La proposition aurait « déjà été transmise à Washington par l’intermédiaire de médiateurs », a-t-il souligné, indiquant que la délégation iranienne à New York avait pleine autorité pour relancer le dialogue diplomatique avec les États-Unis. Le responsable aurait par ailleurs exclu une rencontre entre Massoud Pezeshkian, président iranien, et son Donald Trump, son homologue américain, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York cette semaine.
Ces déclarations interviennent alors que les tensions persistent entre Washington et Téhéran et que leurs négociations restent dans l’impasse, notamment en raison de désaccords concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour l’approvisionnement mondial en énergie et en matières premières.
Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran, poussant Téhéran à riposter par des frappes contre Israël et d’autres pays de la région abritant des installations américaines. Après un cessez-le-feu conclu en avril sous médiation pakistanaise, Washington et Téhéran ont signé en juin le mémorandum d’entente d’Islamabad, prévoyant une période de 60 jours pour négocier un accord à long terme. Mais l’administration américaine a refusé de l’observer et les deux parties ont rapidement repris leurs attaques réciproques intermittentes. Les États-Unis ont rétabli leur blocus militaire des ports iraniens, tandis que Téhéran a fermé le détroit d’Ormuz.
A souligner qu’Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a répondu aux déclarations de responsables américains faisant porter à l’Iran la responsabilité de la hausse sans précédent des prix du carburant aux États-Unis, estimant que présenter l’Iran comme la cause de cette cherté n’est qu’une tentative de se soustraire à la responsabilité des conséquences de l’agression américaine contre lui. « Les responsables américains accusent l’Iran d’être à l’origine de la hausse des prix du carburant ; ils s’imaginent que les gens sont devenus amnésiques au point de ne plus se rappeler quelle partie a initié l’agression militaire, et comment ses actions ont conduit à une crise qui a perturbé la navigation commerciale et fermé le détroit d’Ormuz », a-t-il écrit sur X. Et souligné que « ce type de sophisme n’est pas nouveau », citant l’utilisation par Hitler de la même méthode en 1939 pour justifier l’attaque contre la Pologne et qualifier l’agression militaire contre elle d’« action défensive ».Le diplomate iranien a ajouté que « lorsque les initiateurs d’une guerre illégale attribuent les conséquences de la guerre qu’ils ont eux-mêmes déclenchée à la victime, cela relève-t-il de leur génie stratégique ou s’agit-il simplement d’un autre exemple frappant de la « marche de la folie » ? »
Sanctions contre l’aviation iranienne
Dans le cadre des sanctions américaines, Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, a annoncé sa volonté de paralyser complètement les opérations des compagnies aériennes iraniennes à travers le monde, à compter d’aujourd’hui. Il a expliqué, dans un entretien accordé à la chaîne CNBC, que cette mesure sera exécutée par l’imposition de sanctions strictes aux entités fournissant leurs services aux avions iraniens. « Lorsqu’un avion iranien atterrit dans n’importe quel aéroport, vous ne pouvez pas lui fournir de carburant, ni lui offrir de services d’atterrissage, ni lui vendre de billets, faute de quoi vous serez exclus du système financier fondé sur le dollar. » Ajoutant que les États-Unis mènent des « discussions positives » avec les autorités financières chinoises, notamment Pan Gongsheng, gouverneur de la Banque centrale chinoise, concernant le respect des sanctions américaines imposées à l’Iran.
La semaine dernière, le ministère américain du Trésor avait annoncé de nouvelles sanctions contre la banque VTB, contrôlée par le gouvernement russe, dans le but d’isoler économiquement l’Iran et de nuire à ses partenaires commerciaux.
En revanche, Majid Akhawan, porte-parole de l’Organisation de l’aviation civile iranienne, a déclaré que les nouvelles sanctions américaines ont frappé 27 compagnies aériennes iraniennes, mais qu’elles « ne signifient pas l’arrêt des vols internationaux du pays ». Il a précisé qu’une seule compagnie, Mahan Airlines, a imposé des restrictions sur ses vols vers des destinations spécifiques incluant Mascate, Istanbul et Ankara, soulignant que cette décision ne s’applique pas aux autres compagnies aériennes iraniennes. Et a confirmé que les autres compagnies aériennes poursuivront leurs vols internationaux comme à l’accoutumée, ajoutant qu’« aucune décision n’a été prise d’arrêter les vols internationaux du pays ou de les réduire sur une grande échelle ».
En réponse à ce qui a circulé sur les réseaux sociaux concernant la suspension des vols de l’Iran vers la Turquie, M. Akhawan a affirmé que cela était « inexact », confirmant que les vols internationaux exploités par les autres compagnies aériennes, à l’exception de Mahan Airlines, se poursuivent.
Niet chinois
Pékin a dit mardi s’opposer aux « sanctions unilatérales illégales », après la menace de Washington de sévir contre quiconque contribuera aux opérations des compagnies aériennes iraniennes. « La Chine s’oppose systématiquement aux sanctions unilatérales illégales qui ne reposent ni sur le droit international ni sur une autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies », a dit lors d’un point presse régulier Guo Jiakun, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, selon l’AFP. La Chine reçoit chaque semaine plusieurs vols de la compagnie iranienne Mahan Air.
Le gouvernement américain a placé sur liste noire début septembre l’intégralité du secteur aérien iranien et menacé de sanctionner toute organisation travaillant avec les compagnies iraniennes.
S. Bessent, a déclaré lundi que les compagnies iraniennes ne pourraient plus fonctionner nulle part dans le monde à partir de mercredi, sous l’effet des sanctions. Il a expliqué que les plateformes internationales assurant la maintenance des avions iraniens seraient totalement exclues du système bancaire américain. Les opérateurs étrangers ne peuvent ni ravitailler les avions, ni fournir d’installations d’atterrissage, ni vendre de billets de passagers sans risquer de perdre leur accès au traitement des transactions en dollars, a-t-il averti.
Selon l’AFP, Mahan Air relie Téhéran à Pékin à raison de trois vols hebdomadaires dans chaque sens, à la capitale économique chinoise Shanghai à raison de six vols hebdomadaires et à l’importante métropole commerciale de Canton avec sept vols, selon les dernières données diffusées par la compagnie. Ces vols étaient encore proposés à la vente mardi pour les jours suivants sur le site en chinois de Mahan Air.
La Chine est un partenaire économique et diplomatique primordial de l’Iran, en guerre avec les Etats-Unis. La crise au Moyen-Orient devrait figurer parmi les sujets abordés lors du sommet en fin de semaine entre les présidents américain et chinois Donald Trump et Xi Jinping aux Etats-Unis. La semaine passée, le ministre des Affaires étrangères chinois a déclaré lors d’une rencontre avec son homologue iranien à Pékin que la Chine est prête à défendre les « intérêts légitimes » de l’Iran dans le contexte du conflit au Moyen-Orient, pressant la République islamique et les Etats-Unis de se montrer « rationnels ».

