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Tension dans le Golfe d’Ormuz : Déconcertantes déclarations contradictoires de D. Trump

by Perspectives Med
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Tension dans le Golfe d’Ormuz : Déconcertantes déclarations contradictoires de D. Trump

Dans un entretien accordé à Laura Ingraham, présentatrice sur Fox News, interrogé sur d’éventuels regrets concernant la guerre en raison de son impact potentiel sur le scrutin, D. Trump a répondu : « Je ne crois pas au mot « regret ». Mais on peut toujours se remettre un peu en question ». Il a poursuivi : « Si je devais refaire la même chose, je ferais exactement ce que j’ai fait ». Le Président US a rejeté les insinuations selon lesquelles certains de ses partisans seraient mécontents et frustrés par cette guerre. « Je ne pense pas qu’ils soient déçus. Je pense qu’ils sont très fiers du fait que je ne permette pas à l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire », a-t-il affirmé.

Il a de nouveau exprimé sa conviction que le conflit prendrait fin dès l’issue des élections de mi-mandat : « La guerre prendra fin immédiatement après les élections ».

De son côté, Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a déclaré que l’administration du président D. Trump imposerait des sanctions à une grande banque la semaine prochaine, dans le cadre du maintien de la pression économique sur Téhéran. Il n’a révélé ni le nom de l’institution financière ni son pays d’origine, mais a précisé que cette mesure interviendrait ce lundi.

Dans ce même contexte, Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères,et Asim Munir, chef de l’armée pakistanaise, ont discuté des moyens de relancer les efforts de désescalade, selon ce que rapporte l’agence Reuters d’après une source pakistanaise. La source a expliqué que « les discussions ont porté sur la guerre entre Washington et Téhéran et la possibilité d’un retour aux négociations, en plus des attaques d’Ansarullah contre l’Arabie saoudite ».

Par ailleurs, la Corée du Sud a indiqué que son ministre des Affaires étrangères, Cho Hyun, a abordé vendredi, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue iranien A. Araghchi, la situation au Moyen-Orient, notamment la liberté de navigation à travers le détroit d’Ormuz. Le ministère a précisé dans un communiqué que H. Cho a exprimé sa vive inquiétude face à la situation, formulant l’espoir de voir le rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables dans la région. Le communiqué ajoute que H. Cho a informé Araghchi que la Corée du Sud soutient de manière constante la liberté et la sécurité de la navigation pour l’ensemble des navires et participe aux efforts internationaux de sécurisation maritime. De son côté, A. Araghchi a exposé la position de l’Iran sur les évolutions régionales, et les deux ministres sont convenus de maintenir ouverts leurs canaux de communication.

Cet appel, qui s’est tenu à la demande de l’Iran selon le ministère des Affaires étrangères, intervient après l’envoi par Séoul d’une équipe d’inspection au Moyen-Orient afin d’évaluer les possibilités d’un déploiement de forces dans la région. Le bureau de la présidence sud-coréenne avait annoncé plus tôt ce mois-ci que Séoul étudiait plusieurs options, y compris des mesures militaires, pour soutenir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.

Entre-temps, des données préliminaires de suivi du trafic maritime indiquent que le nombre de navires ayant traversé le détroit d’Ormuz est tombé à sept jeudi, contre 11 la veille, un niveau nettement inférieur à la moyenne des dix derniers jours qui s’élevait à 15 navires. Selon les données de Kpler arrêtées à 03h06 GMT ce vendredi, deux navires ont quitté le détroit : l’un chargé d’engrais et l’autre à vide.

À l’inverse, cinq navires y sont entrés, dont un cargo chargé d’acier, un autre de céréales et un pétrolier de taille moyenne transportant des produits pétroliers lourds. Ces chiffres n’incluent pas les navires qui auraient pu franchir le détroit en coupant les émetteurs de leur système d’identification automatique (AIS) afin d’éviter d’être repérés.

Pendant ce temps, deux méthaniers vides de la compagnie QatarEnergy, les méthaniers Al Ghashamiya et Al Daayen, sont réapparus cette semaine à l’intérieur du détroit d’Ormuz, respectivement les 6 et 9 septembre, après avoir été vus pour la dernière fois hors du passage maritime les 6 et 3 du même mois. Un autre méthanier de QatarEnergy, Al Maroona, a quitté le détroit d’Ormuz cette semaine pour acheminer une cargaison de Ras Laffan vers le Pakistan le 10 septembre. Ce voyage constitue la première expédition connue de gaz naturel liquéfié par un méthanier lié au Qatar depuis la fin juillet, époque à laquelle une cargaison avait également été acheminée de Ras Laffan vers le Pakistan.

L’US Army sous tension

Le New York Times a révélé que le vice-président américain JD Vance a établi des contacts directs avec de hauts responsables militaires américains afin d’obtenir des évaluations précises et « non édulcorées » concernant la guerre contre l’Iran. Selon le journal, qui s’appuie sur des entretiens menés avec plus de six responsables actuels et anciens (ayant requis l’anonymat en raison de la sensibilité des informations), JD.Vance — principal opposant à la guerre depuis son déclenchement et chargé par le président Donald Trump d’aider à y mettre fin — a cherché à entendre directement sur le terrain les évaluations « non édulcorées » des commandants eux-mêmes, avant qu’elles ne soient formulées dans le cadre de la vision officielle du Pentagone.

