Les experts soulignent que «tout effort sérieux pour établir une infrastructure solide pour les engrais au Maghreb, en phase avec les intérêts occidentaux de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, doit commencer par le Maroc». Le Royaume possède environ 70 % des réserves mondiales connues de phosphate, et le groupe OCP a développé des capacités avancées de raffinage, de transformation et de production d’engrais.
L’analyse fait suite à la décision de la Chine, en décembre 2025, de suspendre ses exportations de phosphate jusqu’en août 2026. Les exportations chinoises étaient passées de 950 000 tonnes à 13 000 tonnes en mars 2025, tandis que les prix du phosphate diammonique avaient augmenté de 28 % en un an. Le 7 novembre 2025, Washington a ajouté le phosphate à sa liste des minerais critiques.
Outre ses réserves, le Maroc bénéficie d’une alliance de longue date avec les États-Unis, de sa désignation en 2004 comme allié majeur non-membre de l’OTAN, des investissements de l’OCP à travers l’Afrique, et du rôle de Tanger Med dans la connexion des marchés africains, européens et mondiaux. La stratégie marocaine en matière de phosphate est décrite comme «non seulement extractive», mais aussi «industrielle et géopolitique».
Cependant, l’analyse avertit que dépendre uniquement du Maroc pourrait créer une nouvelle vulnérabilité. Les auteurs recommandent donc de mettre en place un réseau régional d’approvisionnement diversifié, avec le Maroc comme principal hub industriel et logistique, estimant qu’une telle coopération renforcerait la position du Royaume en tant que «leader mondial des engrais et porte d’entrée stratégique entre l’Afrique, l’Europe et l’Atlantique».

