien qui fait pipi sur le tapis ».
À peine le pied posé à Athènes en novembre 2025, elle a fait les délices de la presse people grecque. Elle est notamment apparue en robe de soirée scintillante et s’essayant aux danses traditionnelles lors d’un événement organisé par une vedette de la chanson populaire grecque, Konstantinos Argyros, dans une discothèque de la capitale où se retrouvent ministres et hommes d’affaires. Les médias grecs n’ont cessé depuis de la suivre dans le moindre de ses déplacements : des conférences consacrées à l’énergie aux soirées mondaines, ou à une escapade sur l’île de la jet-set de la mer Égée, Mykonos. À Athènes, elle s’est employée à promouvoir les intérêts des États-Unis en Grèce dans les domaines des ports et surtout de l’énergie. La Grèce joue un rôle clé pour Washington car elle dispose de terminaux GNL en pleine expansion et peut devenir une porte d’entrée du gaz américain vers les Balkans.