D’après ces sources, JD. Vance a communiqué directement au cours du printemps et de l’été avec l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain, et l’amiral Samuel Paparo, commandant du Commandement américain pour la région Indo-Pacifique, ainsi qu’avec des officiers en Europe et en Asie. Ces deux dernières régions ne participent pas directement à la guerre contre l’Iran, mais leurs stocks d’armes et d’équipements ont diminué pour soutenir les opérations au Moyen-Orient.

Des sources du New York Times ont indiqué que ces échanges ont porté sur les objectifs de la guerre, ses tactiques, les estimations des pertes, ainsi que sur les actions potentielles de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, le degré d’évolution de sa capacité d’adaptation et l’ampleur des dommages que son gouvernement peut tolérer. JD. Vance a également demandé une présentation détaillée des armes restantes dans les stocks des forces américaines et de l’impact de leur transfert vers le Moyen-Orient. Selon les responsables, les chefs militaires ont exprimé ouvertement leur inquiétude face à la baisse drastique des stocks de missiles d’interception « Patriot », qui constituent la colonne vertébrale des défenses aériennes américaines. Ils ont également affirmé que les stocks d’autres munitions essentielles, notamment les missiles destinés aux systèmes « ATACMS », ont atteint leurs niveaux les plus bas jamais enregistrés.

Le journal a précisé que le bras droit de D. Trump est ressorti de certains de ces appels profondément préoccupé par la stratégie globale de la guerre et ses chances de réussite, après que les évaluations ont montré l’extrême détermination du gouvernement iranien à supporter les pertes et les dommages dans sa bataille pour la survie, parallèlement à la limitation des stocks d’armes défensives américaines disponibles pour faire face aux frappes de représailles iraniennes ou pour gérer des menaces dans d’autres régions.

Le New York Times a rapporté, citant des responsables, que JD Vance a informé le président et son cercle restreint de ces évaluations, au moment même où TD. rump recevait des briefings du chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, sur les pressions subies par les stocks d’armes américains et sur la capacité de résistance des forces iraniennes — des éléments que Trump a eu du mal à croire au départ. Ces évaluations sombres reçues par JD. Vance ont contrasté avec les déclarations publiques des hauts responsables de l’administration, y compris D. Trump et le vice-président lui-même, selon le journal. Trump a en effet continué de prétendre que les États-Unis avaient déjà remporté la guerre, que l’armée iranienne était détruite et que Washington ne rencontrait aucun problème d’approvisionnement en armes. De son côté, Vance a récemment minimisé l’idée même que les États-Unis soient engagés dans une guerre.

Lors de réunions privées, D. Trump a exprimé sa colère face aux rapports médiatiques traitant de la baisse des stocks d’armes, qualifiant de « traîtres » les journalistes ayant publié ces informations. À la suite de la parution de ces rapports, des dizaines de hauts officiers du ministère de la Guerre ont été soumis à des tests au détecteur de mensonges. Le New York Times a mentionné que D. Trump ne s’attendait pas initialement à ce que la guerre, débutée le 28 février dernier, dure suffisamment longtemps pour épuiser les stocks américains, anticipant un effondrement du gouvernement iranien en quelques jours. Cependant, la guerre a largement dépassé la période de six semaines initialement estimée par les planificateurs du Pentagone pour l’opération.

D’ici avril, D. Trump a réalisé, selon le journal, que la guerre ne se déroulait pas comme il l’espérait. Il a alors autorisé son équipe, dont JD. Vance, son gendre Jared Kushner et l’envoyé spécial Steve Witkoff, à commencer à chercher un cadre négocié et un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit, tout en maintenant les autorités iraniennes au pouvoir. Les responsables informés des contacts de JD. Vance n’ont pas été en mesure de déterminer le rôle exact joué par ses conclusions, le cas échéant, dans la réorientation du président vers la voie diplomatique.

Les échanges avec les commandants militaires américains révèlent l’ampleur de l’inquiétude au sein de l’administration américaine face à une guerre qui s’éternise et épuise les stocks d’armes, à un moment où les évaluations militaires confidentielles contredisent les déclarations publiques de Trump et des hauts responsables de son administration sur le déroulement de la guerre et l’opportunité de la poursuivre.

Araghchi, a réagi vendredi aux déclarations du secrétaire par intérim à la Marine américaine, Hung Cao, en affirmant que « le peuple américain ne doit pas payer le prix des guerres d’Israël ». Il a déclaré que le peuple américain mérite mieux que d’avoir à supporter les coûts des guerres d’Israël . « Nos puissantes forces armées ont déjà pilonné et détruit de manière écrasante le quartier général de la Cinquième Flotte à Bahreïn, ainsi que d’autres bases soutenant l’agression », a-t-il ajouté.

Le secrétaire par intérim à la Marine américaine avait auparavant déclaré que l’Iran « a massivement détruit l’installation navale de la base de Bahreïn », précisant que les frappes iraniennes ont causé d’importants dégâts à l’installation et que leurs retombées se sont étendues aux opérations navales américaines, notamment celles du porte-avions USS Abraham Lincoln, resté dans la région pendant une longue période sans pouvoir regagner la base.

Plus tôt, le capitaine de vaisseau en retraite de la Marine américaine, John Cordle, avait affirmé que les estimations font état de dégâts subis par la base américaine à Bahreïn de l’ordre de près de 400 millions de dollars, soulignant que les bâtiments touchés comprennent le quartier général de la Cinquième Flotte, des casernes militaires, plusieurs entrepôts, des tours de communication ainsi qu’une station d’eau potable.

Inflation galopante

L’inflation ne s’est pas calmée en août, les prix à la pompe flambent… La Réserve fédérale américaine (Fed) ne semble avoir guère d’autre option que de relever ses taux pour refroidir l’économie, ce qui déplairait fortement à D. Trump. Un rapport officiel, publié vendredi, montre que les tickets de caisse n’ont pas été saisis de torpeur estivale aux États-Unis.

L’indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,4% sur un an en août, le même rythme – élevé – qu’en juillet. L’inflation a en revanche accéléré d’un mois sur l’autre pour atteindre 0,4% (contre 0,1% un mois plus tôt). Plus préoccupant pour la banque centrale, l’inflation sous-jacente (hors prix volatils de l’énergie et de l’alimentation) s’est également ravivée (0,3% contre 0,1% en juillet).

Par définition, ces données ne rendent pas compte du récent rebond des prix à la pompe, dû notamment à la reprise des hostilités militaires entre Washington et Téhéran autour du stratégique détroit d’Ormuz. Le diesel, carburant des tracteurs et camions aux États-Unis, a battu un nouveau record et dépassé vendredi le seuil symbolique de 6 dollars le gallon (3,8 litres), selon les relevés de l’association automobile américaine. Il coûtait autour de 3,50 dollars au début de l’année, avant le début de la guerre.

Résultat : le moral des consommateurs s’enfonce à nouveau en cette rentrée et se rapproche d’un plus bas historique (touché en mai dernier), selon le baromètre de l’université du Michigan, également paru vendredi. La publication de l’indice CPI était précédé d’une tension inhabituelle. Plusieurs responsables de la Fed avaient fait comprendre que le rapport déterminerait largement l’issue de leur prochaine réunion, les 15 et 16 septembre.

Deux scénarios sont possibles, en fonction de leur lecture du document de 38 pages : prolongement du statu quo (les taux directeurs sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre) ou hausse des taux, la première depuis l’été 2023. Les investisseurs ont massivement conclu que la seconde option allait s’imposer. Ils parient désormais à plus de 85% sur un resserrement monétaire, selon l’outil de veille CME FedWatch. Ils étaient autour de 70% la veille.

En temps normal, à quelques jours de l’ouverture du huis clos monétaire, les dés semblent jetés, avec des marchés financiers sûrs d’eux à près de 100%. « L’incertitude entourant cette réunion n’est pas inédite mais rare », a souligné l’économiste de l’agence Moody’s, Mark Zandi, auprès de l’AFP. Cela découle, selon lui, « des divergences d’opinions sincères entre les responsables quant à la ligne à adopter, mais aussi du fait que le nouveau président ne veuille pas donner de signaux » explicites aux investisseurs.

Kevin Warsh a pris la tête de la Fed au printemps. Il a été désigné par le président et ancien promoteur immobilier Donald Trump qui fait inlassablement campagne pour des taux plus bas, afin de rendre les crédits moins chers et stimuler l’économie. Que l’inverse se produise serait un coup dur pour sa majorité, à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat.

Une musique monte depuis plusieurs semaines en provenance de la Maison Blanche, suggérant que voter pour une hausse des taux directeurs serait « antipatriote ». D. Trump se dit par ailleurs certain que les prix du pétrole plongeront après les élections.

Autre point urticant pour le gouvernement américain : l’inflation pousse les prêteurs à demander à l’État fédéral toujours plus d’argent en échange du financement de la monumentale dette publique, ce qui la fait gonfler davantage. Par effet d’entraînement, les crédits aux entreprises et aux particuliers se renchérissent aussi. Avant même, donc, que la banque centrale n’agisse. « Entre la hausse des coûts d’emprunt, une inflation qui ne montre aucun signe de ralentissement et un chef de l’État qui réclame des baisses de taux (et qui sera furieux en cas de hausses), le président Warsh se retrouve pris entre le marteau et l’enclume », estime Chris Zaccarelli, chargé d’investissements chez Northlight Asset Management. « Rien ne garantit que la Fed relèvera ses taux la semaine prochaine », poursuit-il dans une note, « mais on voit mal comment elle pourrait justifier de les laisser inchangés. »

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